RETRAITE DE LA DEUXIEME ARMÉE
Tout d'abord les impedimenta reçoivent Tordre de débarrasser le terrain et de franchir la Marne. Les voitures du parc ainsi que les réserves divisionnaires sont dirigées sur la Faisanderie, pendant que les réserves de batteries rejoignent leurs anciens emplacements sur le plateau de Vincennes.
La division Faron doit passer la rivière aux ponts de Jfoinville, les divisions de Malroy, de Susbielle et Ber- Ihaut aux ponts de Tile Fanac, la division de Bellemare aux ponts de Nogent et la brigade Daudel aux ponts de Bry. Les ponts de Neuilly, trop en vue, ne doivent être utilisés que pour le passage des troupes chargées de leur garde.
Il est convenu que les positions ne seront abandonnées qu'après le passage des impedimenta sur la rive droite de la Marne, que le général en chef surveillera luimême leur marche et fera connaître l'instant où les troupes pourront commencer leur mouvement. A cet effet, les généraux de division envoient un ofQcier de leur état-major au grand quartier général.
Ces instructions sont ponctuellement exécutées, sauf par la division de Malroy, qui, pressée par le feu de quelques batteries ennemies, n'attend pas l'ordre d'exécution, et se retire entre midi et une heure au delà du bois du Plant, laissant ainsi à découvert la droite du
2* corps qui est un moment compromise. Les tirailleurs prussiens arrivent déjà près du Four à chaux, lorsque le général Berthaut, s'apercevant du danger, jporte le 118* (lieutenanlrcolonel de Beaufort) sur la position qui vient d*étre abandonnée si mal à propos (1). Le mouvement se fait sous le feu de Tennemi, mais dès que le régiment est établi, la fusillade cesse partout.
Vers 3 heures un quart, le capitaine Rosselin, revenant du grand quartier général, apporte au général Berthaut Tordre d'exécuter sa retraite. A 3 heures 40, la division et le llS"" quittent ensemble leurs positions et se retirent dans le plus grand ordre de chaque côté du chemin de fer sur le bois du Plant et la route de Bry ; de là, les troupes sont dirigées sur les ponts qu'elles ne franchissent qu'à la nuit close.
A la gauche, le mouvement s'exécute sans aucun incident digne d'être signalé. Les ponts de Bry sont repliés vers 1 heure, après le passage de la brigade Daudel ; la division de Bellemare se retire par les ponts de Nogent, pendant que les divisions de Malroy et de Susbielle passent aux ponts de l'ile Fanac.
A droite, le 35* de ligne reste en position dans Champigny ; il est appuyé par le 42*, en deuxième ligne, derrière le village, avec les batteries divisionnaires et deux batteries de réserve. Sous leur protection, la brigade Comte (113*-114') et le régiment de la Vendée se retirent par la route de Joinville.
A 3 heures et demie, sur l'ordre du général en chef, le général de la Marieuse fait évacuer complètement Champigny; la retraite est commencée par les l*' et 2* bataillons du 35' qui s'écoulent peu à peu, pendant que
(1) Le 118*, de la division de Susbiello, était resté à la disposition du général Berthaut.
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le 3* bataillon reste aux créneaux et aux barricades ; ce mouvement, favorisé par un épais brouillard, s'exécute sans aucune difficulté. Partout nos colonnes se retirent avec calme et dans un ordre parfait. L'ennemi nous observe et nous suit à petite distance, mais sans chercher à nous inquiéter.
A 8 heures du soir, toute l'armée avait repassé la Marne, sauf, la brigade de la Marieuse, laissée sur la rive gauche avec le 126* de ligne pour garder nos ponts.
Pendant toute la journée, les batteries du 3* corps avaient conservé leurs positions sur le mamelon du Perreux, couvrant la retraite de notre aile gauche. Sous leur protection également, les ponts de Neuilly avaient été repliés vers 2 heures, et la brigade Reille avait évacué Neuilly-sur*Marne pour s'établir au rond-point de Plaisance.