DE LA DEUXIÈME ARMÉE
Le général en chef de la deuxième armée avait repassé la Marne fort tard dans la soirée, après avoir installé sur la rive gauche la brigade de la Marieuse, chargée de couvrir nos ponts.
n était environ 9 heures quand il entra dans le château de Vincennes, où se trouvait déjà le général Trochu. n lui rendit compte des événements de la journée , et exposa le nouveau plan d'opérations qu'il avait arrêté au moment même où il s'était décidé à repasser la Marne.
Les dernières nouvelles de l'armée de la Loire nous NouTetn, ..
... 1 . ï . 11 j, d'opérations
faisaient un devoir de continuer la lutte coûte que ^ ^ du
^ général Duorot.
106 dépp:nse de paris.
coûte (1), afin de coopérer à son action et lui tendre la main, si, comme elle paraissait en avoir Tespoir, elle pouvait continuer sa marche en avant. La percée des lignes ennemies n'étant plus possible dans la direction du Sud- Est, il fallait nécessairement reporter nos efforts sur un autre point. Or, il était incontestable que pendant les journées du 30 novembre et du 2 décembre, l'action de notre artillerie avait été particulièrement énergique et soutenue; notre jeune infanterie, sans doute, avait fait preuve d'un grand dévouement et d'un généreux élan, mais elle ne s'était montrée ni assez manœuvrière, ni assez solide pour triompher de sérieux obstacles...
Il fallait donc choisir notre terrain en conséquence, trouver un nouveau champ de bataille où l'on pourrait utiliser plus efficacement Partillerie, et rendre possible à l'infanterie le développement de ses facultés traditionnelles.
La vaste plaine de Saint-Denis , entre Bondy et le Bourget, paraissait présenter toutes les qualités voulues; sur ce terrain plan, nos batteries ne seraient plus dominées cotnme elles l'avaient presque constamment été pendant les deux journées de la Marne. . . le nombre des pièces venant suppléer à certains défauts inhérents à notre matériel, il était permis de croire que notre artillerie serait égale, sinon supérieure à celle de nos adversaires.
L'on pouvait également espérer attirer l'infanterie ennemie dans ces grandes plaines... Là, à découvert, hors de leurs bois, de leurs abris, les soldats allemands n'ayant pas l'entrain, l'élan de nos jeunes troupes, pourraient avoir le dessous dans une lutte corps à corps.
(1) Voir tome II de la Défense Nutionale^ par M. Jules Favre.
A tous ces avantages s'ajoutaient l'excellence, la force même de la position : en prenant comme front d'opération la ligne Saint-Denis-Bondy^ nous étions soutenus en arriére par le plateau de Romainville, hérissé de forts et de batteries. A gauche, nous avions comme point d'appui la place de Saint -Denis, et sur notre droite, nous pouvions tirer grand parti du plateau d'Avron*
Mais avant tout, il fallait reconstituer nos batteries et nos bataillons, recomposer nos attelages, remplir nos caissons, distribuer à nos fantassins des vivres, des cartouches, des effets, etc. — Pour tout cela, le général Ducrot demandait quarante-huit heures, à la condition que pleins pouvoirs lui seraient donnés, afin de faire les promotions et mutations indispensables à la reconstitution des cadres. — Il Jnsista surtout pour que les promotions dans la mobile fussent faites par l'autorité militaire et non laissées d l'élection, ce qui lui paraissait un danger et une impossibilité absolue en présence de l'ennemi (1).
Le Gouverneur, après sérieux examen, approuva le nouveau plan, et accéda à tout ce que demandait le général en chef, qui, immédiatement et au milieu de la nuit, envoya des officiers d'étatrmajor à ses commandants de corps d'armée et à ses chefs de service, pour leur transmettre ses ordres et les convoquer à son quartier général le lendemain matin à dix heures. — Puis, il rédigea l'ordre du jour ci-dessous daté du 4 , et communiqué aux troupes dans la Journée de ce même jour.
(1) Séance dn GoiiTameinent de la Défense nationale dn 4 décembre, 2 h. 45 dn soir : M. le général Le FIÔ propose et fait approuver un décret qui , tu les circonstances et l'urgence , autorise le général Trochn à nommer directement des officiers de la mobile, au lieu de recourir à Félection.
DBUXXiMB ARlfiB.
Ordre du Jour
du 4 dteembre.