‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 58 sur 84 · LEUR RÔLE DANS LES JOURNÉES DU 30 NOVEMBRE ET DU 1" DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LEUR RÔLE DANS LES JOURNÉES DU 30 NOVEMBRE ET DU 1" DÉCEMBRE

Dès le 28 novembre au soir, toutes les ambulances régulières ou auxiliaires étaient réunies au Ghamp-de- Mars, prêtes à partir le 29 au matin.

L'opération ayant été retardée de vingt-quatre heures, elles ne se mirent en mouvement que le 30 à 8 heures, se dirigeant vers le plateau de Vincennes.

801 OÉFENSE DE PABIS.

Peadant qu*an immense convoi (équipages particuliers, fiacres, omnibus, chariots spéciaux) suivait le quai de la rive droite , 28 bateaux-omnibus , réquisitionnée pour aider au transport des blessés, remontaient la Seine, puis le canal de Saint -Maurice, latéral à la Marne, et le canal de Saint-Maur.

A 10 heures, le convoi était réuni sur le plateau, en arrière des redoutes de Gravelle et de la Faisanderie; la flottille était concentrée au débouché du canal, prés de Joinville.

Le général en chef désirant qu'après la première journée les services d'ambulance militaire pussent rejoindre intacts le bivouac de l'armée, de manière à les avoir au complet pour la marche ultérieure , les ambulances do la Presse et de l'Internationale devaient seules agir le premier jour; dans la zone d'action des forts, en communication avec Paris, ces ambulances pouvaient rendre d'utiles services, plus loin, au delà des lignes d'investissement, elles seraient devenues une source de sérieux embarras.

Vers 14 heures du matin, M. l'intendant général Wolf mettait en mouvement les ambulances auxiliaires.

Les ambulances Toutcs lours voituros prirent place sur le terrain vague 8'éubiiMSt à en avant de la redoute de Gravelle, non loin du chemin

Joinville ,/.,,,r 11 1. 1.1.1

(30nov.,iih.du de fer de la Varenne; elles ne devaient pas franchir la

matin), '^

Marne, car il fallait, avant tout, éviter l'enconibrement aux abords des ponts pendant la première période de l'action.

Des mulets avec cacolets furent conduits dans la presqu'île de Poulangis, afin d'aller chercher les blessés, el les apporter sur la rive droite de la Marne, où Ton organisait en ambulances la plupart des maisons de Joinville bordant la rivière.

Deux groupes de médecins s'installèrent, Tun près de la voûte de Bry, en deçà du chemin de fer de Mul- *' "'wSISÎ ^ house, Tautre près du village de Champigny. Avec eux ^j?ui?Sée' étaient un certain nombre de Frères de la doctrine ^ novem re. chrétienne, qui ramassaient les blessés et les apportaient aux ambulances volantes. Le premier pansement effectué, on les conduisait en cacolet jusqu'aux ambulances de Joinville. De là, les moins malades étaient emmenés par voitures dans les hôpitaux de Paris ; les plus blessés étaient transportés par les bateaux-omnibus , munis de tout ce qui est nécessaire au fonctionnement d'une ambulance (1).

Du pont de Joinville ces bateaux étaient dirigés sur les embarcadères spéciaux à leur service dans Paris. Les premiers s'arrêtaient au pont d'Austerlitz, d'où les blessés étaient portés à l'ambulance du Jardin des Plantes.

Cet établissement rempli , les bateaux étaient dirigés sur d'autres débarcadères, où ils trouvaient des omnibus qui conduisaient les blessés dans les hôpitaux, hospices ou ambulances désignés par des officiers d'administration spécialement chargés de l'évacuation.

Pendant toute la journée du 30, le transport des blessés s'opéra ainsi du champ de bataille vers Joinville, puis de Joinville à Paris, soit en omnibus, soit en bateau. Il se continua pendant la nuit.

Dès le malin du 1" décembre, une nouvelle ambulance fut installée par le docteur Ricord, dans le village de Bry, qui regorgeait de blessés, à la suite du violent combat de la veille au soir.

(1) A chaque bateau était attaché un médecin, un adjudant d'administration, des inûrmiers et des auxiliaires; il y avait des lits mobiles, couvertures de campement, boites de chirurgie et de pansement , des marmites de bouillon, du vin, des aliments légers, etc.. .

Les ambulances L'oflensive nc paraissant plus possible, les ambulances ^"° Ma*rae°* la militaires reçurent Tordre de se rapprocher du terrain (!•' décembre), ([q la lutte; cellos des 1" et 2* corps s'installèrent dans la presqu'île de Poulangis ; celles du 3* corps se dirigèrent sur le Ferreux, à portée des ponts de Brj-.

Armistice du 1^ décembre.

Pendant toute la journée du 1" décembre, on continua à relever les blessés, un armistice tacite régnant depuis le matin ;... de part et d'autre, les brancardiers accomplissaient leur mission au delà des avant-postes.

L'armistice véritable ne fut consenti qu'assez tard dans l'après-midi.

Muni d'un laisser-passer du général en chef, M. le comte Sérurier, vice-président de la Société de secours aux blessés, se rendit aux avant-postes de la division Berthaut, vers midi et demi environ (1). Al heure, il arrivait seul, en bourgeois, près de l'angle du parc de Villiers (2). Là, il fut arrêté par le poste allemand. Trois

(1) Défense de Paris. — 2« armée. — État-major général.

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