‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 69 sur 84 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

Troisième armée. — Deuxième mouvement.

Les quatre bataillons des Côtes-du-Nord établis à Saint-Ouen passeront la Seine à Ttle Saint-Denis et sur le chemin de fer d'Asnières lundi 28 novembre , après la soupe du matin ; ils entreront dans la presqu'île de Gennevilliers et occuperont les positions suivantes :

Un bataillon à Gennevilliers;

Deux bataillons à Colombes;

Un bataillon à la redoute de Charlebourg.

Il y aura déjà sur les lieux :

Un bataillon de Seine-et-Oise à Charlebourg;

Un bataillon de l'Aisne à la manufacture de produits chimiques dite la Folie.

Le commandement du général de Liniers aoi'a pour limite» à l'ouest, le chemin de fer de Rouen, se prolongeant en courbe sur Asnières.

Le capitaine de frégate Coudein, qui commande la batterie de Saint-Ouen, sera commandant en deuxième du général de Liniers pour le temps que durera l'occupation de la presqu'île, et dirigera en particulier les batteries qui sont établies dans cette partie de la presqu'île.

Bataillon de l'Hérault à Aubervilliers.

Bataillon de Saône-et-Loire à Pantin, sous le commandement momentané de l'amiral La Roncière.

(Ces ordres seront donnés par l'amiral La Roncière.)

Mardi matin, les bataillons de l'Hérault se déploieront sur leur droite, entre le fort d' Aubervilliers et Bobigny ; ceux de Saôneet-Loire, entre Bobigny et le canal ; ces derniers avec le bataillon d'éclaireurs Poulizac.

(Ordre à donner par le général Vinoy, qui informera le général Bertin qu'il sera, pour les journées des 28 et 29 novembre, sous les ordres de l'amiral La Roncière.)

Mardi matin', la division de cavalerie aux ordres du général Berlin se placera entrjB Aubervilliers et le canal, en arrière de rinfanterie et répartie sur les routes n^'* 2-24.

Elle se rendra sur ses positions le lundi, après la soupe du matin, et y bivouaquera.

DIVISION DE BeAUFORT-d'HaUTPOUL.

Le général de Beaufort détachera, mardi 29 novembre, au point du jour :

Trois bataillons au rond-point de Courbevoie, qui s'avanceront sur la route de Bezons ;

Trois bataillons au rond-point des Bergères, où ils recevront des ordres.

Il y aura déjà sur les lieux ou environs le colonel Balette avec trois bataillons (Drôme, Loiret, Seine- et-Oise ), et trois autres (Côte-d'Or, Ille-et-Vilaine, Gô tes- du-Nord), placés au rondpoint des Bergères.

Le général Noël sera commandant en deuxième du général de Beaufort et sera sous ses ordres pour les opérations des prochains jours.

Il conservera le commandement personnel du Mont-Valérien , qui lui a été confié.

Paris, 26 novembre 1870.

Signé : P.-O. Sghmrz.

Note.

Il est expressément recommandé au commandant supérieur de Tartillerie de donner des ordres pour que les batteries extérieures aux forts de Montrouge, Yanves, Issy, ne prennent pas part à la canonnade du 29 au matin.

Il est, en effet, d'un intérêt de premier ordre que ces batteries, construites en vue d'une attaque venant de Ghâtillon, ne soient démasquées qu'au moment où le feu de l'ennemi s'ouvrirait.

Il en sera de même pour les pièces de marine placées sur l'enceinte et dont l'objectif est Ghâtillon.

Paris, 27 novembre, soir.

Signé : P.-O. Sghmitz.

4lO DÉIï'ÊNSE DE PARIS.

Lettre v? 85.

Comme complément à toutes les dispositions prises pour la journée du 29, j'ai Thonneur de vous infoiiner :

1* Que 3,000 hommes des bataillons de guerre de la garde nationale, dirigés par des officiers d'état-major de la garde nationale, se réuniront à la barrière d'Enfer, vers 8 heures du matin, le 29 novembre courant;

^ Que 3,000 hommes, également de la garde nationale, se réuniront au carrefour d'Italie, le 29 au matin.

Les officiers qui conduiront ces bataillons se rendront demain à votre quartier- général pour recevoir vos instructions.

Vous voudrez bien prescrire à ces 6,000 hommes de sortir de Paris dès qu'ils seront réunis :

I^s uns pour se porter vers Arcueil , Cachan , Montrouge et Vanves, selon que vous le jugerez convenable (3,000 en arrière de la grange Ory).

Les autres pour se porter depuis Ivry jusqu'aux Hautes-Bruyères t selon les instructions que vous leur donnerez (3,000 en avant du Port-à-l' Anglais).

Vous placerez ces bataillons de guerre sous tes ordres du contre- amiral Pothuau et du général Corréard.

Vous en disposerez, du reste, comme vous le jugerez convenable, sans vous astreindre a conserver 3,000 hommes de chaque côté.

Ils devrortt se trouver le plus possible en vue de Tennemi, mais en réserves formant rideau, pour faire croire à des forces supérieures, et au besoin, s'il y avait lieu, servir d'extrême réserve.

Vous ne sauriez donner des instructions trop détaillées à ces troupes, qui montrent une très-bonne volonté, mais beaucoup d'inexpérience.

Il est indispensable que les officiers qui seront réunis chez vous demain soient parfaitement au fait des devoirs qu'ils auront à remplir, de l'itinéraire qu'ils doivent suivre, des postes qu'ils auront à occuper.

Ces bataillons ne seront pourvus que d'un jour de vivres qu'ils se seront procurés eux-mêmes et de soixante-douze cartouches ; ils devront rentrer le soir.

En cas de besoin, vous donneriez l'ordre d'urgence aux secteurs 7, 8 et 9 de vous fournir des cartouches de fusils à tabatière et autres.

Paris, tl novembre 1870.

SjçDé : P.-O. ScHiirrz.

bÉtENSE DE P\hlS. 411

Note.

Le général Vinoy est invité à faire porter son chiffre sur un# des positions téléjgn^aphiques du champ de bataille de demain et à correspondre iè plus souvent possible avec le quartier général du Gouverneur.

Il est prié de donner des instructions au général Corréard et aux commandants Ae tous les forts de la rive gauche, pour qu'on ne néglige aucune occasion d'envoyer des dépêches au quartier général.

Paris, 28 novembre 1870.

Signé : P.-O. ScHMrrz.

Extrait de Deux Combats (TartiUerie sous les forts de Paris, par le général Favé.

Le général commandant la 2® armée exposa avec des détails étendus tout son plan d'opérations. Dix ponts allaient être jetés pendant cette nuit môme dans la partie centrale do la Marne , entre Joinville-le-Pont et Nogent. La formation et l'itinéraire des diverses coloiines c|ui devaient passer simultanément ou successivement sur tous ces ponts furent indiqués. Le passage devait commencer le â9 au point du jour sous la protection des forts et de nombreuses batteries établies sur la rive droite. On avait, d'ailleurs, l'espoir de surprendre l'ennemi, qui n'avait à opposer que des forces insignifiantes aux têtes de colonne de trois corps d'armée donnant enser ')le plus de cent mille hommes. On arriverait sans s'arrêter jusqu'au pied des hauteurs ; puis nos troupes graviraient immédiatement les pentes.

Notre droite s'emparerait du village de ChenneVières, sans le dépasser vers le sud , dans la direction d'Ormesson , et en môme temps le centre marcherait sur les villages de CdeUilIy et de Villiers, notre gauche sur Noisy-le-Grand.

Le mouvement de la première ligne donnerait à la seconde ligne et aux réserves le temps de passer les ponts à leur tour, de former leur ligne de bataille et de prendre des positions régulières.

Toutes nos troupes gagneraient alors ensemble du terrain en

m DEFENSE DE PARIS.

s'efTorçant de dépasser les lignes de l'ennemi avant qae ses renforts pussent arriver.

Partout où il y aurait résistance on devait attaquer vivement tout ennemi qui se trouverait à portée. En aucun cas la droite ne s*étendrait au delà du village de Chennevières, pour ne pas s*éloigner de la direction générale suivie par Tarmée qui marchait sur Lagny.

Arrivée là, elle serait hors d'atteinte. L'objet du général en chef était, comme on voit, de percer la ligne d'investissement en la traversant très-rapidement pour aller ensuite se joindre aux forces organisées à l'extérieur.

Lettres de commandement du général Ducrot et du général d'Bzea.

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