A. DUCROT
(2) M. le comte Sérurier s'était mis exprès en bourgeois , persuadé
quarts d'heure après, un officier wurtembergeois vint lui dire de revenir au même endroit, à 3 heures moins un quart.
A rheure dite , M. le comte Sérurier s'aboucha avec le même officier, et un armistice fut conclu verbalement jusqu'à la nuit tombante (1).
Il était déjà bien tard, beaucoup de fractions de troupe ne purent recevoir avant l'heure de la reprise du feu l'avis officiel de cet armistice. Mais comme nous venons de le dire, les hostilités ayant été suspendues de fait sur presque tous les points du champ de bataille , on enterra une grande partie des morts des deux armées, et presque tous nos blessés purent être recueillis pendant la journée du 1" décembre.
Travaux exécutés pendant la journée du l""" décembre.
La journée du 1" décembre est employée à reformer les régiments, les batteries, à reconstituer les attelages, à nous réapprovisionner en munitions, etc..
qu'il arriverait plus facilement qu'en suivant les usages habituels des parlementaires.
Avant la guerre, il avait été à Berlin pour traiter des questions internationales de secours aux blessés; beaucoup d'ofûciers allemands le connaissaient, et il savait qu'en faisant passer sa carte il serait accueilli, (i) La négociation fût résumée dans le procès- verbal suivant : « La suspension d*armes du jeudi l^r décembre a été conclue par « M. Sérurier, vice-président de la Société de secours aux blessés mi-
< litaires , délégué, qui s'était rendu seul aux avant-postes de l'ennemi « à 1 heure de l'après-midi. Après avoir attendu trois quarts d'heure à « quelques mètres du village de Villiers , M. Sérurier s'entretint avec
< un ofQder wurtembergeois. Il fut convenu entre eux qu'ils se rencon- « treraient de nouveau à 3 heures moins un quart.
«AS heures, il fut arrêté verbalement que, jusqu'à la nuit tombante, * les hostilités ne seraient pas reprises.
« Le Gouverneur de Paris.
« P. G. Le Chef (f État-major, « Signé : Sghmitz, »
ao6
Travaux
de défense
sur le plateau
de Villiers.
Travaux
de défense
aux
Fours à Chaux.
Des quatre batteries de 8 du commandant Lefébure, on n*en fait que trois (celle du capitaine Froment supprimée). Plusieurs autres batteries sont réorganisées à 4 pièces.
Sur tout le front, les travaux de défense sont généralement poussés avec activité; on complète les tranchées du plateau de Villiers; la redoute établie à droite de la route n*" 45 se trouve bientôt assez avancée pour recevoir une batterie de 12 (batterie Moriau, de la réserve du 2* corps).
Sur le chemin de fer de Mulhouse, on construit :
!• Un parapet pour Tinfanterie, depuis le viaduc jusqu'à la première voûte ;
2* Un épaulement pour quelques pièces, entre la voûte de Bry et celle de Champigny;
3"" Un autre épaulement pour artillerie, non loin du viaduc;
4^ Un troisième épaulement en avant de la maison du garde, destiné à recevoir 2 mitrailleuses.
La position des Fours à Chaux est fortifiée par la 1~ compagnie du 2* régiment du génie, capitaine Glises. Les murs des bâtiments sont crénelés, on creuse des abris le long et en arrière du chemin de Bry à Champigny; sur le plateau, on commence une longue tranchée se reliant, d'une part à la carrière du four à plâtre, de Tautre, au petit bois de la Lande.
Sur la droite du grand four a chaux, on utilise un massif de débris de calcaire pour construire une batterie de six pièces; cet ouvrage, d'un relief de 10 à 42 mètres, prend le nom de batterie blanche.
Suivant les instructions du général eii chef, des paiements légers sont commencés pour abriter les batteries qui doivent prendre position aussitôt la nuit venue. La 12* batterie de marine creuse une tranchée de 80 centimètres de profondeur, allant de Fangle sud-ouest du
petit bois d§ la Laade à l'angle nord-est du four à chaux ; dans la longueur de cette tranchée, on fait six excavations également espacées poor y placer les mitrailleuses.
La 1** batterie de marine construit son épaulement sur le plateau, en avant du four à chaux ; elle est couverte sur toute l'étendue de son front par une carrière profonde la mettant à Tabri des ricochets et des éclats de coups trop courts.
La 2" batterie de marine profite également des accidents de terrain formés par les déblais des vieilles carrières entre le Signal et le chemin de Villiers.
A Champigny, la 15* compagnie du 3* régiment du Travaux génie, capitaine de La Taille, organise la défense du àchampigny. haut du village; cependant le génie civil, d'après les indications du général Faron, construit dans la plaine, entre la route et la Marne, des tranchées où viennent se reformer les mobiles de la Vendée.
On renforce les barricades de la tête de Champigny. . . mais comme les avant -postes prussiens sont très- rapprochés et qu'il est à craindre qu'une brusque attaque ne nous oblige à abandonner notre première ligne de défense, on en organise une deuxième en arrière, dan^ la partie ouest de la rue de l'Église ; tous les étages y sQfd crénelés, des communications sont établies dans les maisons ; du côté opposé, on renverse les plafonds, de telle sorte que si l'ennew parvient à 3'en emparer, il ne puisse tirer que des re;s-de-chaussée, A hauteur de cette rue, un^ barricade en sacs à terre barre la grande rue parallèle à la Marne.
A* la suite d'une reconnaissance faite dans l'aprèsmidi en avant de Champigny, on se décide à mettre en état de défense et à faire occuper par nos avant-postes les deux parcs de la tète du village situés à droite et à gauche de la vieille route de Chennevières.
Travaux
de défense
àfiry.
On renforce encore notre position centrale en construisant une batterie au-dessus du four à plâtre. Cette batterie, placée en deçà d'une carrière profonde servant de fossé, a deux embrasures dirigées contre Villiers et quatre vers les pentes de Ghenneviéres à Ghampigny; elle doit se relier au chemin passant devant le four à plâtre par une rampe praticable aux voitures.
En même temps on commence Torganisation défensive du village de Bry : les murs des parcs sont crénelés.... le chemin qui borde la crête du plateau de Villiers est organisé en tranchée.. . on achève les redans commencés en avant des ponts de Bry et de Neuilly...
Défense de Ghampigny.
Positions le l""' décembre au soir.
Le 3* bataillon du 42% commandant Landry, désigné â 4 heures du soir pour occuper les deux parcs de la tête de Ghampigny, y arrive à la nuit; les 1", 2*, 3* et 4'' compagnies sont placées dans le parc en pointe, les 5* et 6% dans celui formant angle entre les deux routes de Ghenneviéres.
Le parc en pointe est limité au sud par une forte grille qui se prolonge jusqu'à la partie supérieure ; la face nord est bornée par un mur de 2" 50 de haut dans lequel les Prussiens s'étaient ménagé une sortie (brèche D); une voûte G fermée par une grille, donne passage à un canal desséché qui traverse en tranchée tout le petit bois. Le château formé de plusieurs corps de bâtiments sert de réduit.
Les quatre premières compagnies du 42* sont ainsi disposées :
(1) Voir croquis n* 24.
La !*•, à la grille de la pointe ; la 3% le long de la face droite ; la 4® et la 2*, derrière le mur de gauche ; chaque compagnie ayant sa réserve près du château.
Le mur n'a pas de créneaux ; cependant il est indispensable d'en pratiquer si Ton veut être en mesure de résister; les outils manquent. . . instamment demandés, on les promet pour 10 ou H heures du soir.
En attendant , les compagnies ouvrent des communications en arrière; une barricade de l"50de haut est élevée devant la brèche D; des tas de fagots poussés devant la grille C interceptent le passage.
Des travaux sont également exécutés dans le parc entre les deux routes par les 5* et 6' compagnies du 42* ; chacune d'elles a une section de garde le long des murs ; les sections de réserve s'installent dans la maison à l'angle des routes ; mais toujours faute d'outils, on ne peut créneler ni les murailles ni les habitations.
Le 1" bataillon du 35' reste dans sa position, a l'entrée du village. La 1" compagnie défend la barricade du haut de la rue, ayant devant elle les 5' et 6* compagnies aux barricades des deux routes de Chenneviôres, et, derrière elle, à une autre barricade, les 3* et 4* compagnies. Sur la gauche, la 2* défend la barricade de la petite rue qui descend du four à plâtre.
Dans la nuit, un détachement de cent hommes du 35', sous les ordres du lieutenant Blondel, est envoyé à la Plàtrière ; tout en protégeant les travailleurs de la batterie, il se relie aux grand'gardes de mobiles établies dans les carrières voisines.
A droite , le 2* bataillon du 42% commandant Cahen , occupe un grand parc, à hauteur de la bifurcation des deux routes. Le mur sud de ce parc commande toute la plaine voisine du moulin de Champigny; mais il est lui-même complètement dominé par la route neuve de
Ghennèviéres, dont le remblai est soutenu par un mur trés-élevé.
Défense de la Le 113* défend toute la plaine qui borde la Marne.
plaine *^ *-
entre champigny gon 1*' bataiUou, Commandant Besson, est disposé de
et la Marne. ' ' ^
la manière suivante :
Les 1"* et 2* compagnies gardent la barricade du chemin de Sucy, ainsi que Tintervalle entre ce chemin et la grande rue, en avant de Téglise ;
La 3* fournit un poste de 20 hommes dans le moulin de Champigny ; le reste se défile dans un creux sur le chemin qui borde la Marne, à hauteur de la haie ;
Les i"" et B"* s'établissent dans les tranchées en itrrière ;
.La 6* dans les maisons voisines de la barricade.
Les 2!^ et 3* bataillond en réserve dans les parcs et terrains vagues en deçà de la rue du Pont.
Dans le village de Champigny sont le 1" bataillon
du 42*, les a** et 3* du 35% le 114* de ligne ; en arriére,
le régiment de mobiles de la Vendée avec les batteries
divisionnaires et les batteries de réserve.
Défense Pendant la nuit, en avant du Four à Chaux, une bat-
sur le plateau . . -. -■ i • > > 1.1
des terie est construite, dans la grande carrière a sable.
Fours à Chaux. ' ^
*^) Le terrain mamelonné, très-favorable à une construction
rapide, conduit à donner une forme irrégulière à Touvrage qui reçoit huit pièces de 24 court : six dirigées sur Cœuilly, deux battant a revers les pentes sud de Villièrs ; cet ouvrage doit encore être armé de deux pièces de campagne, directement opposées à une maison rouge, laquelle située à 500 mètres , au pied des pentes de Cœuilly, sert de poste aux Prussiens. Reliée à gauche aux batteries d'artillerie de marine élevées entre les carrières et le petit bois de la Lande, appuyée à droite
(1) Voir croquis n* 25.
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DÉFENSE DE PARIÇ. 311
par la batterie du Four à Plâtre, soutenue en arrière par la batterie blanche ^ cette grande batterie des carrières était le centre de résistance, la clef de la position.
A la nuit, les pièces, conduites sans bruit, sont mises en batterie ; Tartillerie du commandant Briens (division de Malroy) , occupant, comme la veille, tout le terrain entre le ruisseau de la Lande et le Signal.
Le 2"" bataillon du 121'' garde la gauche de cette position; trois compagnies dans le petit bois de la Lande, trois compagnies dans la grande carrière en avant du Four à Chaux.
A droite, les grand'gardes sont fournies par le 3* bataillon des mobiles de la .Gôte-d'Or : deux compagnies dans les carrières voisines de Ghampigny, une troisième dans la grande maison du Four à Plâtre ; les trois autres en soutien le long de la route de Bry à Ghampigny.
Sur tout le front, les sentinelles sont à 200 mètres environ en avant des grand'gardes... un petit poste de cinq hommes, fourni par la compagnie de la Plâtrière, est au nord du petit bois, près d'une ouverture y donnant accès ; il est relié à sa grand'garde par deux sentinelles établies â Tangle de ce bouqueteau, lequel fouillé par nous dans la journée, ne fut malheureusement pas occupé. Il n'y eut pas entente entre les deux divisions Faron et de Malroy, et les relations restèrent insuffisantes entre la brigade de la Marieuse et la brigade Martenot. Chacune d'elles crut le bois gardé par les troupes voisines ; il en résulta que le matin du 2, on ne se préoccupa pas du bruit qui s'y produisait, pensant avoir affaire à des troupes amies. Nous verrons quelles en furent les tristes conséquences.
Sur le plateau de Villiers, on complète les tranchées, Dc^fens*? qui sont bientôt suffisantes pour abriter non-seulement "^iiîie^i"
312 DEFENSE DE PAKIS.
les troupes de première ligne, mais encore les troupes de réserve.
Les épaulements commencés sur le chemin de fer de Mulhouse sont achevés , et prêts à recevoir des pièces.
La batterie ébauchée à droite de la route n** 45 est continuée ; ou épaissit le parapet ; mais la terre est si dure que le travail avance bien lentement.
La batterie Moriau y reste en position.
La brigade Bocher, de la division Berthaut, occupe les tranchées entre le chemin de fer et le village de Bry : deux bataillons du 119* entre le chemin de fer et la route de Villiers, le 3* formant réserve derrière un retranchement expéditif ; un bataillon du 120' dans la tranchée à gauche de la route, les deux autres bataillons en réserve derrière d'autres tranchées sur le revers du plateau.
Le 125* de ligne (deJ'ancienne brigade Gourty) fait suite au 120* et garde les pentes jusqu'au village de Bry.
La brigade de Miribel (2* de la division Berthaut) a un bataillon sur la droite du chemin de fer, bouchant la trouée entre cette ligne et le ravin de la Lande ; les autres bataillons sont en réserve dans le bois du Plant, ainsi que dans Fangle formé par la roule n** 45 et la voie ferrée ; toutes les batteries du 2* corps aux abords de la voûte de Bry, attelées et prêtes à entrer en ligne au premier signal.
Travaux A notro gaucho, les travaux ont été poussés avec la
de défense *-
i Bry ^ plus grande activité, grâce à Tintelligente impulsion du c?"viiiaM m. général Daudel qui, dès son arrivée à Bry, exécute une reconnaissance sur toute la ligne d'avant-poste.
Sur le plateau de Villiers, le général remarque que le 107% se reliant à droite sur la crête avec le 125% a sa
(1) Voir croquis n- HG.
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gauche tout à fait en Tair... et que de ce côté, l'ennemi sortant de Noisy, pourrait nous couper de la Marne. De plus, un retour offensif venant du parc de Villiers pouvait nous rejeter sur Bry... c'était d'autant plus grave que ce village formait le point d'appui de gauche de Tarmée.
Accompagné du lieutenant-colonel Coiffé, commandant le 108% le général Daudel parcourut en tous sens le village de Bry et ses abords pour déterminer les points à barricader, et les moyens de défense à organiser.
L'occupation du grand parc Dewinck, à l'ouest de la grande route n"* 44, était indiquée... Ce vaste enclos, prenant de flanc et à revers le village de Bry, était d'autant plus dangereux, que les Allemands, chassés seulement depuis la -veille, le connaissaient dans toute son étendue, dans ses moindres détails. Mais le' nombre fort limité de nos troupes ne nous permettait pas de garder un terrain aussi considérable... c'eût été nous trop affaiblir de ce côté.
Renonçant à s'établir dans ce parc, le général Daudel décide que toutes les issues qui y donnent accès seront fortement barricadées, et que la première ligne de défense s'arrêtera à l'entrée nord, vers Noisy-le-Grand, la place de la Mairie devenant le réduit de la position.
Les troupes sont disposées de la manière suivante :
r3* bataillon du 108* dans la partie nord-ouest du village à partir de l'église :
Une compagnie à l'extrémité nord, sur la route de Noisy-le-Grand, qu'elle doit surveiller par deux petits postes; Deux compagnies en arrière, dans la Grande-Rue ; Deux compagnies en réserve place de la Mairie ; Une compagnie entre la mairie et la Marne ;
9r 2- bataiUon da 108* :
Deux compagnies dans le grand parc de Bry ; Quatre compagnies dans les rues, à Pest de celles occupées par le bataillon précédent ;
3** 1* bataillon du 107* dans les maisons et les rues au sud de la place de la Mairie. Ce bataillon qui, après avoir c-ombattu la veille, a passé toute la nuit sur la crête du plateau, est particulièrement destiné à assurer la retraite de la brigade vers les ponts de Bry, dans le cas où les troupes seraient forcées; il doit également fournir des renforts sur les points les plus menacés.
Les trois autres bataillons de la brigade, deux du 107* et un du 108% sont établis par le lieutenant-colonel Tara yre, du 107*, contre le talus longeant la crête; couverls jusqu'c*! mi- corps, ils découvrent tout le plateau qu'ils peuvent ainsi facilement balayer de leurs feux.
A 300 mètres en avant de la crête, des sentinelles embusquées dans des trous ou derrière des plis de terrain, doivent rendre compte de tout mouvement de l'ennemi.
Le 3* bataillon du 107*, placé à l'extrême gauche, a cinq compagnies en potence, faisant face à Noisy-le- Grand et gardant les pentes depuis la crête jusqu'à la route de Bry à Noisy... A mi-côte entre Bry et le plateau, le 126* forme réserve, prêt à faire face, soit du côté de Villiers, soit du côté de Noisy.
Pour tous ses nombreux travaux de défense, le général Daudel n'a que 25 sapeurs du génie avec un ofScier et il ne peut mettre a la disposition de son infanterie ni pelles, ni pioches.
Les sapeurs percent des créneaux dans les murs des parcs et des jardins occupés par les compagnies du 108*, et construisent une ou deux barricades à l'entrée nord
du village. Malgré toute leur activité, la besogne marche très-lentement... Vainement les corps demandent avec instance des outils à Tétat-major général.
A 11 heures du soir, sauf les quelques travaux exécutés aux entrées nord et nord-ouest du village, rien n'est sérieusement disposé pour une défense efficace. Cependant il faut être prêt avant le jour à repousser une attaque. Tout le monde est mis sur pied. . . les maisons, les caves sont fouillées, on réunit les voitures, les barriques, les futailles que l'on peut trouver. . . et à 3 heures du matin, de solides barricades, formées de deux rangs de tonneaux remplis de pôvés, de terre , de fumier..., interceptent toutes les avenues face à l'ennemi ; la place de la Mairie est solidement organisée, des meurtrières sont partout percées, dans divers îlots de maisons, on établit des communications, les parcs de Bry sont également crénelés et fortifiés. . .
En résumé , dans toute cette partie du champ de bataille, occupée [par la brigade Daudel et l'ancienne bri^ i^ade Courty, les plus louables efforts sont faits pour être on mesure de repousser une attaque.
Toutes les batteries de réserve du 3* corps, en posi- Position nw la
* ' ^ rive droite
lion rive droite de la Marne, depuis le Ferreux jusqu'à ^® ^"^ *'*'^"*'- Neuilly, sont prêtes à soutenir les troupes de la rive txauche.
Le colonel Reille, avec ses mobiles, continue à conserver Neuilly-sur-Marne, extrême aile gauche de notre ligne de bataille.
Les travaux de défense y sont complétés ; des emplacements de batteries préparés... des tranchées exécutées au nord du village.
Sur le plateau d'Âvron, on achève les épaulements, on tait des abris,' pour les troupes de soutien.
À l'extrême aile droite, trois bataillons des mobiles de Position dans la
presqu'île
de Sâinr-Mtur. THérault, arrivés dans la boucle de la Marne, remplacent en première ligne les bataillons de Seîae-et-Oise qui passent en réserve à hauteur du village de Saint-Maur.
Les quatre batteries mobiles à la disposition du général Favé, après avoir été toute la journée du !•', derrière les épaulements de l'extrémité du grand parc, à hauteur du pont de Champigny, sont rentrées le soir dans leurs cantonnements avec ordre de reprendre leur position avancée dès le lendemain matin.
Position du côté De l'autre côté de la Marne, à Créteil, le temps a également été mis à profit ; on s'est fortifié, on a complété les travaux de défense.
De nombreuses reconnaissances ont été faites vers Montmesly et Mesly, spécialement par le bataillon de francs-tireurs de la division de Susbielle. Nuit du 1" Pendant la journée, la température s'était encore abaissée, et dans la nuit le thermomètre descendit jusqu'à dix degrés... Nos malheureux soldats en soufffîrent d'autant plus cruellement qu'ils étaient réellement épuisés par les fatigues excessives des jours précédents, par la privation de sommeil et le manque de nourriture substantielle. Depuis trois jours, il avait été impossible, sur bien des points, de faire cuire des aliments ; les hommes, généralement, n'avaient mangé que du pain ou du biscuit, un très-petit nombre avait pu prendre le café ou quelques grillades de chair de cheval enlevée sur les animaux qui couvraient le champ de bataille...
Les chefs étaient en proie aux anxiétés les plus poignantes... quelques-uns cherchaient encore à se faire illusion sur l'arrivée probable de l'armée de la Loire, et, par suite, sur la possibilité de reprendre l'offensive; mais le plus grand nombre n'entrevoyant que trop bien la triste réalité, se disait que l'on pourrait tout au
FosiUonsJhanaiisesilansle village de^ry e
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aiLT abords le l^.'^Jfecenihre i8ik> au soir
plus se maintenir sur ces positions si chèrement ache^tées, et dont la possession, somme toute, n'améliorait en rien notre situation... Elle l'aggravait, au contraire, car elle immobilisait sans profit la plus nombreuse et la meilleure partie de Tarmée active.
Le Gouverneur avait résumé ce fatal état de choses dans une phrase relatée plus haut : c Dans tous les « cas, il faut continuer énergiquement la défense de nos < positions... »
En dehors de cela, aucun plan nouveau, aucune instruction sur la suite à donner aux opérations... C'est qu'en effet, il n'y avait rien à entreprendre, rien à faire, si ce n'est lutter passivement ; personne ne le disait encore , mais tout le monde le comprenait ou le sentait !
Néanmoins, les efforts les plus énergiques avaient été faits pour remettre toute l'armée dans le meilleur état possible, personnel, matériel, approvisionnement, et dès le matin du 2 décembre , nous étions en mesure de recommencer la lutte, sinon ofTensivement, du moins défensivement.