‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 72 sur 98 · DEUXIÈME ARMÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ARMÉE

Artillerie.

WW»^«A^

Ordre.

En exécution des ordres du Gouverneur de Paris, trois colonnes d'opérations ont été placées sous les ordres de M« le général

DÉFENSE DE PARIS. Ml

Vinoy à gauche, le général Bellemare au centre et le général Ducrot à droite.

Dans la colonne de gauche se trouve la division Gourty ; dans la colonne du centre, la division Bellemare ; dans la colonne de droite les divisions Susbielle, Berthaut et Faron. D'autres troupes seront adjointes à ces trois colonnes.

Chacune d'elles doit avoir dix batteries d'artillerie des calibres de 12, de 8, de 7 et des mitrailleuses. (Ci-joint le tableau de répartition de ces batteries.)

Les dix batteries attachées au corps Vinoy devront aller s'établir à Neuilly, près du pont, mercredi 18 courant, dans l'après-midi.

Les batteries attachées à la colonne du centre iront s'établir, ce même jour mercredi, au delà du pont de Neuilly, entre ce pont et le rond-point de Gourbevoie.

Les dix batteries destinées à la colonne de droite iront s'établir aujourd'hui 17, à Asnières et dans les environs, sur la rive gaache de la Seine.

Toutes ces troupes devront être alignées en vivres jusqu'au dimanche 22 inclus, et en avoine jusqu'au vendredi soir.

Toutes les batteries ci-dessus désignées devront partir avec leur complet en servants; les batteries de 7, de 8 et de 12 devront atteler deux lignes de caissons. Les chevaux nécessaires seront pris de préférence dans les batteries de 4.

Les colonels et lieutenants-colonels adjoints aux généraux commandant l'artillerie des colonnes n'ont pas de commandement spécial. Ils seront employés par les généraux suivant les besoins.

Les batteries attachées au service des batteries de position, et qui sont désignées pour partir, seront relevées par des batteries de 4.

Dans chaque corps d'armée et dans chaque service, l'officier le plus élevé en grade, ou à égalité de grade, l'officier le plus ancien, prendra le commandement des batteries restantes, sous les ordres de M. le colonel Lucet (rue de Paris, 85, à Pantin), qui exercera le commandement supérieur de l'artillerie.

Les batteries désignées pour faire partie des corps Vinoy et Bellemare se mettront immédiatement en relations avec MM. les généraux Princeteau et d'Ubexi pour recevoir leurs instructions.

Les Lilas, le 17 janvier 1871.

Le général commandent P artillerie de la £• armée ^

Signé : Frébault.

4i8 DÉFENSE DE PARIS.

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PORTCRBBSB

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MONT-VALÊRIEN.

,„ ht n février 1971

U GOBBUUldWt.

««««n««MMMM^

Mon Général,

Il n*a pas été conservé dans les archives de la forteresse copie des dépêches adressées au général Trochu pendant son séjour des 19 et SO janvier }87i ; ainsi il ne m'est pas possible de vous reproduire les termes du télégramme que, dès le matin, vous adressiez du Moulin-des-Gibets au Gouverneur; mais mes souvenirs, qui sont très-nets à ce sujet, me rappellent les faits tels qu'ils se sont passés; j*afllrme leur exactitude.

Le Gouverneui' arriva le 19 à sept heures du matin sur le plateau de la forteresse, au moment même où partait la troisième fusée, signal indiqué pour le commencement des opérationi. H venait à Tinstant de recevoir Tavis que les divisions du général Ducrot n'étaient point arrivées à leur point de concentration désigné. Gomme l'attaque devait commencer par la gauche sur Montretout, le Gouverneur ordonna sui^le-champ au commandant de Lemud de se rendre près du général Noël pour lui prescrire de différer son attaque jusqu*à un nouveau signal. Le commandant de Lemud fit le trajet avec une remarquable rapidité, mais n'arriva cependant pas à temps pour retarder le mouYemeiitft qiii M exécuté avec un très-vigoureux élan.

Veuillez agréer l'assurance des sentiments respectuenx avee lesquels j'ai l'honneur d'être, mon Général^ votre très-dévoué serviteur.

Le Ueutenêùt^olonel commandant là fojieresse du Mont'VûIérien ,

LocmfKR«

Rapport du général Dncrot snr les opérations de la colonne do droite à la bataille de BnzenTal.

OCFEISE de FARtS.

fiUt-mij^gènéral. «* i*«^'« *871.

Monsieur le Gouverneur,

En amendant les rapports détaillés de mes généraux de division, j'ai l'honneur de vous adresser un rapport sommaire sur les opérations exécutées dans la journée d'avant*hier par les troupes qui formaient la colonne de droite , sous mon oonunan« dément.

Conformément à vos ordres , ces troupes devaient être arrivées aux lieux de rendez - vous à 6 heures, et j'avais fait, à cet égard, les recommandations les plus expresses , prévoyant bien que le long espace à parcourir, le mauvais état des chemins, robscurité de la nuit et le nombre considérable de troupes de toutes armes à faire mouvoir en môme temps, sur un très-petit nombre de voies, ne pouvaient manq[uer d'amener de l'enoombrament, et, par suite, des à-ooups dans la marche. Malheureusement, ces incidents se sont produits dans des proportions en-* core plus considérables qu'il n'était permis de le supposer.

La division Susbielle, cantonnée à Saint-Ouen et Gllchy, c'està-dire à l'extrême droite de notre ordre de bataille; a été arrêtée pendant plusieurs heures au chemin de fèr d'Asnières par des trains amenant de Pantin et de Romain ville les troupes des divisions Gourty et Faron, trains qui se sont trouvés eux-mêmes fort en retard par des causes qui me sont encore inconnues.

La division Faron, qui devait marcher derrière la division Susbielle sur la rive gauche de la Seine , par l'unique voie praticable pendant la nuit, pour se rendre à Nanterre, la division Faron, dis-je, a subi les conséquences du retard de la division Susbielle.

La division Berthattt était partie d'Asnières de très-bonne heure et était venue se masser à 3 heures, sur le bas-côté droit de l'avenue de Neuilly à Courbevoie ; là, elle s'est trouvée arrêtée par un encombrement considérable occasionné par le croisement des colonnes d'infanterie du centre et des colonnes d'artillerie de

la colonne de gauche. Les commandants des brigades de Miribel et Bocher ont fait des efforts inouïs pour percer, et sont parvenus à faire passer, par petites fractions, la majeure partie de leurs troupes; mais il 6ta est résulté un morcellement tel que les régiments ne sont arrivés que successivement et à de grands intervalles près de la maison Crochard, fixée pour le lieu de lear rendez-vous. G*est à peine si à 10 heures, la formation de la brigade Miribel était terminée ; le 120" de la brigade Bocher, commençait à se former, mais le 119^ ne paraissait pas encore. Néanmoins, j'avais mis le temps à profit pour placer sur le plateau do la Maison brûlée, au-dessus de la Malmaison, et en avant de la maison Crochard, la majeure partie de mon artillerie qui avait pu devancer rinfanterie en faisant un long détour dans la plaine par Charlebourg et la Folie. A ce moment, l'ennemi occupait déjà en force la Malmaison, le ravin de Saint-Cueufa sur notre flanc droit, la maison du garde , la porte de Long- Boyau et les bois de la Jonchère sur notre front. Comme il était urgent cependant d'appuyer le mouvement du général de Bellemare qui était déjà très-en avant sur les crêtes à gauche du parc de Buzenval, j'ordonnai au général Berthaut de laisser le régiment de la Seine-Inférieure et le 8« régiment de la garde nationale pour maintenir l'ennemi sur la droite et faire avancer le colonel Miribel avec le régiment du Loiret pour tourner par la gauche la maison du garde et la porte du Long-Boyau.

En môme temps, le général Bocher se portait avec le lâO' en avant et vers la gauche, de manière à déborder tout à fait les positions de l'ennemi en se reliant avec la brigade Valentin qui formait la droite de la colonne iBellemare.

Le régiment du Loiret et le 120" ont exécuté leur mouvement avec une grande vigueur et dans un ordre parfait, et malgré la résistance très-vive de l'ennemi , le régiment du Loiret est parvenu à s'approcher à quelques pas de la maison du garde et du mur ouest du parc de Buzenval ; mais il lui a été impossible de débusquer l'ennemi de la maison du garde et du mur qui, sur toute sa longueur, était crénelé à deux étages. Le 120" s'est approché de la partie sud-ouest du même mur, mais lui aussi a été arrêté vers la partie de la crête qui fait face à la plaine de Garches, où l'ennemi était solidement établi derrière de larges tranchées et de nombreux abatis.

La situation était donc fort difficile, car, d'une part, nous avious l'ennemi en force sur notre flanc droit, sur notre front, et mémo, en un point, sur nos derrières.

A plusieurs reprises , celte situation difficile a amené du trouble et même quelques reculades parmi nos troupes. Il a fallu, pour

maintenir la position, faire entrer en ligne successivement la totalité des troupes de la division Berthaut et la majeure partie dos troupes de la division Faron.

De son côté, la division Susbiello, malgré le tir des nombreuses batteries ennemies qui, vers la fin de la journée, étaient venues prendre position sur les hauteurs de Garrières-Saint-Denis et de Chatou , et faisaient converger leurs feux sur notre droite, maintenait l'ennemi en avant de Rueil et le refoulait dans le parc de la Malmaison et dans le ravin qui descend de Saint- Cucufa.

En résumé , à la fin de la journée, au moment où la nuit se faisait complètement , nous tenions toujours la partie ouest du parc de Buzenval et les crêtes eu face du plateau de Garches; Tennemi n'avait pu nous faire céder un pouce du terrain conquis, nos blessés et nos morts avaient été enlevés et nous étions en mesure de passer la nuit dans cette situation ; mais il est évident qu'au jour elle serait devenue fort critique , car, pendant toute la journée le commandant Faverot* qui, avec deux escadrons et quelques pièces légères, avait observé les bords de la Seine d'Argenteuil à Ghatou , le commandant Faverot, dis-je, m'avait signalé le passage de nombreuses colonnes d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie venant du Nord et marchant dans la direction de Saint-Germain. L'ennemi devait donc se trouver en mesure, dans la matinée du 20, de prononcer un mouvement offensif trèsvigoureux sur notre droite, et il n'aurait pas manqué d'établir sur les hauteurs de la Jonchère une nombreuse artillerie qui aurait écrasé toutes nos réserves massées sur le plateau entre la Fouilleuse, Buzenval et la maison Grochard. Il ne nous restait d'ailleurs ai^cun espoir d'enlever de vivo force la triple ligne de retranchements que l'ennemi a établie avec tant de soin de la Jonchère à la maison Graon.

Lorsque vous nous avez donné l'ordre de la retraite, je me suis concerté avec le général Bellemare, nous avons replié tous nos avant-postes dans le plus grand ordre entre 1 heure et â heures du matin, et toutes nos troupes étaient rentrées dès hier dans leurs cantonnements.

L'attitude des troupes a été excellente; infanterie de ligne et garde nationale ont rivalisé de vigueur dans quelques moments difficiles. Si parfois il s'est produit certains troubles, quelques tireries désordonnées, c'est la conséquence inévitable de l'inexpérience et de ^'agglomération qui, malgré tous nos soins et nos efforts, s'est produite fatalement sur quelques points.

Aussitôt que j'aurai reçu les rapports des généraux, de division, j'aurai l'honneur do vous signaler les corps et les individus

Dépêches relatiTOS i la bataille de Bosenral.

Moulin-des-Gibets du MonUValérien. N* 408, 25 moto, 19 janvier 1871 à 7 h. 40 m. -- Transmis aux Gibets 7 h. 43 m.

Gouverneur à général Ducrot, Moulin^eS'-GibeiÊ,

Combien do temps vous faut-il pour vous grouper? Voilà un bien long retard. — P. 0: Bibesgo.

Moulin-des-Gibets du Mont-Valérien. N* 411, mots 42. 19 jâDvier 1871 à 8 h. 40 m. — Transmis aux Gibets 8 h. 45 m.

Gouverneur à général Duorot, Moulin-des-Gibets. J'ai euvoyé des officiers au rond-point de Courbevoie pour te-

qui se sont plus particulièrement distingués. Dès à présent, oe- . j

pendant, je puis citer en première ligne, le 19* régimont de garde {

nationale, dont le brave colonel Rochebrune a été tué ; le 31* régiment des mobiles du Loiret si vigoureusement enlevé par les colonels de Miribel et de Monbrison ( ce dernier malheureusûment a été blessé très-grièvement) , enfin, le iSO^ de ligne qui, à plusieurs reprises, a donné Fexemple de Tordre parfait et du plus grand calme au milieu du trouble et des hésitations'^ qui se soat produits parfois sur quelques points de la ligne de bataille. Notre artillerie a éteint le feu des pièces que Tennemi avait établies sur le plateau de la Jonchère , et a tiré avec beaucoup de précision sur la maison du garde. Le génie a fait sauter plusieurs murs par la dynamite, et le lieutenant Baud a été tué avec plusieurs de ses sapeurs au pied du mur crénelé où il allait faire placer les pétards.

Je ne connais pas encore le chiffre de nos pertes, mais il est considérable.

Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur, l'assurance de mon respectueux dévouement.

Le Général commandant en chef la dixième àtmh.

DUGROT.

DEFENSE DE PARIS. 4tJ

tiver le moavement. Restez où vous êtes, et que vos troupes aiTivent le plus tôt possible à la maison Crochard.

P. 0. BiBSSGO.

MaiBon'>BrA16e dû Mont-Vàlérion, le 49 Janvier f^l à 10 h. IS m. -« Tranemis à la Maiaon»Brûlée 10 h. 17 m.

Gouverneur à géBéral Ducrot, Maison-Brûiée.

Nous sommes maîtres de la redoute de Montretout et maisons annexes, du point 112, du plateau 155, du château et hauteurs de Buzenval. Bellemare marche sur la maison Craon et vous attend pour agir sur la Bergerie. Tout va trôs-biea jusqu'à pré* sent* — P» 0» N. Bibbsqo.

Mottlin-dea>>Qibetb du Mont-Valéfien. N» 414, mots B7, 19 Janvier 1871 à 9 h. 10 m. — Transmis aux Gibets 9 h. 15 m.

Gouverneur à général Ducroty Moulia^ee-Gibets.

Le commandant Faivre arrive à Montretout; le combat est très-vivement engagé sans résultat apparent. Bellemare a bien réussi , sans grand effort ; il occupe la maison du curé et est entré dans le parc de Buzenval par une brèche. Il a mis Valentin à sa droite pour vous suppléer; aippuyei-le dès que vous le pourrez. — P. 0. N. BiBBSCO.

Pour Maison-Brûlée, S h. 55 m.

Commandant Faverot k général Ducrot ^ Maiaon-Brûlée.

Les locomotives blindées n'ont pu tenir contre batteries prussiennes qui tiraient à 90 degrés; elles ont été criblées. Capitaine blessé, se fait panser; lieutenant attend des ordres; mais les machines sont en mauvais état.

ti I lit I

Mon Général,

Voici ce que m'écrit Benott-Chathpy, qui est entre Àrgenleuil el Colombes. Moi je suis à Nanterre, où les obus nous inquiètent ; mais j'ai défilé mon détachement et j'y reste.

\2l DEFENSE DE PARIS.

Colombes, 2 h. 90 m.

Des troupes soient du foud d'Ârgenteuil, venant de Gormeil: infanterie, cavalerie, artillerie, ces deux derniers corps au trot.

J'ai été le long de la Seine, en amont et en aval de Basons, en laissant derrière le peloton.

Reconnu un mouvement d'artUlerie sur le haut de Carrières- Saint- Denis. Les petits postes tirent sur nous sans résultat.

Le passage des troupes vient de cesser. J'observe et j'attends s*il en vient d'autres. Gharlebourg et la Folie tirent sans résultat. Si on avait du canon à Colombes, on les éreinterait; nos

tirailleurs font feu sans résultat.

G. Benoit-Guampt.

P. 5. — J'attendrai ici le retour des deux autres pelotons, sauf contre - ordre de votre part, étant à la porte de notre cantonnement.

A la première nouvelle vous recevrez nouvelle estafette.

Le défilé des troupes de renfort a duré une heure trente minutes.

On ne voit pas une batterie, mais elles sont sur les crêtes et changent de place à chaque coup.

Votre très-respectueux,

Faverot.

S heures et demie.

Pour Maison-Brûlée, 26 mots, le 19, à 3 h. 45 m.

Gouverneur à général Ducrot, Maison-BrûJée.

Donnez-moi des nouvelles. Comment, pendant la nuit, pourrexvous renouveler vos munitions à l'aide de vos caissons de cartouches ?

DEUXIÈME ARMÉB

État -major général.

Le général de Bellemare a reçu l'ordre de renforcer votre gauche et il envoie sur les crêtes six bataillons.

J'attends encore un instant si le Gouverneur répond à la dépêche transmise par le poste de Fouilleuse au Mont-V«ilérien.

P. VOSSKUR.

Fouilleusô du Mont-Valérien, le 20, à 1 h. 20 matin.

Gouverneur a général Ducrot et général Bellemare,

à la Foui lieuse.

C'est à la gauche, où je m'étais porté, que la retraite a été désordonnée ; Noël a déclaré que Montretout n'était pas tenable et l'évacuation des positions s'est faite après la nuit, dans la confusion.

Il y a là, encore en ce moment, beaucoup d'artillerie et de voilures embourbées dans les chemins devenus impraticables. Faites votre retraite cette nuit. Je souhaite que la tranchée en avant de la forteresse et celle de la Maison-Brûlée soient tenues demain matin ; à gauche , il y a une brigade de la division Courty qui n'a pas été engagée, je l'ai laissée autour de la Briqueterie, protégeant l'artillerie que j'ai là.

Extrait de l'historique de la 2« diYision (Berthant) du 1^ corps

du 18 an 20 Janvier 1871.

18 Janvier. — La division est à Asnières.

Deux régiments de la garde nationale mobilisée de Paris (le 8«, colonel de Marcillac, et le 17*, colonel Ibos), sont adjoints à la division pour les opérations qu'elle doit exécuter. Ils n'arrivèrent à Asnières qu'à 7 heures du soir.

Le général commandant la division se rend à 9 heures chez le général commandant la deuxième armée pour prendre ses instructions. Il rentre vers minuit et donne immédiatement les ordres de départ. La division se met en marche à 2 heures du matin.

RAPPORT SUR l'affaire DU 19 JANVIER (DIVISION BERTHAUT).

A 2 heures du matin, la division se met en marche dans l'ordre suivant : la 2* brigade, qui devait former la droite de l'attaque, marchait la première, ayant en tête le bataillon des francs-tireurs de la division, et entre les deux régiments , le 8* régiment de garde nationale.

La 1'* brigade, qui devait attaquer à gauche le château de Buzenval, marchant ensuite, ayant également le 17* régiment de garde nationale entre ses deux régiments.

La génie oivil et militaire était divisé en deux sections qui marchaient derrière le 1"" bataillon de chaque brigade.

En raison du temps nécessaire pour exécuter les ordres qm n'avaient pu être communiqués que vers 11 heures et demie du soir, et de la difficulté de réunir des troupes dans une nuit 1resobscure, il n'avait pas été possible à la division de commencer son mouvement plus tôt, malgré le zèle et l'activité déployés en cette circonstance par les généraux de brigade, les chefs de corps et les officiers d'ètat-major.

La division avait, du reste, plus que le temps nécessaire pour se porter avant le point du jour sur les positions indiquées si elle avait trouvé les routes a peu près libres. Mais malheureuse* ment un premier retard fut occasionné , à Asnières même , par des batteries qu'on m'a dit appartenir à la division Faron et qui sont venues obstruer les routes près du pont du chemin de fer et ont obligé deux régiments à défiler homme par homme. La 2* division , aiTivée à hauteur de la mairie de Courbe voie, trouva les rues du village complètement encombrées par des troupes dont la plus grande partie appartenait à la divison de Bellemare qui était elle-même arrêtée par d'autres troupes d'infauterie et surtout de rartillerie obstruant toute la route du Pontde-Ncuilly au rond-point de Courbevoie.

Ce n'est que vers 8 heures du matin que la division put déboucher du rond-point de Courbevoie ; mais il fut impossible de continuer à suivre l'itinéraire tracé, Tartillerie occupant toujours la route de Nanterre.

Le chemin vicinal qui va du pont du chemin de fer de Versailles vers Nanterre se trouvant libre en ce moment , le général çon^ mandant la 2« division crut pouvoir en profiter. La division prit donc la route de Bezons, passa sous le pont du chemin de fer et s'engagea sur le chemin de Nanterre. M. le général Faron, qui était arrivé pour prendre le même chemin, mais dont la division devait rester en réserve , voulut bien arrêter sa tête de colonne pour laisser défiler la 2« division.

Vers 10 heures, la tète de colonne de la 2* brigade arrivait sur ses positions. Pour couvrir la droite, le général de division fit placer immédiatement le 8' régiment de garde nationale dans le Bois-Préau et la ville de Rueil jusqu'à la route do Bougival, et un bataillon de la Seine-Inférieure dans la partie supérieure du parc de la Mal maison et sur les pentes qui dominent ce parc. Il établit les autres bataillons sur les pentes qui descendent vers le parc de Richelieu ; vers 10 heures et demie ces bataillons sont déployés sur le plateau pour contenir une colonne ennemie qui s'avançait de la Jonchère vers le ravin de Ijong-Doyau.

Les bataillons de la l'* brigade étaient établis au fur et A mesure de leur arrivée sur les pentes à gauche de la maison Grochard. En même temps, pour appuyer la droite, M. le lieutenani^colonel Ladvocai fit porter sur le plateau deux sections de mitrailleuses auxquelles furent adjointes un peu plus tard deux batteries de 12.

Notre droite se trouvait donc suffisamment assurée. D'un autre côté, Tennemi ne prononçant pas son attaque, et paraissant y avoir renoncé, et la division Sasbielle et la division Faroa de réserve ne pouvant tarder à arriver sur le terrain de Taction, le général commandant la 2* division pensa qu'il pourrait sans danger exécuter son mouvement en avant pour se porter sur le parc de Buxenval où apparaissaient déjà les tirailleurs de la colonne du centre (général de Bellemare); il en fit demander l'autorisation à M. le général commandant en chef.

Vers 11 heures et demie, les deux brigades formant chacune une colonne se portèrent en avant , la l*"* brigade, commandée par M. le général Bocher (un bataillon du 119* et le 120^, deux bataillons du 119" ayant été placés par ordre à la gauche de Tar*tillerie), partant de la gauche de la maison Grochai*d, marcha directement vers le ohâteau do Buzcnval, passa par la grille du château, traversa le parc, gravit les pentes boisées, et se porta à travers bois, sur les murs sud et sud- ouest du paro, sur le plateau de Garches, en face de la Bergerie. Une portion du mur fut enlevée et les créneaux retournés contre l'ennemi, mais une autre portion où, par la disposition des murs, des créneaux, les Allemands donnaient des feux croisés, ne put être enlevée, et l'on dut se borner à embusquer des tirailleurs en face, au milieu des taillis. Toutes les tentatives faites contre ces murs, à diverses reprises et avec la plus grande énergie, furent inutiles. Les troupes firent des pertes sérieuses. Vers le plateau, il existait quelques brèches dans le mur, mais elles étaient obstruées et couvertes par de vastes abatis, en arrière desquels se trouvaient des tranchées d*où les ennemis faisaient un feu très-meurtrier. On ne put passer.

Le 8' régiment de garde nationale avait été laissé en réserve, en arrière du chftteau*

A droite, la 2" brigade (colonel de Minbeî)^ après avoir laissé un bataillon de la Seine-Inférieure et le 17^ régiment de garde nationale pour la garde du Bois-Préau, du Monte-Maria, et des batteries d'artillerie, se portait également, avec le bataillon de frtncs-tireurs de la division en tète, sur le parc de Buzenval, entrait dans le parc par les brèches faites dans le mur a droite du château , et faisant à droite , se portait en face des murs qui

séparent ce parc de celui de Long-Boyau. Cette brigade ne fut pas plus heureuse que la première. Elle se trouva en face de murs derrière lesquels Tennemi était solidement établi et faisait sur les assaillants un feu des plus vifs. On ne put faire brèche dans le mur, et toutes les attaques, bien que faites avec le plus grand entrain par les troupes (officiers et soldats) restèrent inutiles.

Dans Tespérance de tourner le mur, M. le colonel de Miribel porta un bataillon du I^iret sur la porte de Long-Boyau, dont il chercha à s'emparer. Mais l'ennemi occupait très- fortement ce point et surtout la maison du garde ainsi que les murs qui donnaient des feux croisés. M. le colonel Miribel fit faire des trous dans les murs du parc de Buzenval faisant face au mur qu'on voulait enlever, poster des hommes dans le petit fossé en avant, mais il fut toujours impossible d'enlever le mur du parc de Long- Boyau, les forces de l'ennemi augmentant à chaque instant.

A Tintérieur du parc de Buzenval, on faisait toujours les plus grands efforts contre les murs du parc de Long-Boyau, mais toujours sans résultat.

Outre les troupes de la S* division, d'autres troupes furent encore dirigées sur ce point, soit par M. le général commandant la â« division, soit par M. le général commandant en chef, notamment partie des 109* et IIO de ligne, deux bataillons du 35* de ligne, les 10« et 11* bataillons de garde mobile de la Seine (colonel Dautrement) et le 17' régiment de la garde nationale.

Vers 3 heures 1/2, le bataillon de la Seine-Inférieure qui avait été laissé à la garde des batteries d'artillerie fut rappelé ptr le général commandant la 2« division, et vint relever le 37* régiment de garde mobile du Loiret dans les positions qu'il occupait dans le parc de Buzenval. Les deux bataillons du 119* de ligne qui étaient restés vers le Monte-Maria et la Malmaison rejoignirent la division au commencement de la nuit.

A la tombée du jour, le feu cessa, et les troupes reçurent l'ordre de s'établir au bivouac. Les ordres furent également donnés pour Texécution des travaux de défense qui devaient nous assurer la possession des positions occupées.

A 11 heures du soir, le général commandant la 2* division reçut l'ordre d'évacuer la position . Toutes les mesures de détail furent prises immédiatement. A minuit le mouvement commen« çait par les corps étrangers à la 2* division bivouaques à Buzen val. La tête de colonne fut dirigée vers la ferme de la Pouilleuse en arrière de laquelle on devait se reformer, pour, de là, rejoindre chacun ses cantonnements. Le mouvement, commencé à minuit, était fini a 2 heures 1/2 du malin à Buzenval.

Jusqu'au moment où les dernières troupes eurent quitté - le parc de Buzenval, un rideau de tirailleurs resta en face de Tennemi, dont les sentinelles placées à fort petite distance derrière les murs, n'avaient cessé pendant toute la nuit de tirailler sur nos postes et sur nos bivouacs, et qui continuaient môme encore à tirer lorsque toutes nos troupes avaient évacué le parc.

Trois compagnies du 120« de ligne ont formé Tarrière-garde ; à 2 heures 1/2 elles avaient atteint la route qui va de la Malmaison à Saint-Cloud où elles restèrent pendant ({uelque temps en position, afin d'assurer la retraite et de recueillir les hommes isolés qui pouvaient être restés en arrière. Il faut dire, en effet, que beaucoup d'hommes isolés de divers corps avaient cherché des abris dans les bâtiments du château ou au milieu des bosquets du parc, et qu'il était très-difficile de les faire partir.

Bien que Tarrière-garde ait fait rentrer de force tous ceux qui ont pu être découverts, il est bien à craindre que quelques retardataires n'aient été faits prisonniers le lendemain matin.

lia marche des colonnes par une nuit noire et sur un terrain détrempé a été extrêmement pénible ; plusieurs d'entre elles se sont égarées ; cependant tout le monde a rejoint ses cantonnements.

^attitude des troupes de la division a été excellente. Une partie des gardes nationaux du 17* régiment se sont vigoureusement conduits ; mais je dois dire que le plus grand nombre a été pris plusieurs fois de panique et a entraîné dans sa retraite des soldats de différents corps ^u*on a pu toutefois ramener sur les positions.

Les pertes de la division ont été :

1^« Brigade :

119« Régiment de ligne: 2 Officiers tués, 2 blessés; —

1 homme tué, 63 blessés, 23 disparus.

120* Régiment de ligne : 2 Officiers tués, 3 blessés ; — 15 hommes tués, 48 blessés, 55 disparus.

2« Brigade :

31* Régiment de mobiles (Loiret) : 1 Officier tué, 6 blessés, 1 disparu ; — 11 hommes tués, 57 blessés, 11 disparus.

50« Régiment de mobiles : 1 Officier blessé ; — 13 hommes blessés, 1 disparu.

Géûie auxiliaire : 2 blessés.

Francs-tireurs : 1 Officier tué ; — 7 hommes tués, 41 blessés, 19 disparus.

Garde nationale s

8® Régiment, 1 homme tué, 8 blessés.

17* Régiment, 1 Officier tué, 4 blessés ; — 20 hommes tués, 41 blessés, 40 disparus.

Total... 8 officiers tués, 46 blessés, 1 disparu ; — 55 hommes tués, 318 blessés, 140 disparus.

Soit 547 hommes.

Extrait de l'historiqae de ladiràion Faron (18 0t i9 janviv. -

Buzenyal.)

Le 18 janvier , la brigade Comte reste pour occuper les positions de Bobigny, les deux Drancy-Groslay, les Alouettes, et se relier à la brigade Raille qui occupe Bondy ; elle est renforcée par de la garde nationale mobilisée.

La brigade la Marieuse comprenant le 35®, le 42* et le 60* mobile (Seine-ct-Oise) et la brigade Lespiau comprenant le bataillon des francs-lireurs, le 121® et le 122% s*embarquent à partir de 7 heures du soir par détachements de 1,200 hommes à la station du chemin de fer de Belleville-Villette pour se rendre à Courbevoie. Ces troupes s'établissent en débarquant en colonne par brigade parallèlement à la route de Courbevoie à Bezons, la gauche au pied de la station, où elles passent le reste de la nuit au bivouac.

Deux régiments de la garde nationale mobilisée, le 19* (lieutenant-colonel de Rochebrune) et le 25* (lieutenant-colonel Charpentier) sont mis sous les ordres du général Faron. Ces deux régiments arrivent au rond-point de la Garenne lo 19 au matin, un peu avant le jour, ils sont affectés, le 19* à la brigade la Marieuse et le 25* à la brigade Lespiau.

Une partie de l'artillerie du corps de réserve, comprenant les 12« et 15* batteries du régiment d'artillerie de marine, la 22* batterie du 4* d'artillerie et les réserves divisionnaires d'infanterie sous les ordres de M. le lieutenant-colonel Briens, se rendent à Âsnières.

Les ambulances du corps de réserve et la partie légère des services administratifs viennent passer la nuit au bivouac.

Le 19 janvier, la brigade la Marieuse et la brigade Lespiau se mettent en mouvement à 6 heures du matin. Avant le jour ces

troupes étaient massées en avant dn chemin de fer de Versailles, à cheval sur la rente de Bezons, et prêtes à suivre la division Susbielle pour aller prendre position en arrière de la caserne de Raeil, à gauche de la route de Cherbourg. Leur marche a été retardée par les divisions Berthant et Susbielie qui n'avaient pu effectuer leur mouvement pendant la nuit. Elles ont dû attendre que la route fût dégagée. C*est vers neuf heures du matin seulement qu'elles ont pu commencer leur mouvement.

Vers 11 heures la brigade la Mariouse contournant par la gauche le village de Rueil, prend position en avant de la maison Grochard, dans Tordre suivant:

A droite les trois bataillons du 35^ déployés, à gauche et sur la même ligne les quatre bataillons du 19* régiment de Paris également déployés sur la hauteur faisant face au château de Bulenval. Le 42* en arriére dans un pli de terrain.

Cette ligne était un peu en arrière des troupes de la division Berthaut, qu'elle devait soutenir et qui était déjà aux prises avec l'ennemi.

Vers 1 heure de l'après-midi, la brigade Lcspiau, qui s'était d'abord établie derrière la caserne de Rueil, a été portée en avant. Elle est venue se former à l'extrémité du village de Rueil, étendant sa gauche vers la Maison-Brûlée, son bataillon de francstireurs derrière la maison Crochard. Au moment où le dernier bataillon de cette brigade quittait sa première position près de la caserne de Rueil, l'ennemi dirigeait sur ce point le feu d'uno batterie qui était venue s'établir sur les hauteurs bordant la rive droite de la Seine, entre Garrières-Saint-Denis et Chatou.

Pour soutenir l'attaque de la division Berthant sur Buzenval, le général Faron fait avancer le 35* de ligne et le 19* régiment de Paris. Ces deux régiments se dirigent en bon ordre sur le parc et entrent immédiatement en action. Le 2* bataillon du 35" parvient à gagner la crête en avant du chAteau, le 19* do Paris obUque à droite et se dirige vers le point défeadu avec le plus de ténacité par l'ennemi, du côté de Long-Boyau. Ce régiment do garde nationale mobilisée s'est porté en avant avec ordre, résolution et entrain. Plusieurs fois repoussé, il revient toujours à la charge et ne s'arrête que devant un obstacle matériel infranchissable. Dans cette attaque, son colonel, M. de Rochebrune, a été tué. Il est mort glorieusement, Tépée à la main, à la tête de sa troupe.

Vers 4 heures ce régiment, après avoir épuisé ses munitions, reçoit l'ordre de se retirer en arrière.

A ce moment le 60" mobiles (Seine-et-Oise) entre en action pour renforcer les points les plus faibles de la ligne d'attaque.

Pendant que ces trois régiments de la réserve sont aux prises avec Tennemi dcins le parc de Buzenval, le général Faron fait porter en avant les autres corps. Le 42« et les francs-tirenrs prennent une ligne de bataille en avant de la maison Grochard, tandis que les 121*, 122", sont placés derrière cette maison, à mi-pente.

Vers 4 heures, deux bataillons du 121* sont portés sur la droite de la batterie de la maison Grochard, en face du ravin de Saint- Çucufa. Le 3* bataillon de ce régiment est placé dans le parc qni avoisine celui de Bois-Préau, pour relier notre droite avec la division Susbielle et observer ce qui peut arriver du côté de la Malmaison.

Les trois batteries de la réserve, ainsi que les caissons contenant les munitions d*infanterie, sous les ordres du lieutenant-colonel Briens, sont partis d'Asnières à 8 heures du matin. Par suite de l'encombrement des routes, elles nont pu arriver derrière la caserne de Rueil qu'à huit heures. Vers 9 heures ces batteries out été portées de Rueil sur les hauteurs en avant de la Maison-Brûlée et de la maison Grochai'd. Elles avaient pour mission de battre le château de Buzenval, les bois environnants, ceux de la Jonchère et la porte de Long-Boyau. Quelques coups de canon ont été tirés sur cette porte, et la 12* batterie (canons à balles), placée en avant des 15* et 22* batteries, dans le chemin creux qui va de la Malmaison à Saint-Gloud, dirige son fea de manière à déloger l'ennemi du bois à droite de la porte de Long- Boyau. Gette porte n'ayant pu être enlevée, les deux batteries de 12 la couvrent de feux depuis 3 heures jusqu'à la nuit.

Les ambulances de la réserve sont établies vers la gauche dn village de Rueil, où elles sont très à portée de recevoir les blessés que les brancardiers et les cacolets vont recueillir.

La nuit venue, le feu cesse des deux côtés. Des ordres sont donnés pour faire bivouaquer les troupes dans leurs positions. Les trois batteries de la réserve se rallient en arrière sur 4es hauteurs de la Maison-Brûlée . Le bataillon des francs-tireurs et le 42* bivouaquent à côté pour les soutenir.

Vers 11 heures du soir, le général Faron reçoit verbalement da général Dacrot^ à la maison Grochard, l'ordre de faire replier successivement les divers régiments lorsque les troupes des divisions Susbielle, Berthaut et Bellemarô se seront retirées. Des dispositions sont prises pour protéger le mouvement et assurer la retraite.

Les deux régiments de Paris, 19* et 25*, se retirent les premiers et rentrent dans Paris par la route de Gherbourg.

Vers 3 heures du matin, après le départ des divisions Sasbielle

et Bertbautt la réserve commence à se replier, prête à s'arrôter et à tenir tète à Tennemi. Malgré Tobscurité et la nécessité de se diriger à travers champs sur un sol détrempé, le mouvement se fait avec ordre et précision. L'ennemi, fort éprouvé sans doute par toute une journée de lutte et par des pertes sérieuses, ne tente rien pour nous inquiéter.

Les différents corps rentrent à leurs bivouacs de la veille en passant entre le Mont-Yalérien et le moulin des Gibets. Au jour toutes les troupes étaient rentrées, à Texception des trois batteries d*artillerie, du 42* et des francs-tireurs, qui ne rentrent que dans la matinée.

Nos pertes sont évaluées à 258 hommes environ hors de combat et 9 chevaux.

Sans cette journée, les 19* et 25* régiments de Paris ont fait preuve de discipline, d'obéissance et d'élan. Le 19*, brillamment conduit par le brave colonel de Rochebrune, s'est porté à l'attaque des positions ennemies, fortifiées d'une façon formidable, avec une vigueur peu commune .

Extrait de rhistoriqne de la légion du génie auxiliaire de la

garde nationale.

Comme nous l'avons vu au premier volume, page 1S2, le corps auxiliaire du génie, créé par décret du 24 août 1870, avait été modifié par un arrêté du Gouvernement de la Défense nationale en date du 7 novembre ; le corps prit alors le titre de légion du génie auxiliaire de la garde nationale. Chaque compagnie, forte de âOO hommes en moyenne, dut fournir une compagnie de guerre de 100 hommes.

La légion fut divisée en deux bataillons et chaque bataillon en compagnies mères ou permanentes et compagnies de guerre. Le colonel dut rester à Paris pQur régler le service administratif et pourvoir aux compléments des effectifs de guerre ; le lieutenant-colonel dut commander les huit compagnies de gueiTO et prit le service à la fin de novembre. '

Parti de Paris avec 1,543 hommes, il y rentra le 24 janvier 1871 avec 965 hommes. Sur les 578 manquant, plus de la moitié étaient atteints de maladies ; 280 environ avaient disparu, comme blessés, tués ou pris.

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