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Pièoot relatîTes i la oonféranoe de Londres et an Toyige piejeté
de M. Jnlee Favre.
Nons avons dit dans le conrant du récit de la conférence de Londres que les journaux démagogiques combattaient le projet d'envoyer M. Jules Favre en Angleterre.
En voici les preuves : '
Béveil du 14 janvier. — La France a pour ennemis tous les rois, toutes les aristocraties. Elle se suiciderait en leur demandant un secours dont elle n'a pas besoin, car elle possède tout ce qu'il lui faut, non-seulement pour se dégager de l'étreinte de Bismark, mais pour attirer à la démocratie tous les peuples da continent européen.
Nous protestons donc au nom de la dignité de la France, an nom de l'idée républicaiDe, contre toute participation du Gouvernement au congrès de Londres. Nous repoussons toute idée d'armistice et de paix, nous voulons la guerre à outrance, It résistance jusqu'au dernier homme et au dernier morceau de pain... La République française traitera quand elle sera victorieuse; avant jamais. • . etc.
Le Rappel du 14 janvier. ~ . . • Qu'est-ce que la République française irait faire à Londres? Conférencer? Et pourquoi?.... Pourquoi la France serait -elle représentée dans co congrès?».. Nous nous en moquons bien du congrès I Hommes d'Etat, n'avez-vous point fait cette réflexion bien simple : Si la France est vaincue, l'Europe obéira aux ordres de la Prusse, malgré le congrès. Si la France est victorieuse, TEurope obéira à la France, malgré le congrès... Et puis vous consentiriei a entrer par la porte entre-bftillée ? Vous introduiriez la République française dans la salle des conférences par le «couloir des artistes»? Vous lui feriez monter l'escalier de service? Elle viendra là comme une intrue... On lui donnera un tabouret. On la reléguera dans un coin. . ., etc. — Edouard Logkrot.
Le Rappel du 15 janvier. — ... En allant à Londres, ce que vous représenteriez, ce serait la France vaincue; tandis qu'en
DÉPENSE DE PARÏS. 399
restant à Paris, ce que vous ôtes, c'est la Révolution victorieuse. Et cela est si vrai, que la France, présente , ne peut rien à la conférence et que la conférence ne peut rien la France absente.
La France, en effet, est une puissance morale encore plus qu'une puissance matérielle, etc.. Si bien qu'il vient de lui arriver, pour la seconde fois en ce siècle, de subir un échec im^ mense qui s'est trouvé être pour elle un immense progrès : Sedan, après Waterloo, a été le désastre de ses bataillons et la victoire de ses idées ... La Prusse lui a fait 80,000 soldats pri* souniers, mais le 4 Septembre lui a délivré trente-huit millions 4e citoyens... Et puisqu'elle combattait contre elle-même, comment peut-on dire qu'elle a été vaincue !
A la table de ce congrès des représentants des rois, laissez vide la place de la République ; elle aura beau ne pas y être, elle leur apparaîtra et ils la a reconnaîtront >, soyez tranquille, comme Macbeth reconnaît Banquo...
Nous croyons, nous affirmons, môme dans cette crise extrême et terrible, que la France sortira triomphante de l'épreuve. Mais, que cet immanquable avenir soit lointain ou proche , il n'y a aujourd'hui que cette parole à envoyer aux représentants de la vieille Europe : Victorieuse, elle vous domine; vaincue, elle vous ignore. — Paul Meuricb.
Rappel da 16 janvier. — La bienveillance de l'Europe. — # . . M. Jules Favre s'appuie sur ce qu'il appelle «les dispositions bienveillantes» des puissances neutres vis-à-vis de la France... Il paraît qu'aujourd'hui cette bienveillance nous est enfin accordée, mais ce n'est pas, hélas 1 sans que nous l'ayons sollicitée, et si nous sommes exaucés sur ce point, c'est bien notre faute.
Au lieu de voir nos hommes d'Etat puiser dans nos malheurs mêmes les inspirations d'une indomptable arrogance, nous les voyons transiger timidement avec les puissances, tendre humblement la main. . .
Pendant quatre mois l'Europe a fait la sourde oreille... C'est que nous étions vaincus... Aujourd'hui TEurope change de ton... Que s'est-il donc passé? Elle a cru s'apercevoir que nous n'avions plus contre nous le sort des armes... Chanzy a battu Frédéric-Charles, Faidherbe a battu Manteuffel, Cremer a battu Werder . . . C'est aussi simple que cela.
Eh bien ! non , nous n'acceptons ni cette situation , ni cette bienveillance. . . Nous répudions avec indignation et mépris l'intervention de l'Europe... et son infâme bienveillance.. •«
L'Europe monarchique n'existe plus pour nous.. . Nous sommes la grande Republique universelle. . . devant laquelle les rois doivent trembler... etc. — Charles Hugo.
UAmi de la France^ du 16 janvier, donne la statistique suivante :
Voici les principaux journaux politiques qui se prononcent en sens opposé sur cette grave question de notre participation à la conférence :
Contre : Avenir national. — Siècle. — Opinion natioDak- -• Constitutionnel. — Gazette de France. — France. — Univers,
Ajoutons : Réveil, — Rappel. — Combat, etc.
Pour: Débats. — Temps, — Journal de Paris. — Mooileur, — Soir. — Français. — Patrie, — Vérité.
UAmi de la France emprunte à M. Pessard (du Soir) des réflexions fort justes a ce sujet : a Quoi I TEurope qui nous raillait, l'Europe qui nous donnait le coup de pied de l'âne, s aperçoit tout à coup que notre présence est nécessaire à Londres. Elle devient gracieuse, elle nous salue, elle nous reconnaît, elle nous invite, et nous hésitons, sous le prétexte vraiment inouï qu'il tombe des obus à Paris. »
Le Club de l'École de médecine avait voté une protestation, dans laquelle il était dit que la maison de Jules Favrc était rasée s'il quittait Paris. (V . Combat du 22 janvier.)
Rapport du Contre-Amiral Saisset.
Port de Noisy, jeudi 6 octobre 1870.
Amiral,
Le moment me paraît venu de vous rendre compte de 'notre situation actuelle devant Fennemi, en jetant un regard en arrière pour dire ce qu'elle était, ce qu'elle est devenue, ce qu'elle sera.
Lorsque, conformément à vos ordres, nos marins sont venus prendre possession des forts de RomainvUle, de Noisy, de Rosny et des redoutes de Montreuil et de la Boissière, il y a aujourd'hui cinquante jours, les forts étaient en mauvais état, non armés, les redoutes en ruines.
Il n'y avait aucune sécurité dans les approches des uns et des autres. Des attaques à main armée avaient lieu, la nuit, jusque sur les glacis des forts ; on n'était fermé nulle part.
Tout était à faire pour une défense sérieuse et, le 26 août, j'estimais qu'un ennemi audacieux pourrait nous surprendre et nous enlever sans coup férir.
Telle était notre situation.
Nos marins, en fournissant dix heures de travail par jour, et en courant la grande bordée la nuit pour bien se garder, renforcés plus tard par l'infanterie de marine, accomplirent, sous l'habile direction de MM. les officiers du génie, et sous celle des officiers de vaisseau, toujours si fidèles au devoir, tous les travaux d'urgence complémentaires, puis de détail, ordonnés pour assurer une défense sérieuse et efficace, relier les redoutes aux forts, enfin, relier complètement par des tranchées et chemins couverts, des caponnières et demi-caponnières tous les fronts de ÎEsi et leurs ailes.
En même temps, exerçant une active surveillance, par un tir précis et sans fréquence pour, selon les ordres, ménager les munitions, nous avons eu le soin de maintenir l'ennemi faisant ses cheminements d'investissement , entre quatre mille et six mille mètres, l'empêchant toujours de s'établir à Avron, Villemonhle ^ Bondy , Bobigny , Petit- Drancy et d'y faire des ouvrages.
Neuf compagnies de ligne de renfort nous permirent d'occuper, d'une manière permanente, la lunette de Noisy, les redoutes de Montreuil et de la Boissière, et de fermer ainsi complètement la ligne des trois forts.
ifft DÉt^ENSÈ DE l^AltiS:
Elnsoite Tenvoi des mobiles du Nord que nous plaçâmes en potence du château de Montreau vers le plateau de rÉpiae, où ils pratiquèrent des tranchées et s'établirent de manière à rendre bien difficile, âinon ittiposSible,' totit mouvement toorflant; puis, établissant un cheminement en échiquier de quatre mètres de large à travers les murs âè pêchers def Montreuil, directement de la redoute de la Boissière au plateau de la Capâulèrié, nous nous mtines en mesure de pouvoir rapidement porter une notable portion des compagnies de ligne, sor un des pointe en anière de la hgite des mobiles du Nord, comme tenfort.
Dans le cours de ces derniers travaux, des corps francs nous fttrent saccessivement adjointe : les éclairetirs de la Seine, les francs-tireurs dès Liias; pois la défense dn plateau de Tiimont fort confiée au colonel Reille, plaeé à la tète dès inobileâ da Taro, de la Drôme et de vingt-cinq spcthis; et à notre aile gauche, les ouvrages de Pantin furent occupés par les mobUes du Finistère avec un bataillon des Gôtes-duNord an village de Pantin.
Pat les ordres du général Tripier, une ligne de tranchées avec cheminements vers la voie stratégique , reliant le fort de Rosny avec la redoute de Fontenay, et cette dernière an fort de Nogent, fut tracée et son exécution est eu voie d'achèvement.
Enfin, l'occupation par de nouvelles compagnies de la ligne, depuis six jours, du village barricadé de NOgent-sur-Mame; rend toute tentative de l'eiinemi ; poùt jeter un pont sur la Marne et effectuer une attaque de vive force par Nogent-sur-Marne, bien périlleuse pour lui ; toutes les dispositions prises par l'autorité supérieure me paraissent aussi habiles 4n6 complètes.
Tout en travaillant, nous fions sommes occupés de l'instraetioD de nos marins, de celle des soldats d'infanterie de marine^ et nous avons porté nos soins sur celle des mobiles du Nord qoi ont toutes nos sympathies, en mettent des instructeurs à leuf disposition, en les pressant de s'exërder ; puis nos tirs à la cible faits en plaine , à trois balles par homme, nous avons procédé à des exercices devant l'ennemi,* pour aguerrir efaacun et nous rendre bien prête à remplir toute mission.
Au l** octobre, dans mon appréciation particulière, l'ennemi n'avait plus à songer à entreprendre quoi que ce soit contre noos, du canal de TOurcq, près des ouvrages de Pantin, à la route n''144, près dé Nogent^sur-Marne. Nous avons pu remarquer, depoifl cette époque, que les mouvements des troupes effectués si fré* quemment en septembre , n'avaient plue lieu et je reste assoré que la ligne de circonvallation qui nous investit d'ailleurs entièrement an moyen d'une tranchée appuyée snr elnq redoutes on fortifications passagères ayant pour base roecopattoA du Bour^
DÉFENSE OB PAfilS. 406
da BlaÉC'MesaiJ, Groslaj^ Tancien ptkrc du Rttincj (k mi^hanteur de la forêt de Bondy)^ ne contient pas aujourd'hui plus de cinq mille hommes d'infanterie, un régiment de uhlans et trente pièces d'artillerie.
Dans tout ce parcours, depuis quinze jours, nous n'avons jamais vu plus d'un bataillon ennemi faisant l'exercice, plus d'un escadron de cavalerie et plus de douze pièces attelées également à l'exercice dans le bas du Blanc-Mesnil. En outre, en fin septembre chaque jour nous pouvions compter le nombre de voitures composant des convois de vivres ou munitions qui de dirigeaient de ce dernier point vers Bonneuil et Garches. Pour nous, la concentration s'est opérée dans cette direction, ce fait ne se reproduisant plus.
Telle est devenue notre situation, un simple investissement.
Au 6 octobre , par les travaux exécutés au fort de Hosny, au fort de Nogent, le campement des mobiles du Nord dans une position presque perpendiculaire à cette direction, et en aiTière du fort de Rosny, doit être déplacé. Je me propose de le porter en avant, toujours sous le feu du fort, mais faisant face vers Avron au lieu de faire face vers Fontenay- sous-Bois et en se rapprochant du chemi|i de fer de Mulhouse. L'occupation du village de Romainville par les éclaireurs à pied et à cheval de la Seine, en arrière de notre voie stratégique, a trop d'inbonvénients. Leur voisinage facilitait des actes d'indiscipline à la répression desquels je me suis appliqué sans y réussir comme je l'aurais voulu. Je me propose de les porter en avant en vous adressant on rapport spécial à cet égard que je vous demanderai de vouloir bien placer sous les yeux du gouverneur de Paris.
J'estime qu'en arrière de la voie stratégique, il h'y à plus Heu de tolérer de corps francs d'aucune espèce. Ils doivent ôtre, sans exception, aux avant-postes, en avant de nos lignes. Leurs habitudes de pillage , leur facilité à faire usage du revolver; leur indiscipline vis-à-vis de leurs chefs^ rendent leur contact avec les troupes régulières trop dangereux. Ils se battent d'ailleurs bravement, ils ont la ration, nous leur donnons des munitions; leur place est au feu.
Nos travaux sont donc aujourd'hui à peu près complètement terminés; l'instruction des marins et des soldats d'infanterie de marine est bonne ; les tirs à la cible ont été faits ; tout nous invite à drriver à une nouvelle action , afin de ne pas laisser l'indiscipline et la démoralisation progresser par l'inaction.
Je vous ai demandé et vous avez bien voulu m'autoriser à entrer dans cette voie. Ce ne serait pas répondre à votre confiance et à votre bienveillant appui, si je tentais des actes im|>ru-
Ouvrages de Pantin.
Fort de Romainville
Redoute de Noisy.
l'ort de Noisy.
dents, ou si j'arrivais à des agissements qui paissent aller à rencontre des instinictions du Gouverneur de Paris.
Je vous prie, Amiral; de vouloir bien prendre la carte de M. Bouquet de la Grye, intitulée : Farts de Romainville, Noisy, Bosny, et je vais suivre avec vous le détail de toutes les mesures que j'ai cru devoir ordonner pour sortir d*une inaction trop complète, et permettre aux cultivateurs et maraîchers de pouvoir reprendre f sous notre protection y en avant de nos fronts ^ leurs travaux de culture.
Les mobiles qui occupent ces ouvrages sont très-bien commandés; ils font des pointes sur Bobigny , d'autres fois sur Bondy ; ils assurent parfaitement notre extrême gauche.
J'ai fait sortir de leurs anciennes positions, dans l'avancée de ce fort, deux compagnies d'infanterie de marine, qui campent actuellement à 1,500 mètres en avant de ce fort, sous tentes-abri. Ces deux compagnies fournissent chaque jour au génie militaire deux cents travailleurs, qui sont employés, sous sa direction, à établir des tranchées le long du canal de l'Ourcq, au pont du canal, sur la route de Bobigny, jusqu'au Moulin Brûlé de la Folie ; puis, sur le parcours de la voie ferrée de Strasbourg, jusqu'au chemin de Noisy-le-Sec à la voie ferrée.
Les soldats non employés aux travaux apprennent la garde des tranchées, le service des avan^postes, des éclaireurs ; les habitudes à suivre pour se défiler, bien se garder, rester masqués dans les plis de terrain. On se sait a 1,800 mètres de l'ennemi, on s'habitue à veiller.
A quatre heures, les travaux cessent ; on se replie militairement, et les deux compagnies se replient à leur campement, placé sous le feu du fort de Romainville, dans un rayon d'action trèsr effective.
Il y a donc sûreté complète, exercice excellent, en dehors des repas, on est toute la journée sous les armes ou au travail.
La compagnie de ligne qui l'occupe garde sa position, s'exerçanty les travaux étant terminés. Elle a autour d'elle, à droite et à gauche, et surtout en arrière, les éclaireurs à pied et à cbeval de la Seine, les francs-tireurs de la Seine, et les francs-tireurs des Lilas. Qes corps francs n'ont jamais travaillé à nos ouvrages, c'eût été chose difficile à les y amener. Leur devise me paraît être combattre et boire'; leur moralité, vivre en pillant II y a là engorgement. Dans un rapport spécial, je vous demanderai à porter tous ces reîtres en avant de la ligne du canal de rOurcq et du chemin de fer de Strasbourg à Bobigny et à Bondy. L^urs rangs s'y éclairciront au bénéfice de la société.
J'ai porté sous tentes-abri, avec défense de loger dans le vil-
lage de Noisy-le-Sec, à 1,500 métros en avant du fort de Noisy, deux compagnies d'infanterie de marine. Elles sortent de leur campement tout le jour, et vont aux travaux de tranchées, en arrière de la voie ferrée de Strasbourg, de la station de Noisyle-Sec à la station de Bondy. Elles pratiquent, sous la direction du génie, un ouvrage dèfensif du passage à niveau de la station de Bondy, et reprennent à quatre heures le chemin de leur campement.
Les deux compagnies de ligne, qui étaient campées en arrière itedoates. des redoutes, faute d'espace dans Tintérieur des redoutes, sont venues établir leurs bivouacs, dans la plaine, à droite du Merlan, sur la route qui va de Noisy-le-Sec à Rosny.
Elles sont occupées dans le jour aux travaux de. tranchées que le génie fait faire, de la station de Bondy au ruisseau desséché du Moleret, en arrière, à petite distance de la voie fondée de Strasbourg, avec occupation du littoral de la voie.
Dégà, hier, sous la protection de ces deux compagnies, tous les cultivateurs sont venus à leurs champs, y ont travaillé, et une quinzaine de voitures sont venues charger, en toute sécurité , leurs récoltes de pommes de terre et de légumes de toute sorte.
Aujourd'hui , 6 octobre , deux compagnies du fort de Rosny Pori
vont camper sous les feux du fort, à 1,590 mètres en avant. Elles **® Rosny. travailleront, à compter de demain, 7, aux tranchées, en arrière de la voie ferrée de Strasbourg, du Moleret au pont sauté du chemin de fer, sur un parcours de 600 mètres.
La carte n'est plus exacte aujourd'hui ; les défrichements de l'autre côté de la voie vont à 700 mètres; il n'y a pas de surprise possible. La profondeur de la tranchée de la voie empêche l'ennemi de s'aventurer dans les bois du parc situés de ce côté ; en outre; un mur en fait le tour et borde la voie en ne laissant qu'un chemin de ronde entre lui et là voie.
J'ai prescrit que chaque jour un bataillon de mobiles du Nord vienne occuper le vieux chftteau, dont les caves sont enfin vides ; le parc et les bois entourés de murs dont la portion extérieure, du côté de Villemomble, sera crénelée par les hommes de ce bataillon. Le nouveau campement de la mobile, en facilitant le prompt envoi de renforts sur la route de Villemomble, complétera toute sécurité.
Les nombreux champs de culture situés depuis le mur du parc jusqu'au Moleret, en arrière de la voie ferrée, feraient regretter de laisser les dispositions arrêtées incomplètes dans leur exécution. L'étude la plus attentive des localités me confirme dans cette pensée, que l'ennemi n'a jamais osé dépasser la bonne position de la maison à toits gris, poussant ses factionnaires jus-
qu'à la station de Villemomble, du chemin de fer de Strasbourg, à plus de 1,000 mètres du mur du parc, et de Fautre c6té de la voie ferrée. Il ne peut venir à nous/ de jour, sans se découvrir, et, la nuit, nous n'y sommes plus.
Tout ce que la prudence justifie, joint au désir bien décidé de ne jamais produire d*à-coup, môme exceptionnel, a été calculé pour être utile aux paysans des localités, sans s'exposer aux agressions de Tennemi, toujours maintenu entre 4,000 et 6,000 mètres de nous. ,
Notre œuvre a, jusqu'ici, porté très-haut^ dans TespriJ de chacun, le savoir-faire et rhabileté executive de nos marins. Nous n'y faillirons pas.
4*arrive maintenax^t, Amira|, h 1^ dernière des parties i^ If çituation dp notre objectif, ce qu'elle spm.
Je n'en dirai que quelques mpts. L'étude des actiops de l'enpen^i nous a laissé voir : qu'il est lent et réfléchi dans ses résolutions, actif dans leur exécution ; qu'il n'avance que par le cheminement, qu'il ne tente de frapper que quand il a fait tout e» qu'il, fallait faire pour éviter nos atteintes pi^p-ijant qu'il frappe et apr/^s qu'il ^ frappé; qu'il ne fait rien à découvert; enfin, s'il engage quelque action, ce n^es^ jamais qu'avec de bons tireurs retranchés, f^isaut prompteme^t sjuccédep l'artillerie à grande distance au jeu de sa mousqueterie, et qu'en résumé» on ne peut que perdre du monde sans fruit en m^rcb^n^ au combat selon nos règlements et notre caractère loyal et guerrier.
A la taciiqpie de l'ennemi , il faut opposer la patience et le cbeminement; remplacer son invisibilité par des surprises de puit faciles à réaliser, après étude minutieuse de sa position pendant le jour, avec la longue-vue, dont il faut que chacun sache se servir. Tuer et ne pas être tué, voilà le secret de la stratégie actuelle. ^
S'il s'agit de prendre ou d'oecuper des positions, ce n'est que par le cbeminement qu'il faut le tenter; puis, arrivé à la distance favorable, se servir de tireurs exercés, ensuite de l'artillerie et rien que de l'artillerie, de manière à écraser l'occupant de la position. Cette situation d'esprit, qui m'est propre, vous démontre, Amiral, que toute action de ma pai*t, quand vous m'y autoriserez , sera lente, mais sûre ; qu'aucune imprudence ne sera tentée : détruire l'ennemi en détail, par le cheminement, l'embuscade, la torpille, la surprise de nuit, tel est l'ensemble des mesures que je vous proposerai.
Si tout ce que vous avez bien voulu approuver jusqu'à ce jour a été mené à bien, sans la perte d'un seul homme, avec
0ÉFSNSB Dfi PARIS. W
seuIeipeDi quelques blessés, paratt mériter dîéire pris ep eopsi* dératios, je yoas demanderai d-étre autorisé à le eontiauer.
Le parcours de la voie stratégique est hors de toute atteinte.
La ligne de nos forts est hors de toute attaque.
La voie ferrée de Strasbourg, sur le parcours de la ligne de nos forts, va devenir un obstacle sérieux, difficile a franchir pour Vennemi.
Sous notre protection , nos cultivateurs trouvant notre offensive limitée , succédant à la défensive , favorable à leurs travaux, reprennent confiance, et vont à leurs cultures.
Il faut continuer notre e^Lpapsion à l'extérieur par des cfiemi- Déments substitués à des action^ directes, qui pourraient aliéner des pertes inutiles pour pops, Sjans profits appréciables.
Cheminer en avant ^ pour faire reculer encore Tennemi, puis le harceler nécessairement de nuit, pour le détruire en détail, voilà ce que je vous demande.
IjC succès certain, telle sera notre situation.
^p suis avec ux^ profond ^especf,
▲mirai, Votre trés-humble et obéissant serviteur,
Signé : Sâissbt.
Extrait des dépoaitionB À^rwai la Gommli don d^'anqnéfta, sur les actes du fionrtmameiit 46 la DéliBiisi^ aationale.
M. le général Schmitz. ~ Avant de parler fiu ^9 in^JC^ t j/9 demanderai à MM. les membres de la Commission )^n pei^ de bienveillance, et je vais leur faire .compren.dre pourquoi je f^9 cet appel. Vous n'ignorez pas que j'ai été l'objet des attaques les pias vives, les plus grossières, les plus injurieuses ei les plus abominables, de la part de beaucoup de gens, attaques au^quelle? je n'ai jamais répondu , et que j'ai complètement méprisées. Mais il y a des faits à propos desqpiels mon honneur est presque touché. Il s'agit de la soi-disant affaire de .Ghfttiflon. ^e fiei^ande à la Commission, puisque ces documents doivent être «publiés, de rétablir brièvement devant elle la réalité des faits, et de ffie dis-
• culper, je ne dirai pas des injures, mais des accusations qui ont été portées à cette époque-là contre moi, accusations qui ont trouvé de récho chez des personnes considérables.
M. le PRBsroENT. — Vous n*êtes pas en cause devant la Commission ; nous ne vous interrogeons pas sur les accusations dont vous parlez ; elles ne sont pas venues jusqu*à nous. Cependant, si vous le désirez...
M. le général Schmitz. — Eh bien; Messieurs, dans les derniers moments du siège, avant les affaires du mois de janvier, il y avait dans Tannée des dissentiments profonds sur la question de savoir ce qu'on devait faire. Il y avait deux partis extrêmement prononces, l'un qui voulait continuer la résistance, et l'autre qui prétendait et disait, peut-être avec juste raison, que les troupes étaient extrêmement fatiguées, que les chefs ne pouvaient plus en tirer ce qu'ils devaient en attendre, et qu'il fallait se borner aux efforts faits dans les derniers temps.
Le général Trochu ne partageait pas cette opinion. Il résolut de faire ce qu'il appelait un dernier effort. Ce dernier effort avait d'abord été étudié sur un certain point ; il devait être dirigé sur Ghfttillon. On devait donner le commandement au général Vinoy, et attaquer Ghfttillon, à droite, par la vallée de Bicvre, à gauche, par Bagneux, et battre ce village de front en même temps, avec l'aide des forts d'Issy, de Vanves et de Montrouge.
Cette affaire avait été résolue entre le général Vinoy et le général Trochu. J'assistai à ce petit conseil, où il fut convenu qu'on mettrait à la disposition du général Vinoy telles ou telles troupes. Le général Vinoy fit venir les officiers généraux qui devaient concourir à l'opération. Parmi eux, se trouvait le général de Maussion qui déclara qu'il ne croyait pas qu'on pût engager les troupes dans une opération comme celle-là, qu'elles seraient écharpées, abîmées, et qu'il ne voulait pas du tout y conduire son corps d'armée. Le général Vinoy vint trouver le général Trochu, et lui exposa sa position vis-à-vis des instruments qu'it allait avoir à sa disposition.
Le lendemain, le général Trochu réunit tous les officiers généraux au nombre de 28 dans son cabinet. L'affaire de Châtillon n'a donc jamais été qu'à l'état de projet, d'embryon, contrairement à ce qu'on a prétendu d'une manière extrêmement calomnieuse dans certains journaux, et voici ce qui l'a fait avorter. Le 28, ces messieurs se réunirent chez le général Trochu. On était arrivé à la dernière période du siège, il y avait un suprême effort à tenter, et le général leur parla en termes vifs pour en faire comprendre la nécessité.
Le général de Maussion se leva, et dit : « Quant à moi, je
considère que l'opération est mauvaise, et je ne voudrais pas en encourir la responsabilité. » Le général Berthaut dit que, quant à lui, il aimerait mieux une autre opération, par exemple une attaque dirigée sur le plateau de la Bergerie. Moi, qui avais toujours été contraire à l'opération de Ghfttillon, du moment où je vis qu'elle allait couler, je lui donnai le dernier coup en prenant la parole devant tous ces messieurs ; je leur dis que Tesprit de l'armée n'était plus à la résistance, que cependant la résistance n*était pas absolument impossible, que ce n'était pas après avoir armé comme on l'avait fait la garde nationale, après avoir dé* pensé des millions pour organiser des bataillons de volontaires, cpi'il fallait dire à ces gens-là qui voulaient défendre leur ville : Nous n'avons pas besoin de vous ; que par conséquent il fallait faire un effort considérable ; — qu'il ne s'agissait pas là d'opinion publique, mais d'un sentiment grandement respectable, et qu'il fallait permettre à des individus qui avaient été bombardés, qui allaient être fusillés peut-être par les Prussiens, de défendre euxmêmes leurs foyers et de concourir avec la troupe à cette défense.
Profitant de ce que je voyais l'auditoire assez ébranlé, et inclinant de mon côté, je développai le projet d'abandonner l'attaque sur Chàtillon, et d'attaquer le plateau de la Bergerie. Je fis ressortir qu'on n'avait pas là de chances do désastres comme à Châtillon, et que cet effort, quelque considérable qu'il fût, ne nous amènerait pas à une situation trop mauvaise; que, d'autre part, la situation de la Bergerie dominait celle de Versailles, et qu'on pouvait peut-être enlever cette dernière position par un effort désespéré. Sur vingt-huit officiers généraux, vingt-sept furent de mon opinion, et l'attaque sur le plateau de la Bergerie fut décidée. Si je vous ai donné ces détails, c'est afin qu'il soit bien entendu que jamais l'attaque de Ghfttillon n'a été décidée dans un conseil de guerre ; elle avait été présentée par le général Vinoy, et elle eût peut-être eu lieu, si le général de Maussion ne se fût refusé à y concourir. J'y avais toujours été opposé , malgré les instances du général Chabaud-Latour.
Rapport à M. le général Dncrot.
Besançon, le 16 avril 1877.
Mon Général,
Je viens de faire appel à mes souvenirs , et, ainsi que vous me le deipandez, j'ai l'honneur de vous adresser Je résumé de 1| conversation çpie l'ai çue, vers la fin du siège de Paris, lavec M. le géjièva\ Vinoy.
P'apfès la Ipttrp du gépéral Trochu , j'aqpaiç |}|i que f^s tmg^ ^Ofi^ mes ordres m pfiarcbçr^i^^i pqs; je t|e^s 4 cp que vpji^^jez parfai^Qpaent pdairé sur le Sf^ns ^& cette pbr&s^ q^ a M^ <^Bf' plétefjient dénaturé par I9 géi^r^ Tpochif .
Le 7 janvier, M. le général Vinoy me dt appelé^ à aon (piaitier général avec le général d'Ubexi, commandant Tartillerie, pour me faire part de l'opération projetée ^ur ChAlilloii et qai consistaii à s'emparer de la re4oute par une attaque de nuit.
La position de Ghfttillon, occupée par l'armée allemande depuis le mois de septembre et sérieusement fortifiée par elle, domine des pentes escarpées, qui sont vues elles-mêmes des plateaux de l'Hay et de Meudon, également occupés par l'ennemi ; de ce dernier côté, l'assiégeant serrait de fort prés le fort d'Issy, puisqu'il s'avançait jusqu'au Moulin-de-Pierre; il aurait pris de flanc nos colonnes et en aurait complètement empêché le déploiement.
ÏjO projet d'une attaque au grand jour contre la redoute de Chfttilton n'était donc pas réalisable ; aussi s'était-on proposé de la faire attaquer de nuit.
Les troupes devaiqn^ s'ébranler le lendemajn ^ ii h^urçg da soir.
Je me récriai aussitôt, car ^,0 ,at(^q^ç de j^)f^t es^ la j^jf)^/^^ attacpies.
Possible avec une troupe peu nombreuse et d*élite, elle devient impraticable avec de fortes colonnes. 11 s'agissait, on effet, do mettre en mouvement trois divisions d'infanterie et en outre un certain nombre de régiments de gardes nationaux.
Je m'appuyai pour prouver l'insanité de ce projet sur ce que j'ai vu en Crimée, où sur trois attaques sérieuses entreprises avec des troupes essentiellement d'élite (Monts Fedouohines, ouvrages blancs, cimetière), pas une seule n'a réussi. Tout le
monde sait, en effet, que pour quelq^ies hommes déterminés qui 86 portent en avant, le reste se perd ou s*embusque, fort heureux encore, si, tôt ou tard, pris de panique, il ne joint^pas son feu à celui de l'ennemi en tirant sur les camarades.
G*est ce que j'ai vu se passer dans toutes les attaques de nuit auxquelles j'ai assisté; aussi y suis-je, en principe, très-opposé, surtout lorsqu'il s'agit d'opérer sur une grande échelle.
Je terminai en disant que je n'acceptais pas la responsabilité d'une semblable opération, cpii, à mon avis et par toutes ces raisons, n'avait pas la moindre chance de succès, et ne pouvait qu'être fatale aux troupes de la défense.
M. le général Vinoy leva alors la séance et alla rendre compte de notre entretien au général Trochu.
Le lendemain, tous les généraux de l'armée de Paris étaient convoqués chez le gouverneur pour assister à un grand conseil de guerre présidé par lui.
Prenant la parole , M. le général Trochu exposa sommairement î^on plan d'attaque sur Ghâtillon, ajoutant que l'opération avait dû être ajournée à la suite de mon entretien de la veille avec )e gé* néral Vinoy, où je lai avais exprimé la crainte de n'être pas suivi des hommes que je commandais.
Je rarrôtai aussitôt en lui faisant observer qu'il dénaturait mes paroles ; je pris à témoin M. le général Vinoy pour rétablir la vérité, puis, maintenant énergiquement ce que j'avais dit et ce que je pensais sur l'opportunité d'une attaque de nuit, j'ajoutai que le point d'attaque me paraissait des plus défectueux.
Chacun des généraux fut appelé ^ émettre son avis, puis on procéda au vote à l'effet de savoir si une attaque devait ôlfp tentée sur la redoute de Ghâtillon.
K l'^^j^enimité le conseil 3e prononça confr^, et par up d^uxièm^ vot^, jl ^^<^^^ qu'ifne ten^tive devrai^ ét^e faite sur uq fLji^trq poipt.
Ce point restait à déterminer. M. le général Berthaut, dei^aijLdant la parole, émit l'avis d'une attaque sur le plateau 4e perches, qui, bien que fortejinent occupé j^&p l'ennemi, permettait aux troupes de la défense de se déployer lib^'emenf et de prononcer une attaque en règle sur toute la ligne.
Son avis fut partagé par tous les généraux présents, et il fut décidé qu'une attaque serait faite sur la position de Garches.
Je vous remercie, mon Général, d'avoir bien voulu, avant de publier la lettre de M. le général Trochu, m'en donner connaissance, me permettant ainsi de vous signaler les divers incidents
« de ces deux séances, et en môme temps de protester contre rin<
terprétation que M. le général Trochu a donnée à mes paroles. Veuillez agréer, mon Général, Vassurance de mes respects.
Signé : Général de Maussiotc.
Lettre de M. Cresson à M. le général Dncrot.
10 mars 1877.
Monsieur,
Je viens de parcourir le troisième volume de votre œuvre la Défense de Paris. J'y trouve mon nom, rencontré par vous, dans les procès verbaux du Gouvernement de la Défense Nationale qualifiés pièces justificatives, ou cités par extraits. Voulez-vous me permettre d'appeler votre attention sur la valeur véridique des renseignements que contiennent ces pièces ? Vous écrives Thistoire ; vous êtes un honnête homme, cherchant la vérité, et voulant la dire : vous ne vous étonnerez donc pas d'une observation nécessaire.
Les prétendus procès-verbaux sont des notes prises au courant de la plume, sans mandat, sans contrôle, au milieu des séances agitées des nuits, par l'un des secrétaires du Gouvernement Ils contiennent la vérité dans Tensemble, parfois, souvent dans les détails ; mais souvent aussi ils sont fatalement incomplets, inexacts, dénaturés. Vous savez qu'ils n'ont jamais été connus de ceax contre lesquels on les interroge. Gomment donc pourraient-ils devenir pour la gravité de l'histoire l'occasion d'un jugement? n sera certainement téméraire, s'il n'a pas trouvé d'autres vérification.
Je puis prendre l'un après l'autre ces procès-verbaux. J'affinne que presque tous contiennent des erreurs, des inexactitudes dans la rédaction de la phrase, dans la reproduction analysée de la pensée des interlocuteurs.
Ainsi, pour exemple, en ce qui me touche vous copies en la soulignant, la proposition faite le 10 janvier « de transférer le< prisonniers prussiens dans lbs prisons bombarobbs » ; ces neuf mots suffisent. Ils n'ont été, dans votre conviction, précédés d'aucune explication. L'homme qui a fait cette proposition est
jagé par vous qui ne savez ni la cause, ni les circonstances, ni la soite. Vous soupires avec une émotion indignée.
Pourquoi ne pas demander la vérité ? la voici : La grande Roquette était encombrée de prisonniers prussiens. L'état sanitairCy de nouvelles prises exigeaient leur déplacement ; cependant les prisons étaient partout pleines. I^ petite Roquette était visitée par moi et ne pouvait s^ajouter à la grande. Sainte-Pélagie était bombardée» ruinée en partie, évacuée ; la Santé recevait des obus en grand nombre ; il fallait transporter les détenus français quelque part, mais où ? et les prisonniers prussiens, où ?
Fallait-il un grand effort d'esprit pour comprendre que l'ennemi, averti directement ou indirectement du séjour des Prussiens à la Santé, détournerait son tir du quartier et surtout de la prison ? J'ai dit cela au Gouvernement. Je me suis expliqué complètement, mais le procès-verbal paresseux a cherché une forme brève, et il me fait par sa traduction de ma pensée, odieux et absurde.
Ma certitude sur l'effet de l'établissement. des prisonniers prussiens à la Santé, était telle que malgré le refus hésitant des généraux, du Gouvernement, j'ai engagé ma responsabilité et j*ai agi. Lisez ma dépêche reproduite par l'enquête parlementaire, vous verrez que j'ai envoyé à la Santé toutf les Prussiens et conduit à la Roquette tous les détenus parisiens. Le transport, fait la nuit, a eu, dès le jour, le meilleur résultat ; la Santé n'a plus reçu une seule bombe, et le quartier voisin a été plus épargné par le tir ennemi.
Vous le voyez. Monsieur, il est mal de faire juger un homme par une expression abrégée de sa pensée, ramassée ou découverte par un auditeur peu attentif, et trop souvent fatigué. Je vous affirme que l'historien digne de sa mission doit vérifier des documents de cette sorte.
Autre exemple. Les procès-verbaux résument à leur manière les faits énormes à propos desquels j'ai donné une première fois ma démission, le 15 novembre 1870, douze jours après ma nomination ; ils taisent aussi les raisons qui le 16 m'arrachaient le consentement à la reprendre.
L'enquête ne vous a-t-elie pas livré la lettre suivante écrite api-ès ma sortie de la chambre du conseil, après mon refus persistant d'y rentrer ? Elle est datée du 15 novembre 1870, minuit et demi.
c Mon cher Préfet,
c Le Gouvernement, instruit par vous du scandale causé par c la publication et l'exposition de caricatures qui blessent la c décence publique et sont l'apologie d'actes criminels» m'a
« chargé de vous donner l'ordre de les saisir en rertu des loiâ « sur l'état de siège qai permet d'interdire les publications danc gereuses. Cette saisie est d'ailleurs commandée par les règles « du droit commun, par le Gode pénal, et la loi de 1819.
c Le Gouvernement vous remercie, en cela comme dans les « autres parties de votre service, de vôtre vigilance et de votre c activité. Vous savez combien je suis heureux de vous trans- « inettre ce tétnoignage de sa confiance. |
c Agrées^ etc.
a Le ministre par intérim,
« Jiiles Favrib.v
dette lettre me donnait satisfaction ; elle est loin des prétendues explications fournies par le ministre. Mais elle-même n'a pas suffi : la confiance, l'avis, l'exemple du général Trochu(}ui n'avait point assisté à la séance et que je vis le matin, me décidèrent seuls à conserver des fonctions dont je n*ai connu que les charges, les chagrins et les dangers.
Je veux vous donner une dernière preuve nlatérielle choisie entre plusieurs, de l'inexactitude des procès-verbaux. Il ne s*agit pas d'un détail d'expression ; il s'agit d'une résolution» d'un vote du Gouvernement.
Aux pages 271 et 272 vous copiez: « J'ai demahdé le renvoi « devant le conseil de guerre des accusés du 31 octobre. » C'est vrai: le procès- verbal a raison.
Mais vous ajoutez que le Gouvernement a voté dans le sens de cette Ofiiinion. C'est faux, c'est une erreur^ une inexactitude des procès-verbaux. Ne savez-vous pas ce que tout le monde sait 1 la justice ordinaire a été dessaisie par l'autorité militaire, les conseils de guerre ont repris rin:struct&)n, les conseils de guerre ont jugé.
Voilà l'exemple de la vérité des procès-verbaux.
Je n'aime pas le bruit, la réclame du joumalisihe. Je n'adresse qu'à vous ces observations qui vous paraîtront légitiities et que je ne puis multiplier ici ; mais je devais le faire. Je le devais à Votre caractère, à la vérité et à ma dignité;
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance do ma considératidti trè$distinguée.
Signé: Cresson Âacleh Pirétéi éé policé.
DÉFENSE DE PARIS. 4i8
ltél»dnte du général Ductot à M. CréiàbH
42 fearèf ISlt.
Monsieur,
J'ai Thonneur aé vous accuser réception de votre lettre du 10 mare relative 8 là publication de mon troisième volume de la Défense de Paris, Il m'est impossible ae répondre en ce moment à vos observations, absorbé que je ^is par les travaux de la commission de classement, mais je le ferai avec Je plus grand soin, aiissitôt qiié je serai rendu à Bdurges : I)ès aujourd'bui je reconnais parfaitement avec vous que « si ces procès-verbaux « contiennent la vérité dans Tensemble, parfois dans les détails, I ils penvenl aussi être quelquefois incomplets, inexacts, dénac tarés. »
Mais , contraireiiiënt à votre avis, je pense qu'ils sont d'autant plus rapprochés de là Vérité qu'ils n'ont pas été revus et corrigés par les intéressés, tl'èst dans leur ensemble les véritables photographies, sans retouche,' de ces séances dans lesquelles se sont discutées les destinées de notre malheureux pays. *
La production de ces intéressants documents amenant tout naturellement des rectifications et les discussions qui en sont la conséquence, contribuent à faire connaître la vérité sur cette triste et intéressante période de notre histoire.
En ce qui touche les points que vous voulez bien me signaler, comme vous intéressant particulièrement, soyez certain que je m'empresserai de i'eproauire vos explications dans le quatrième volume dont la publication se fera prochainement ou dans une nbiivelle édition.
Èigaé : Général DiicnoT.
Dispositions préparatoires en vue de la bataille du l# ]iaiflêr.
Dès à présent, il sera mis à la disposition de M. le général Arrondisfiement ^^^^ • Mont-Valérien.
l*" Une batterie de 12 attelée» boH aTéo les àHelagea «yrfaAisés
Arrondissement
de GenneyiUiers.
Arrondissement
de
Saint-Denis.
Arrondissement d'Aoberrilliers.
Arrondissement
de
Noisy^le-Sec.
Arrondissement de Nogent.
Arrondissement de Créteil.
par M. Ducros, soit avec les chevaux de réqpiisition qui étaient employés a l'équipage de pont, et dont le général Gniod dispose aujourd'hui ;
2<* Une section de mitrailleuses prise dans rartUlerie de la 3* armée;
3® Quelques* pièces de 7, prises parmi les pièces douteuses que livre l'industrie journellement; les attelages et le personnel des mitrailleuses et des pièces de 12 seront cantonnés aux environs du rond-point des Bergères et du rond-point de Gourbevoie, où M. le général Noôl les aura sous la main.
Les pièces de 7 seront placées avec leurs munitions dans la redoute du Moulin-des-Gibets.
La veille du jour fixé pour la grande opération, huit bataillons de la garde nationale seront mis à la disposition de M. le général Noël :
Quatre bataillons cantonnés à Puteaux et à Suresnes, quatre bataillons aux environs du rond-point de Gourbevoie.
L'on devra transporter à Nanterre ou à Gourbevoie les bois nécessaires pour le rétablissement d'une passerelle sur le bras de la Seine entre la rive gauche et l'Ile du Ghiars, à hauteur de Ghatou.
La veille du jour fixé pour l'opération , le poste de la Folie, celui de Gharlebourg seront renforces chacun de deux bataillons de garde nationale.
Même date : quatre bataillons de garde nationale prendront position en face de l'île Saint-Denis, derrière le fort de la Briche.
Môme date : douze bataillons de garde nationale prendront position à Pantin.
Môme date : six bataillons de garde nationale prendront position à Noisy-le-Sec, six bataillons à Rosny.
Môme date : six bataillons de garde nationale prendront position à Fontenay-sous-Bois, six bataillons à Nogent.
Môme date : six bataillons de garde nationale prendront position à Maisons-Alfort, trois en anière de Gréteil, et trois dans la boucle de la Marne.