‹ La défense de Paris, 1870-1871Chapitre 14 sur 52 · MATINÉE DU 3 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

MATINÉE DU 3 DÉCEMBRE

ToQ^^ Le 3 décembre, avant le jour, nos précautions sont

'1oK*p?iief ' prises en vue d'une attaque.

^uieatuqûe!'^ Toutes les troupes de réserve sont mises sur pied. Les batteries du l""' corps reprennent leurs positions de la veille, formant une longue ligne en arriére de Cham* pigny, depuis le Plant jusqu'à la Marne ; quatre pièces du capitaine Salle s'établissent dans la batterie de la carrière.

Les deux batteries du commandant Déthorey reprenaient gaélement leurs anciens emplacements dans le ravin

de la Lande, en arrière du remblai de la route de Bry à Champigny.

Sur le plateau de Villiers, la batterie Moriau prend place dans Touvrage, la batterie de Chalain, réduite à quatre pièces et ayant avec elle une section de la batterie Solier (1), s'établit, avec de grands intervalles, entre Touvrage et la route n"" 45. Les deux mitrailleuses du commandant Ladvocat réoccupent Tépaulement de la maison du garde sur le chemin de fer de Mulhouse.

Les batteries du 3* corps, en position sur le mamelon du Ferreux, renforcées par la batterie Bajau de la ré^ serve générale, sont prêtes à battre les pentes de Bry à Noisy.

Dans la presqu'île de Saint-Maur, les batteries mobiles reprennent leurs emplacements derrière le mur du parc, les trois bataillons de THérault s'ayancent jusqu'à Adamville et au Réservoir, laissant en réserve à Saint- Maur les deux bataillons de Seine-et-Oise.

Dès le point du jour, le général en chef parcourt le ...''• front des positions ; partout il trouve nos malheureux j^'fJJ^^^yg, soldats accroupis sur la terre gelée, épuisés, grelottants, ' positions, le corps et Tàme affaiblis par la fatigue, le manque de nourriture, la souffrance. . •

D'un moment à l'autre, l'ennemi, .avec des troupes fraîches, pouvait se précipiter sur nos lignes. . • Supporteraient-elles un troisième choc? Chassés dos pentes, fatalement nous étions jetés dans la Marne. •• C'eût été un désastre irréparable.

Voyant et pesant tout cela, avant môme d'avoir achevé , , Le

• ^ général Ducrol

son inspection, le général Ducrot prend le parti de battre ]|^^^[^°J-^ en retraite «..

(1) La batterie Solier (ie> du 14*) avait été dissoute à la suite de* pertes du Jour précédent.

Réunissant ses généraux sur le plateau, entre Bry et Villiers, il leur donne ses ordres :

Pendant que nos batteries de position canonneront le plateau de fagon à faire croire à une prochaine attaque^ les troupes se retireront en s'échelonnant.

Le mouvement commencé, un aide de camp est envoyé au Gouverneur pour lui faire connaître la grave dé* termination que le général en chef vient de prendre sous sa propre responsabilité et lui en exposer les motifs.

Le général Trochu fut d'autant plus étonné, que la veille au soir, plusieurs mouvements d'artillerie et d*infanterie avaient été arrêtés en vue d'une bataille pour le lendemain ; il fut au premier moment fort ému, car il i<edoutait beaucoup les conséquences de cette décision, surtout au point de vue de l'impression fâcheuse que ce mouvement rétrograde allait produire sur la population parisienne (1) ; mais lorsqu'il constata de ses propres yeux l'ordre parfait, le calme inattendu qui prési-

(1) EXTRAIT DES PROCÈS- VERS AUX DU GOUYERNEMENT DE LA DÉPENSE NATIONALE.

Samedi 3 dôoemlnre, 3 heures du soir. —M. Picard demande s'il ne serait pas nécessaire de quitter les positions prises de l'autre côté de la Marne, et s'il ne serait pas bon de préparer, par une note, l'opinion publique à cet égard.

En ce moment, une dépSche est remise au général Schmitz, venant du général Trochu. Cette dépêche annonce que des raisons stratégiques supérieures forcent à repasser la Marne.

Le Conseil envoie M. Ferry près de M. le général Trochu avant de faire publier cette dépèche.

Samedi 3 décembre, 10 heures dn soir. — M. Ferry rend compte

de sa démarche près du Gouverneur ; sa dépêche était faite pour être

publiée. On a cru devoir évacuer les plateaux en pleine victoire et sans

- être inquiété. Les troupes ont compris le mouvement et l'ont exécuté

joyeusement.

Le Conseil émet Tavis qu'une nouvelle attaque doit avoir lieu aussitôt que possible.

M. le génénd Sohmitz reconnaît l'urgence, mais il faut refaire les cadres désorganisés et donner le temps à l'armée de reprendre baleine.

daient à nos manœuvres, lorsqu'il eut connaissance des projets ultérieurs du général en chef de la 2* armée, il approuva complètement sa résolution.

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