‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 42 sur 98 · DERNIERS JOURS DU BOMBARDEMENT · texte numérisé non relu

DERNIERS JOURS DU BOMBARDEMENT

La bataille du 19 janvier n* avait apporté aucun arrêt dans la marche des travaux de siège de l'ennemi.

Les trois attaques Sud, Est, Nord de la capitale se poursuivaient avec une régularité et une gravité progressives:

Attaque Sud.

Le fort d'Ivry souffre beaucoup dans cette dernière Attaqa« du sad. période du siège, il ne peut répondre au feu de Tennemi, ''*'* *'*''• qu*en étant appuyé par des batteries extérieures.... dans la Dttit du 23 au 24 janvier, on en construit de nouvelles, près de la gare de Clamart et dans le parc du lycée de Vanves. L'avant-poste de la maison des Jésuites aux Moulineaux, tient toujours, mais est très-menacé.

Cependant le 26 au soir, à moins d'un accident aussi improbable qu'imprévu, le fort d'Ivry peut encore offrir une résistance durable et solide, ainsi que le constate la dépêche ci-jointe :

«Les magasins de la caûtine 2-3 ont souffert, mais lears voûtes ne sont pas atteintes ; la brèche des casemates

-:i(i DEFENSE DE PARIS.

16 et 17 a augmenté, mais sans compromettre le succès de la place. Les murs de masque des casemates 27, 9, 22, sont crevés. Sur la face gauche du bastion 4, l'ennemi semble vouloir pratiquer une brèche, mais la maçonnerie n'est entamée que sur une épaisseur de 60 à 70 centimètres. > Fort de vanves. ^ Lo foH ée VànVesécrasé sôus les feux plongeants des

batteries de la Plàtrière, de la Renommée, de Clamart, tire des secours efficaces des batteries de position et de l'enceinte. (S"" secteur.)

Pendant cette dernière période, le feu de l'ennemi fut suspendu par suite de l'explosion d'un magasin à poudre de la batterie de gauche de Châtillon (28 janvier). « Ce coup heureux provenait d'une batterie du 7* secteur, servie par les mobiles du Pas-de-Calais. Le 21' janvier, la même batterie avait fait sauter le magasin à poudre du Moulinde-Pierre. »

La garnison du fort, assez bien abritée, éprouvait des pertes relativement peu sensibles....

Troisou quatre tués ou blessés par jour en moyenne... Les casernes étaient en. ruines, mais le rempart se trouvait presque intact et à la date du 26 janvier t le fort pouvait faire encore une bonne résistance... n Fort ' Le fort de Montrouge, poursuivant énergiquement la lutte, continuait à rendre coup pour coup sa situation défensive était cependant difficile, il souffi'ait surtout de ia batterie de THay qui le prenait d'écharpe.

A la date du 23, le Jojurnal du siège donnait les détails suivants : « Les blindages établis devant nos magasins à vivres, dans la cour du bastion 4, sont pulvérisés. Les voûtes de casemates sont entamées et les sacs A terre avec lesquels nous avons constitué un blindage intérieur, pe peuvent donnerune protection suffisante â nos vivres, hn milieu desquels les obus pénètrent. Le mur de ce bas-

de Montrouge.

DÉFENSE DE PARIS. Ul

tion a mainlenant une large brèche et du côté en fossé les pierres du mur forment rampe.... »

Le 24 au soir, la brèche signalée était réparée, grâce à Tactivité des défenseurs et du chef du génie lieutenantcolonel Lévy c Nos réparations sont terminées, télégraphiait le commandant Âmet... nous sommes prêts.. »

Dans la journée du 25, le général en chef ayant fait proposer un renfort de 150 artilleurs de la garde nationale, le . commandant du fort refusait en ces termes : c Je suis rinterprète des sentiments de mes hommes en vous demandant qu'on nous laisse Thonrieur de défendre Montrouge... Ces artilleurs nous seront plus utiles aux batteries voisines : nous serions reconnaissant au général de ne pas nous les envoyer, i

< Les pertes éprouvées par la garnison du fort étaient assez nombreuses, en raison de la vivacité de la défense; toatefois, elles ne dépassèrent pas une moyenne de sept à huit tués ou blessés par jour... >

Le 26, le fort eut une caserne incendiée, Vautre démolie.... mais les escarpes étaient en bon état. « Lé seul endroit qui avait cédé avait été promptement réparé.... » Plus encore que Vanves et Issy, Montrouge, à la date du 26, pouvait donc poursuivre la lutte.

Le fort de Bicôtre, c[ui n'avait reçu que quelques obus sicétre et ivry. depuis le commencement du bombardement, continue à soutenir Montrouge, en tirant sur les batteries de THay et de Bagneux.

Le fort d'Ivry, réduit plus encore que Bicôtre à l'inaction, surveille les travaux exécutés par les Prussiens sur la hauteur deMontmesIy...

Les Hautes-Bruyères et Saquet, les avancées de Bicôtre et d'Ivry, prennent au contraire une part assez vive à la défense....

Des Hautes-Bruyères surtout, à qui rennemi t fit

rhonneur d'une attaque en règle » , on répondit énergiquement jusqu'au dernier jour, au feu des batteries de rHay,.Ghevilly, Bagneux.

A la droite, les avant-postes de la Maison Millaud eurent fort à souffrir, maj^ les Allemands, tenus en respect par le tir de Montrouge et des Hautes-Bruyères, ne parvinrent jamais à nous les enlever. Batuons Los bastious de Tenceinte Sud prirent également sur

venceinte Sud. certains poiuts part à la lutte en particulier ceux du

7* secteur (le 68* et le 75*), qui firent sauter, ainsi que nous Tavons dit plus haut, deux magasins à poudre... Pendant le jour, Tennemi prenait généralement comme objectif, le rempart, la nuit il tirait de préférence dans l'intérieur de la ville... « Dans les nuits du S3 au 24, du 24 au 25, le bombardement causa quelques dommages... le 8* secteur eut particulièreiçent à souffrir... un grand incendie se déclara dans une fabrique de papier et on eut de la peine à éteindre le feu.... »

Cependant le bombardement de la ville, des remparts, des forts et des avancées était pour ainsi dire inefficace... c le seul progrès qu'on put relever dans l'attaque pendant les cinq derniers jours, consista dans l'ouverture d'une batterie à la station de Meudon et dans quelques atteintes nouvelles à l'enceinte > (1). Les Moulineaux, Maison Millaud, Hautes-Bruyères, Moulin-Saquet, Port-à-l' Anglais, n'avaient même pas été entamés, nos avant-postes n'avaient pas reculé depuis le 13 octobre... quant à nos forts, sauf quelques dégradations intérieures, ils étaient, nous venons de le voir, preque aussi solides qu'avant le bombardement.

Du reste, les pertes en hommes éprouvées chaque jour peuvent donner une idée du peu de résultat obtenu.

U) Général Vinoy.

Pour la garde des tranchées. ... 10 hommes.

Forld'Ivry 7à8 —

— Vanves 7a 8 —

— Montrouge 7â8 —

— Pour les batteries de T en-

ceinte... ^... 5à 6 —

Total 26 à 34 hommes.

Le fort de Charenton , dont les avant-postes étaient Fort poussés jusqu'à Créteil, ne fut pas attaqué, ni au commencement ni à la fin du bombardement.

Le fort de Vincennes, qui, avec les redoutes de Gra- Fort

, , de Vincennee.

velle et de la Faisanderie , forme un camp retranché protégé par la Marne , commença à être bombardé le 23 janvier. < À midi, les batteries de Villiers se mirent à tirer à toute volée sur Vincennes, et parvinrent à jeter une dizaine d'obus dans Tarsenal du fort neuf... À 4 heures du soir , la redoute de la Faisanderie ouvrit son feu contre cette batterie, et parvint à en débarrasser le fort.

c Le 25, à 4 heures du soir, le feu de la Faisanderie et des ouvrages extérieurs du fort de Nogent était très-vivement activé contre les batteries de Villiers, contre Cœuilly et les bifurcations des routes de Provins et de Chennevières. »

En résumé, le fort de Vincennes et ses défenses avancées ne furent en aucune manière endommagés par le feu de Tennemi.

Le fort de Nogent continue à essuyer le feu des bat- Fort de No;?ent. teries de Noisy-le-Grand, de Villiers, de Bry. Le 23 janvier, c Tennemi démasque deux nouvelles batteries, à 3,500 mètres environ de Bry-sur- Marne... » Le 26 janvier, après un mois do bombardement, le fort n*n subi

aucune avarie sérieuse des batteries adverses , dont la plus avancée est à 3,500 mètres.

Fort de Rosny. Très-vivemeut bombardé pendant les derniers jours

de décembre, le fort de Rosny n'a plus a supporter, à la fin du siège, que le feu des seules batteries de Drancy... < Le danger devient même si peu menaçant, que, dans la journée du ^ janvier, on peut sans inconvénient désarmer les batteries du château de Montereau, situé (out auprès des murs du fort, et répartir ses pièces sur d'autres positions moins sûres... >

FortdeNoîsy. Lo fort de JMoisy , où Tamiral Saisset a établi son quartier général, est devenu, grâce â de nombreux travaux, une des positions les plus redoutables de la défense... Do solides batteries, construites entre Noisy et Nogenty deux autres batteries situées au-dessus des Carrières, concourent très-activement à donner au feu du fort une supériorité marquée sur celui de rennemi,.. Celle supériorité est telle, « qu'en présence des faibleg résultats obtenus contre les forts de Rosny, de Noisy et de Nogent », on peut considérer, à la fin de janvier, l'attaque terminée sur ces différents points... Fort Le fort de Romainville ne subit aucune attaque, grâce

de Romainville. • * ^

à sa position élevée • Son observatoire, admirablement organisé, avec des repères excellents, voyait et signalait à tout instant les mouvements de l'ennemi,

Attaque du Nord, SamtrDenia.

Le commandement de Saint-Denis avait une organisation tout à fait distincte... Depuis le mois de novembre, l'amiral La Roncière, ayant sous ses ordres un corps d'armée spécial, avait à défendre Saint-Denis, ses trois forts, le fort d'Aubervilliers, la pointe de la Courneuve et la Croix-de-Flandre.

Le eamp retranché de Saint-Denis, formant un grand saillant au Nord de Paris, était un point d'attaque désigné; aussi l'amiral n'avait-il cessé de perfectionner la défense en reliant les forts au moyen de tranchées et de Bolides batteries... -

IjB fort de la Briohe, objectif des batteries ennemies DeicHption établies à Épinaî, Enghîen, Montmorency, Villetaneuse, des forti'ïïtonr Butte-Pinçon et Pierrelîtte, — « est défendu par 190 ar- au'momenî'da tiUeurs de la marine, 44 soldats du génie, 190 matelots- p^^J^^J*^^^^^^ fusiliers, et 3 compagnies du 128\ Total, 901 hommes. Ce fort, commandé par le lieutenant-colonel Tafanel, est reh'é à celùî de la Double-Couronne par un chemin couvert... »

t Le fort de la Double-Couronne n'est pas, à propre- Doubiocouronno ment parler, un fort, c'est une ligne de fortifications ouverte à la gorge, couvrant la ville de Saint-Denis, et coupée par trois portes donnant accès aux routes du Havre, de Calais, de Gonesse, lesquelles routes se rejoignent à' rintérieur à une patte d'oie, à 100 mètres en arrière des fortifications. Ce fort est battu de front par les batteries allemandes de la Butte-Pinçon et de Pierrefitte. Ses courtines sont enfilées par les batteries de Stains et du Bourget, à TEst, et par celles d'Enghien, d'Epînai et de Montmorency, à TOuest. Le chef de bataillon Zeler commande la Double-Couronne ; le 135* de ligne, colonel Boisdenemetz, y tient garnison ; Tartillerie de la marine et les matelots-cânonniers arment ses pièces... »

« Le chemin couvert dont il est parlé plus haut se continue à l'Est du fort, et est coupé par deux batteries de deux pièces chacune , la batterie du Crould et celle de Marville; il s'arrête à la route de la Courneuve, près du fort de TEst. .. »

« A partir de la Double-Couronne, une digue, longeant ce chemin, retient une inondation formée des eaux du

Crould et da Rouillon, et qui s'étend jusque prés de Dugny. »

Port de TEst. c Le fort de TEst est commandé par le colonel Sentupery. L*artillerie de marine et quelques matelots-canonniers servent les pièces. »

Fort < Le fort d*AuberviUiers est commandé par le colonel

d'AubervUlIera. « , . , . « „

Tryon. Ses batteries sont également servies par rartulerie de marine. >

Attaque.

Le 21 janvier, à 8 heures 45 du matin, les batteries ennemies, formant une vaste circonférence autour de Saint-Denis, ouvrent le feu.

Fort Le fort d'AuberviUiers, présentant un front tré&-large,

c échappe par sa grande dimension aux effets redoutables de la concentration de Tartillerie. . . »

Le S3, le feu de Tenneml n*est pas très-vif.

Le 24 et le 25, il s'accentue davantage. Le fort reçoit, dans, chacune de ces journées, 100 obus, mais les pertes sont insignifiantes.

c En définitive , par le bombardement d'Âubervilliers et des lignes de la Courneuve établies en avant du fort, on perdit tout au plus de 4 à 5 hommes tués ou blessés par jour. . . »

Fort de l'Est. < Le fort de TEst, solidement bâti et bien commandé, ne souffrit que très-peu du bombardement, qui fut cependant dirigé sur lui avec une très-grande profusion de projectiles. .. Le 23, il regut 470 obus restés dans l'intérieur de ses murs, 244 le lendemain, 360 le surlendemain 25, et 359 le 26. Pendant la nuit, le feu était moins vif : 23 obus tombèrent dans la nuit du 23 au 24, et 174 le lendemain. Pendant la troisième nuit 158, et 136 pendant la quatrième. En somme, pendant quatre fois vingt*quatre heures, près de 8,000 obus atteignirent

DEPENSE DE PARIS. â58

le fort pour blesser en tout S7 hommes et en tuer un , démonter une pièce et défoncer quelques abris. »

Le 26, la situation du fort de l'Est était la suivante, d'après la note résumée de son commandant : Le tir de l'ennemi continue à être violent par intervalles ; pendant le jour il le dirige sur les remparts , pendant la nuit sur la porte du fort...

< Les escarpes sont à peu près intactes, la défense n'est pas compromise à ce point de vue, mais les parapets et les terre-pleins sont labourés et le service de l'artillerie et du génie rendu très - difificle à cause des aspérités....»

 la Double-Couronne le bombardement est des plus vifs. Le 22 il tombe 3 obus par minute, un abri occupé par des hommes du 135* est défoncé par un obus; 13 hommes sont blessés.

Le 23, le fort reçoit 4,000 projectiles, « et cependant il n'y a que 6 hommes tués ou blessés dont trois officiers. • • • »

Le 24, le feu de Tennemi continue à être violent. .. deux affûts de pièces de marine sont mis hors de service. ... les maisons voisines de la Double-Couronne sont écrasées, c On répond par bordées au tir de l'ennemi pendant une partie de la journée. »

Le 25, le bombardement se poursuit : cinq affûts de marine sont avariés.

La journée du 26 est la plus terrible. . • plusieurs abris sont défoncés. . . les poudrières sont menacées. . . le chiffre des tués et blessés monte à 10... c nombre assez considérable pour une aussi petite garnison. Le personnel de l'artillerie est réduit à deux titulaires ...»

Le commandant supérieur du fort, le chef de bataillon Zeler, donne l'exemple d'un stoïque courage. . . il maintient tout le monde à son poste. . .

Fort de la Double-Cooronne

Le 26 au soir, malgré ce feu épouvantable, « les défenses proprement dites du fort, notamment les escarpes, ont encore une solidité rassurante. »

tori Dans la journée du 22, le fort de la Briche est le

point de mire principal de l'ennemi; le pont-levis est endommagé . . , 800 obus tombent en vingt^juatre heures.. . c Plusieurs Allemands s'avancent isolément jusqu'à petite distance. • . des coups de fusils les di8pe^ sent...»

« Le 23 , Tennemi établit des batteries dans nos anciennes tranchées de Villetaneuse et d'Épinai que nous avons abandonnées : les quatre batteries de Deuil et de Montmorency d'un côté, deux à la Butte-Pinçon de Tautre , croisent leur feu contre le fort ...»

« Plus de 1 ,000 obus l'attaquent dans les vingt-quatre heures. L'ennemi envoie des reconnaissances assez près du fort... Elles sont repoussées parla mousqueterie... »

Le 24 et le 25, le feu de l'ennemi cause de sérieuses avaries ...

• Le fort s'endommage de plus en plus, malgré l'activité des réparations qui se font la nuit. . * Les travaux d*approche des Prussiens sont à 800 mètres.

Le 26 , une nouvelle batterie établie dans la nuit par l'ennemi au Temps-Perdu, à 800 mètres du fort, ouvre son feu..i « Par suite des avaries continuelles que subit notre artillerie, 'il ne reste, le soir, que quatre pièces à opposer aux six batteries d'Enghien, de Montmorency et de Deuil, et six pièces pour lutter contre deux batteries fixes et deux batteries volantes de la Butte-Pin- Çon. . . les dégradations à l'escarpe commencent à s*accentuer...» La situation du fort était, comme on le voit, assez grave. . . mais non compromise, ainsi que l'établit l'extrait suivant, tiré des Opérations du corps du génie allemand pendant le siège :

DKFENSE DE PARIS. 265

« Dans le projet d'attaque, avant de décider si Ton tenterait un assaut de vive force contre les deux forts (Brîche et Doublè-Couronne) , on devait attendre l'effet que produiraient les nouvelles batteries de siège, et voir notamment si elles réussiraient à éteindre le feu de Tarttilerie ennemie et à ouvrir de larges brèches prati" cables... mais on demandait, dans tous les cas, Touverture d'une deuxième parallèle à 800 mètres des forts... » (On n*en était encore qu*à la première parallèle «..)

f Le projet ne se dissimulait pas, continue le récit allemand, que Touverture de la deuxième parallèle à bonne portée des obus et des balles des chassepots coûterait des pertes considérables « . . Lors même qu'on n'aurait pas reculé devant ces sacrifices, il n'était pas certain que la prise des deux forts entraînerait la con« quête immédiate de Saint-Denis; on devait s'attendre à des combats acharnés et sanglants avant de pouvoir franchir sur un petit nombre de digues battues par le canon du fort de l'Est, le terrain inondé, qui sépare la ville de la fortification, et dans tous les cas, la ville, une fois abandonnée par les habitants, les maisons de In lisière extérieure mises en état de défense et les barricades multipliées pouvaient opposer de grands obstacles aux colonnes d'assaut, si la prarnison se montrait énergique* . . Enfin, dans l'hypothèse même de la prise do la ville, il restait toujours douteux qu'on réussît à construire et à conserver des batteries de bombardement contre Paris dans des positions battues à gauche par le fort do l'Est à 4,200 et 4,500 mètres, à droite par les batteries dominantes de Saint-Ouen à 2,400 mètres, et en face par les fronts Nord de l'enceihte (jui s'étendent en ligne droite sur une longueur do 4,500 mètres, et qui sufTisaient, à eux seuls, pour éteindre le feu du petit

Sainl-I>«nis.

nombre de pièces que Ton possédait. » {Opérations du génie allemand.)

La ville même de Saint-Denis eut beaucoup à souffrir. . • De môme qu*à Strasbourg, la cathédrale de Saint-Denis, la basilique de la vieille Monarchie Française, semblait être le point de mire des batteries allemandes... Les coups sur la ville se succédaient de minute en minute; la mairie et le quartier général furent couverts d'obus... La nuit, les Allemands arrivaient avec des batteries volantes assez près des remparts et tiraient des bordées ; mais toujours repoussées, ces vaines attaques n'aboutirent à aucun résultat.

L'amiral de La Roncière , dont Te quartier général était à Saint-Denis, ne cessait de se multiplier devant le danger; « raffermissant les chancelants et réduisant i leur juste valeur les exagérations trop facilement ao^ cueillies par la population t^ivile, jusqu'aux derniers jours il résista fermement au milieu des plus grandes appréhensions et des plus sérieux périls. » Le 26, Tamiral résumait ainsi la situation : « Le tir sur la Briche et la Double-Couronne augff mente de violence : le Briche souffre beaucoup dans son matériel : trois cents travailleurs y réparent la nuit les dégâts du jour. La Double-Ciouronne est moins abîmée, mais TinsufTisance des abris rend le séjour plus dangereux. . . la glace des fossés est souvent projetée en mitraille sur toute la fortification. . . Un service très-pénible est de casser la glace dans les fossés. Il est nécessaire sur les rigoles de la Briche et du Crould, sans cela on pourrait les enlever... Les marins seuls peuvent faire ce service : les ouvriers civils refusent de travailler si près du feu . . . Sur toutes les défenses de Saint-Denis, chacun fait noblement son devoir. . . »

DËFENSË DE FAUIS. 257

En résumé, il n*y avait que le fort de la Briche qui pouvait donner des inquiétudes . . . mais non de véritablement sérieuses, car Tennemi, ainsi qu'il le dit luimême, n'était nullement en mesure de donner l'assaut.

Au moment de la capitulation, l'attaque dô Saint-Denis, quoique plus menaçante que celle du Sud et de l'Est surtout, était donc loin d'être aussi avancée qu'on le croyait généralement. • . Les pertes en hommes étaient également relativement faibles, ainsi qu'on peut le voir par le tableau suivant :

Moyenne des pertes journalières pour la défense du Nord :

Drancy. ... 5 hommes.

Aubervilliers. . 2

Fert de l'Est. . 6

Double-Couronne 10

La Briche . . 6

Total . . . 29 hommes tués ou blessés

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