RÉSUMÉ DE LA JOURNÉE DU 30 NOVEMBRE
En résumé, dans cette grande lutte du 30 novembre, sur les plateaux de Villiers, de Cœuilly, de Montmesly, où se produisirent les principaux efforts de la bataille, nous n'avions obtenu que des succès incomplets. Cependant ce n'était point une défaite, puisque « l'on camc pait le soir sur des positions occupées le matin par
c rennemi. > Malheureusement, une série de contretemps funestes avait déjoué nos combinaisons et paralysé les valeureux efforts de nos soldats. Sur la rive gauche de la Haute-Seine, la 3* armée, au lieu de soutenir la division de Susbielle dés le commencement de son attaque, n'était intervenue que pour protéger la retraite. A Textrémité opposée du champ de bataille, la vigoureuse intervention de la division de Bellemare s'était également produite trop tard et dans une fausse direction... Si le passage de la Marne eût été exécuté entre onze heures et midi, ainsi que Ton était en droit de l'attendre , et si l'effort du 3* corps se fût tourné contre Noisy-le-Grand , l'ennemi se trouvait arrêté au pont de Gournay, le parc de Villiers était pris à revers et dés une heure nous pouvions être maîtres de tout le plateau!...
Malgré tout , cependant, la journée se terminait bien pour nous. A la dernière heure l'ennemi avait été refoulé dans le parc de Villiers , les deux canons perdus vers le milieu du jour étaient repris et nous tenions toute la rive gauche de la Marne, depuis Bry jusqu'à Champigny....
Pêrieiéproavce» Si nos pertes étaient grandes , celles de l'adversaire n'étaient pas sans importance •. . A Villiers, Cœuilly, Champigny, les nôtres s'élevaient à 4,000 hommes tués, blessés ou disparus (4); celles des Allemands à 4,715. En y joignant les pertes du combat de Montmesly, 4,236 pour nous, 376 pour l'ennemi, l'on arrive à un total de :
(1) Nous ne pouvons donner le chiffre exact des perles du 30 novembre, les états ofQciels ne comprenant généralement que l'ensemble des pertes des 90 novembre, l^^ 2 et 3 décembre.
Le détail des pertes aux batailles de la Marne figurera dans le volume suivant, après la journée du 3 décembre.
5,236 Français, environ.
2,091 Allemands —
Quant aux forces engagées dans les deux camps, il Forces engagées. y avait, de notre côté^ 92 bataillons, parmi lesquels 26 bataillons de mobiles (1), et 48 batteries de campagne, comptant 288 bouches à feu (2). La cavalerie resta sur le plateau de Vincennes, sauf le détachement aux ordres du commandant Faverot de Kerbrech, qui passa la Marne à la suite de Tarmée.
Du côté des Allemands, les forces comprenaient (3) :
La division de campagne wurtembergeoise, 15 bataillons, 12 escadrons, 54 bouches à feu ;
La 24* division saxonne, 14 bataillons, 4 escadrons, 24 bouches à feu ;
La 45" brigade saxonne (12* corps), 9 bataillons, 12 bouches à feu ;
La réserve d'artillerie du 12* corps, 60 pièces ;
La 7* brigade d'infanterie (2* corps), 6 bataillons, 12 escadrons, 18 bouches à feu;
La 21" brigade d'infanterie (6" corps), 7 bataillons, 4 escadrons, 18 pièces.
En tout il y avait donc, entre Noisy-le-Grand et Valenton,51 bataillons, 32 escadrons et 186 bouches à feu.
Si l'on ajoute la 46* brigade d'infanterie saxonne, qui est restée sur la rive droite de la Marne opposée à notre •
( Division de Malroy 12 bataillons.
^l)ier Corps J Division Faron 15 -
f Division de Susbieile 12 —
2* Corps J Division Berthaut 12 —
( Division de Maussion 12 -^
( Division de Bellemare 13 —
3e Corps j Division Mattal et groupe Reille. . . 16 —
92 bataillons.
(2) Voir aux pièces justificatives, n* XXIX. (8) Extrait du major Wilbelm Blume.
brigade Reille, soit 6 bataillons, on obtiait un total de 57 bataillons d'infanterie.
Nos bataillons ayant en moyenne €00 hommes, ceux de Tennemi 800, nous arrivons à un ensemble de 55,200 hommes d^inCanterie pour les Français, 45,600 pour les Allemands.
Ces chiffres sont loin de ceux relatés dans certains récits étranfrers où Ton prétend que t plus de 100,000 soldats frangais n'ont pu forcer 15 A 20,000 Allemands. •
L'infériorité numérique de nos ennemis était, du reste, largement compensée par leurs fortes positions défensives... combattant toujours derrière des retranchements, des murs, des abris, ils échappaient à nos coups, tandis que nous, au contraire, constamment à découvert, canonnes, fusillés de toutes paris, nous venions sans cesse nous briser contre des obstacles matériels que notre artillerie ne pouvait entamer.
« Le combat fut violent et acharné sur toute la ligne de Champigny à Bry-sur-Marne, dit le colonel Rustow. IjBs Français avaient pour eux la supériorité numérique et la puissance des batteries qui tiraient de la rive droite de la Marne sur les troupes allemandes ; les Allemands, de leur côté, avaient pour avantage la supériorité technique et tactique de leur arlillerie de campagne, et enfin leur position embrassante qui leur permettait de faire usage de cette excellente artillerie. »
FiHi apprend 18 Paris, toujouFs extrême, crut à une victoire complète, du 30 novembre décisive... le 29, on n'avait pas assez d'injures contre le commandant de la 2* armée, qui n'avait pu franchir la Marne parce que « ses ponts étaient trop courts (1), » le lendemain on le portait aux nues.
Cependant cet enthousiasme fut un moment troublé
iieple assertion ût Torlune.
par la ûoniv^le d'und aUAqué dô nuit« « . sur le dire de quelques mobiles effarés qui, de garde dans la presqu'île de Gennevilliers, avaient prétendu apercevoir les préparatifs d'un débarquement.,, le bruit circule que les Prussiens, profitant de la concentration de nos armées à TEst de Parie, vont se jeter sur le cftté Ouest de la ville par Bezons et Argenteuil . . .
Au Louvre, à rétatH[najor général du génie, la nouvelle prend assez de consistance pour faire donner Tordre à la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest de détruire ifcnmédiatement le pont du chemin de fer d'Asnières. . . Heureusement l'ingénieur en chef, M. E. Clerc, prend sur lui d'attendre, et ce pont qui nous était si utile, est encore une fois sauvé (1).
(1^ M. ringônie\ir vû chef, aussitôt l'ordre reçu, se rendit chez le général de Chabaud-La Tour j^our lui faire observer les conséquences funestes d'une semblable mesure ; comme il arrivait au Louvre, la nouvelle de l'attaque était démentie et le contre-ordrr. pour la destruction du pont d'Asnières fût immédiatement ^onné.
PERTES DES ALLEMANDS AUX COMBATS DE VILLIERS-CSUILLV-CNAMPISin
(90 novembre 1870).