CHAPITRE PREMIER
DISPOSITiONS d'attaque PRISES PAR LES ALLEMANDS.
NOiis avons vu que les heures écoulées depuis le DisposUfom 30 novembre avaient été employées à préparer notre parrennemi champ de bataille défensif, réorganiser notre artillerie, feTdécetSS?'^
notre matériel, compléter nos approvisionnements Le aimatiu.
2 décembre au matin nous étions à peu prés en mesure sur toute la ligne.
Nos adversaires n'avaient pas déployé moins d'actî-
Le général
de Fraosecky
est Dominé
cummandant en
cher
lie toutes 168
troupes d'attaque
vite non-seulement ils étaient à même de repousser
toute nouvelle offensive, mais encore ils avaient résolu de nous reprendre les positions perdues le 30 novembre, et de remettre ainsi les choses comme elles étaient avant notre passage de la Marne.
Ce projet est clairement exposé dans les ré ûts et documents ofQciels d'origine allemande.
« Par suite des énormes préparatifs faits par les Français pour percer la ligne d'investissement, dit le major Niepold, il fallait s'attendre à une nouvelle attaque le 1" décembre. Pour s'opposer à une tentative de ce genre, le grand quartier général allemand prit des dispositions spéciales dans la nuit du 30 novembre au 1*' décembre.
€ En conséquence, le général de Fransecky, commandant le 2* corps d'armée, reçut l'ordre de réunir le 1" décembre sur le plateau du nord-est de Sucy, la 3* division d'infanterie, l'artillerie de réserve du 2* corps, et de prendre le commandement de toutes les troupes concentrées entre la Seine et la Marne, sur la ligne de Villeneuve-Saint-Georges à Champs, y compris la 21* brigade du 6* corps, la 7' brigade d'infanterie déjà établie à Sucy et les fractions du 12' corps saxon passées sur la rive gauche de la Marne. Le prince Georges de Saxe joignait à son commandement celui de la 1" brigade wurtembergeoise.
€ Le général de Fransecky arriva de bonne heure le 1" décembre à son quartier général, au château Le Piple, pour veiller au rassemblement des iroupes du 2* corps destinées à l'offensive s'il y avait lieu, et prendre les dispositions que les circonstances rendaient nécessaires.
c La 3* division d'infanterie, l'artillerie de réserve du
« 2* corps et la 21* brigade d'infanterie arrivèrent à Sucy « à midi après une marche longue et pénible. »
Le 1*' décembre au soir, le général de Fransecky, LegéDi^rai ayant, d'après les instructions du grand quartier général, ^"^ proTcNt ""^ décidé de reprendre les positions perdues le 30 novem- des^viira\"es°do bre, « le prince Georges de Saxe prescrivait Tenlôvement etdochampigny t des villages de Bry et de Champigny et rédigeait Tor- « dro suivant, qui fut communiqué aux troupes de la « l"* brigade wurtembergeoise( général de Reitzenslein) « et de la 24* division d'infanterie (général de Nehrhoff) « dans la nuit du 1" au 2 décembre (1).»
a Champs, 2 décembre- (3 h. 1/2 du matin).
c D'après les ordres donnés par le commandant supérieur de l'armée de la Meuse, les villages de Bry et Champigny seront enlevés à l'ennemi à la pointe du jour. On essaiera également de détruire ou de faire sauter les ponts jetés sur la Marne»
« En conséquence, la 24* division d'infanterie à Noisy-le-Grand est chargée de l'attaque de Bry, la l'« brigade wurtembergeoise à Yilliers est chargée de l'attaque de Champigny ; les deux attaques devront se î&iro en même temps. Les colonnes d'attaque doivent donc se mettre en route de manière à se trouver l'une et Tautre à 1 heures du matin en avant des villages de Bry et de Champigny. Le feu des forts contre ces deux localités étant à craindre, on se contentera, si on réussit, de les occuper assez fortement pour pouvoir repousser directement un retour offensif de l'ennemi.
c Pour faire sauter les ponts de Bry dont la position est inconnue, une ablheilung do pionniers sera dirigée le long de la Marne et en sera chargée.
Les troupes suivantes se tiennent prêtes à tout événement : (a) Les troupes de la 24* division d'infanterie qui ne sont pas chargées de l'attaque de Bry, au sud de Noisy-le-Grand, ne laissant à Noisy et à Gournay que les garnisons absolument nécessaires; \
c {b) Le régiment de tirailleurs n° 108, à la ferme de Grenouillère ;
c (c) Deux batteries de rarlillerie de réserve du 12* corps à Yilliers;
(1) Voir croquis n» 1.
c ((f) Le reste de l*artillerie de réserve du 12« corps saxon et le 8* bataillon du 1«' régiment des grenadiers du corps n» 100 à Test de Champs.
c Le général commandant le 12« corps d*armée s'établira à Villiers.
< Signé : Gborges. •
Tronpei A la réception de cet ordre, le général de Nehrhoff
surpnse de^Bry. désigne pouF la'surprise du village de Bry trois bataillons ( 1" et 2* du régiment saxon n*» 107 et le 3* du régiment saxon n"* 104), ainsi qu'une section de pionniers, 4* compagnie.
La colonne d'attaque doit se mettre en marche un peu avant le jour ( 6h. 1/2) et suivre la grande route de Noisy a Bry, flanquée à droite par le détachement de pionniers qui descendra le long de la Marne.
Le reste de la 24* division d'infanterie sur le plateau
au sud de Noisy-le -Grand, prêt à venir en aide à ces
troupes, ayant comme réserve la 45* brigade de la
23* division.
Tronpes De SOU côté, le général de Reitzenstein commande
^^'ÎS^pHse * pour l'attaque de Champignyle 2* bataillon de chasseurs
de Chtmpigny. ^ , „- ^ • a t ^
et le 7* régiment wurtembergeois.
En même temps que les chasseurs descendront de Mon Idée par l'ancienne et la nouvelle route de Chennevières , le 7* wurtembergeois se dirigera de Villiers sur la lisière nord de Champigny ; une batterie, prenant position derrière l'épaulement voisin de Bel-Air, appuiera le mouvement, pendant que le général Du Trossel viendra avec sa brigade à Chennevières, prêt à soutenir les Wurtembergeois (1).
Le 1" régiment wurtembergeois, installé dans le parc
{i) La brigade Du Trossol (7« du 2« corps) avait déjà deux bataillons aux avant-postes entre Champigny et lo chemin de far.
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de Villîers, doit aider ces deux opérations principales, en poussant des attaques au nord du chemin de fer do Mulhouse, contre nos tranchées, les fours à chaux et dans le ravin de la Lande.
Les 5% 6% 8* et 21* brigades tirées des 2* et 6* corps, ainsi que l'artillerie de réserve du 2* corps, sont attendues dans la matinée sur les plateaux d'Ormesson et de Chenneviéres.
Toutes ces troupes massées sur les hauteurs, cachées par le brouillard et la brume du matin, vont, à un signal donné, se jeter sur nos lignes, où l'on fut près de payer bien cher un défaut de vigilance.
Le général Ducrot allait se rendre aux avant-postes a la pointe
du jour
et donnait dans la cour du quartier général (1) quelques ratuque cominstructions à M. Ferdinand de Lesseps, chef de l'une ^^^^ *«« p<>»"^-
des ambulances de la Presse quand tout à coup la
fusillade, la canonnade éclatent Il monte à cheval
aussitôt court vers la droite où le feu est le plus
intense... Gomme il débouchait sur la route de Champigny, il voit une avalanche de voitures, de fantassins, de cavaliers, descendant à fond de train du côté de la
Marne Il ne faut pas songera arrêter ce torrent, mais
on peut tenter de le détourner Le général, ses officiers se précipitent sur cette masse d'hommes, de chevaux, de fourgons....; le sabre, le pistolet à la main, ils obligent les premières voitures à se jeter dans les champs; le flot suit le mouvement et s'étale dans la plaine; divisés, rompus, les hommes n'osent plus fuir; on leur parle, on les rassure, et bientôt un peu d'ordre se rétablit au milieu de cette foule éperdue.
Le commandant Lambert, grand prévôt de l'armée, j^^^l^^ reçoit Tordre d'aller avec quelques gendarmes et éclai- ^^ K^JSLérti
I ffénéi cher.
(1) Ferme de Poulangis.
reurs Franchetli barrer les ponts (1). La division do Susbielle à Créteil, la division de Bellemare au rondpoint de Plaisance sont appelées en toute hâte ; le général Clément Thomas est invité à amener sur la rive droite de la Marne, entre Joinville et Nogent, un certain nombre de bataillons mobilisés de la garde nationale.
Ces instructions données, le général en chef se porto aux premières lignes. Là il trouve de braves gens, solides, résolus, qui, revenus d'un premier moment de surprise, 66 sont cramponnés à tous les obstacles et luttent énergiquement contre des adversaires surexcités par le succès.