IV
successives au milieu desquelles nos ennemis se sont trouvés ; d'abord ils ont à contenir l'armée de Metz, qui absorbe une grande partie de leurs forces, puis les armées de province, qui, se levant au Nord, à l'Est et à l'Ouest, tourbillonnent autour de Paris; enfin, pendant la plus grande partie de la période d'investissement, ils ne possèdent encore que la seule ligne ferrée de l'Est, à peine suffisante pour les besoins multiples de l'armée d'invasion.
A l'époque où nous sommes arrivés, les Allemands n ont plus à lutter contre ces graves difficultés. Après Orléans, Vendôme, Villers-Bretonneux , Pont-Noyelles, nos armées de province ne peuvent, malgré tout leur dévouement , faire beaucoup plus pour la défense du territoire que nos armées de Sedan et de Metz, prisonnières au fond de l'Allemagne. . . l'armée de Paris a jeté son dernier feu au Bourget. . . les places fortes du Nord et de l'Est tombées, ouvrent de nombreux réseaux de chemins de fer. Dès lors Tennemi peut ramasser tous ses efforts sur Paris et lui donner le dernier coup (1).
Des colonnes de pérrc toutes formées en Allemagne sont amenées par chemin de fer (2)... Bientôt ce travail
(1) Une action décisive finale étail devenue une nécessité politique, a L'opinion en Allemagne accusait l'élat-major d'agir avec lenteur, de céder à des considérations de diplomatie humanitaire, de ménager la BabyJone moderne, au risque de laisser souffrir les armées allemandes campées dans la neige autour de Paris. Les femmes elles-mêmes s'en mClaient : cette douce et poétique Allemagne avait Timpatience assez sauvage du bombardement, comme pour punir les Parisiens de leur enté' temeDt frivole, de la méchante obstination qu'ils mettaient à ne pas comprendre que, dans l'intérêt de l'humanité, et pour éviter une effusion de sang, qui attristait les cœurs allemands, ils devaient ouvrir leurs portes et accepter le^s conditions généreuses que le vainqueur leur accorderait. » (Charles de Mazadb, La Guerre de France,)
(2) Les chemins de fer de TEst amenèrent leurs convois jusqu'à Nanteuil d'abord, puis, à partir du 23 novembre, jusqu'aux lignes de Tarmée de siège. Seize trains par jour étaient organisés; soixante-trois wagons,
colossal de la mise en batterie des gros calibres do siège se trouve complètement achevé, et le 25 décem* bre, le roi de Prusse, à qui vient d'être offerte, dans le palais de Louis XIV, la couronne de T Empire restauré , annonce à ses troupes , comme don de joyeux avènement, comme cadeau de Noël, le bombardement de Paris !
Le 27 décembre , au milieu d'un ouragan de neige , soixante-seize pièces, subitement démasquées à Gagny, au Raincy, à Noisy-le-Grand , couvrent d'une masse de fer toutes nos défenses de TEst.
Précédemment nous avons décrit ce bombardement jour par jour, jusqu'à la date du 2 janvier : nous allons en continuer l'exposé. Nous le verrons se transporter bientôt au Sud, où il alla atteindre Paris lui-même, le Paris de la rive gauche jusqu'à la Seine, puis enfin écraser Saint-Denis.