CHAMPIGNY. — FOURS A CHAUX
Le réfimeni La brigade Du Trossel, 7* du 2* corps, est chargée de crcnariiers n» 9 faire uu nouvcl offort contre Champimy et le four à
cherche i o j
* retrofte ^ chaux. Pendant que le régiment n** 49 entre dans le vil-
*PMureî?^ ]age, le régiment de grenadiers n° 9 s'élance sur les
pentes de Cœuilly pour couper la retraite aux tirailleurs
du général Paturel, formant une pointe avancée dans le
ravin de la Lande (1).
En un instant les flancs du coteau se couvrent de groupes qui, embusqués derrière les arbres, les plis de terrain, les vignes, prennent d'écharpe et d'enfilade toute notre ligne.
Avec trois ou quatre cents hommes au plus, le général, faisant battre la charge, se jette intrépidement contre ces nouveaux adversaires... malgré leur supériorité numérique très-considérable, les Poméraniens ne se laissent pas aborder et se replient en toute hâte sur leurs réserves.
Celles-ci, défilées derrière la crête, nous laissent arriver; dès que nous sommes à bonne portée, elles nous reçoivent par un feu rapide; officiers et soldats tombent en grand nombre. Le général Paturel , blessé griève* ment, est obligé de laisser le commandement au chef de
^) Voir croquis a* 5, page 20.
bataillon Leclaire, du 121*. Ne voyant plus leur général au milieu d'eux, nos soldats, réduits à un effectif des plus minimes, hésitent, s'arrêtent; notre artillerie, complètement masquée, ne peut plus les soutenir. Les Allemands, proQtant de cet instant critique, prononcent une double attaque par le ravin de la Lande et par les pentes de Cœuilly; menacés d'être enveloppés par des forces de beaucoup supérieures, nos hommes battent en retraite jusqu'au parc de la Lande et au plateau du Four à chaux ; là, abrités dans les tranchées, dans les carrières, ils tiennent ferme ; bientôt même quelques décharges à mitraille forcent l'ennemi à* rétrograder; et vers 9 heures ses colonnes disparaissent de nouveau sur la plateau de Cœuilly et derrière les tranchées de Villiers (1).
Dans Champigny, la fusillade, qui n'avait pas dis- Nouvelle atuque continué, devint plus furieuse que jamais à l'arrivée du à^iïr'?iïife"5u régiment n« 49. '^«^"'•"^ »• *^-
Embusqués dans la tranchée près de la rivière, dans les maisons voisines de l'église, dans les jardins, les Allemands cherchent à tourner notre droite en nous chassant de l'avenue Breligny et de la chaussée du Pont (2) ; mais tous leurs efforts viennent échouer de* vant l'énergique résistance du 113* de ligne.
Au centre du village, la lutte est également des plus chaudes. Les Wurtembergeois, maîtres depuis le malin d'un certain nombre de maisons au nord de la Grande- Rue, finissent, en cheminant d'habitation en habitation, de jardin en jardin, par s'emparer de tout le pâté compris entre les rues de la Croix, des Roches, du Four et la Grande-Rue.
(1) DaDS ce mouvement offensif, la compagnie Uapst du 1220, isolée près du pont du chemin de fer, avait été enlevée après avoir perdu près de la moitié do son effectif. (Voir aux pièces justiflcatives n» VI.)
(2) Voir croquis n» 3, page 15.
Pris à revers, les défenseurs de la barricade G sont obligés de se replier.
Sur le côté sud de la Grande-Rue Tennemi gagne également du terrain, mais il est arrêté par la maison verte (1). Cette maison enfilant toute la partie de la Grande-Rue restée en notre pouvoir, était pour lui des plus importantes. Plusieurs fois déjà il avait cherché à s'en emparer; mais nos soldats, défiant toutes les attaques, s'y défendaient avec une indomptable ténacité (2).
Lors de Tarrivée des Poméraniens, les défenseurs de \SL maison verte ont encore à soutenir un nouvel assaut... ils le repoussent avec le même succès.
Cependant leur situation n'en est pas moins des plus critiques : les Allemands occupent toutes les maisons attenantes et commandent tous les débouchés.
On éubut A différentes reprises quelques fractions du 35* essaient c^^m^unicaiion de rejoindre ces braves gens; mais devant le feu des Maiton Verte.. Wurtemborgoois qui, postés dans la maison A, balaient à bout portant la place de la Pompe , la rue du Clocher, nous sommes obligés de renoncer à toute tentative à découvert ; un boyau de tranchée est commencé à travers la rue du Clocher par les sapeurs du commandant de Bussy, et bientôt, au moyen de cette espèce de double caponnière faite de sacs à terre, nous pouvons communiquer avec la maison verte.
Nous reprenons Dès lors, uos Compagnies, bien reliées les unes aux
ravantage . , .•
danscbampigny autres, uous reprenons 1 avantage dans la partie du village située entre l'église et la Grande-Rue.
Au nord de Champigny la lutte se continue vive,
(1) Voir croquis n* 9.
(2) De là on voyait, à l'aide d*un miroir, ce qui se passait dans Iw maisons de l'autre côté de la rue ; les oCÛciers allemands battaient leuri hommes pour les obliger à se mettre aux créneaux.
Fositions dans Champiffru/, le 2 Jfêc- cl II . ' dw maii/h^ jx
o So
MàomMr^kT
acharnée entre la Plâtrière, le Paroen-Pointe et les dé- • fenseurs des maisons X et du jardin K. Les quelques hommes enfermés dans ce dernier enclos aux murs élevés, ignoraient absolument ce qui se passait ; ils ne pouvaient même savoir si leurs camarades tenaient encore dans Champigny ; ils essaient une communication à travers la rue des Roches à Taide de quelques fagots... presque tous ceux qui tentent de passer ayant été tués ou blessés, tous ne songent plus qu'à se défendre avec la plus vive énergie.
De la droite à la gauche, le village de Champigny Lutte acharnée, semblait en feu... des meurtrières, des fenêtres, du clo î'oîfeMWe" cher, des barricades, des coins de rue, des haies, des vergers, la fusillade se croisait de toutes parts. . . un homme du 35*, excellent tireur, posté dans un grenier en arrière de la rue du Pont, brûla jusqu'à cent paquets de cartouches.
L'ennemi complètement arrêté, nous prenons TofTensive. Au nord de la grande rue, nos sapeurs s'avancent par cheminement ; en dirigeant ce travail le capitaine de la Taille reçoit à bout portant un coup de feu en pleine figure ; le sous-lieutenant Montés est blessé presque en même temps... les sapeurs n'en continuent pas moins leur périlleuse besogne , et, conduits par le capitaine Granade, ils refoulent successivement l'ennemi de maison en maison.
Sur le plateau du Four à chaux nos troupes, échelonnées Éoergique
défense
de la Plâtrière au ravin de la Lande, tenaient également »ur le piaieaa partout leurs adversaires en respect. Dans les carrières '<>"" * «>>•"*• voisines de Champigny se trouvaient les deux ou trois cents mobiles du commandant d'Ândelarre; les abords du grand Four à chaux, du bois de la Lande, étaient occupés par la brigade Paturel, qui avait dû en outre s'étendre à droite vers le plateau du Signal pour boucher la
trouée faite par le départ de la brigade Martenot presque tout entière (1).
Derrière les tranchées du chemin de fer se tenaient les mobiles de la brigade de Miribel.
De ce côté toutes les tentatives de l'ennemi ayant été repoussées, le combat d'infanterie avait pour ainsi dire cessé, mais les crêtes de Cœuilly s'étaient hérissées de nombreuses batteries, et bientôt ce fut sur toute celte ligne un duel formidable d'artillerie.
Les batteries de la division de Malroy, énergiquoment appuyées par les deux batteries du commandant Déthorey, continuaient, malgré des pertes sérieuses, à soutenir la lutte avec la plus grande vigueur, lorsque vers 10 heures trois batteries wurtembergeoises s'établissant sur le bord ouest du plateau de Cœuilly, les prennent en rouage. Bientôt quatre pièces sont désemparées , et les pertes devenant considérables en hommes, en attelages, en matériel, le commandant Briens reçoit l'ordre de quitter sa position avancée pour aller se reformer entre le bois du Plant et le cimetière de Champigny.
Les batteries du commandant Déthorey, fort éprouvées également, durent aussi prendre une position plus en arrière ; elles s'établirent de chaque côté du ruisseau de la Lande, à Tabri de la chaussée de la route de Bry à Champigny. Dans ces nouvelles positions, ces batteries ne tardèrent pas à recommencer le feu, combinant leur tir avec l'artillerie de réserve établie derrière Champigny.
99W «ttaqaoDs L'ennemi, profitant de la supériorité de son feu, reforme ^îoïeure'r* ^® colonnes et devient menaçant sur toutes les pentes de Cœuilly. Une masse de tirailleurs, défilés derrière les
(1) Les mobiles de la Côte-d'Or et d'Hle-et- Vilaine, fori éprouvés par la lutte sur le plateau du Signal, se reformaient dans le bois du Plant.
vergers, les haies, les clôtures, nous fusillent à petite distance. Un certain nombre, postés dans Fenclos de la Maison Rouge, nous font surtout beaucoup de mal (1). Une compagnie du 122* s'élance sur cette maison ; malgré un feu violent nos hommes arrivent au pied des murs et s'emparent des deux faces nord de l'enclos... mais l'ennemi se retirant derrière les faces opposées couvre de balles tout le jardin et nous empêche d'y pénétrer. Pris de flanc et à revers par les tirailleurs embusqués sur les pentes de Cœuilly nos soldats se trouvent bientôt dans une situation trés-critique, et sont contraints de se retirer.
Les défenseurs de la Maison Rouge se lancent à notre poursuite, pendant qu'un bataillon prussien du régiment n* 49, sortant du petit bois, cherche à nous couper la retraite. Le colonel de la Monneraye du 122% à la tête de trois compagnies de son régiment, se précipite sur le flanc du bataillon prussien ; à peine a-t-il fait quelques pas qu'il tombe mortellement frappé ; nos compagnies continuent leur marche sous la direction du commandant Aillery; des fractions du 121* et quelques mobiles se joignent à elles, et ces trois ou quatre cents hommes se jetant à la baïonnette sur les Prussiens, les bousculent dans la Plàtrière, le petit bois , leur faisant une cinquantaine de prisonniers el délivrant quarante des nôtres qui venaient de tomber entre leurs mains.
À la tète d'une centaine d'hommes, le capitaine adju- RepriM dant-major Forest-Defaye, talonnant de près les fuyards, u piâtîière. pénètre dans la Platrière et tombe mortellement frappé en enlevant cette importante posiiion qui dominait le Parcen-Pointe et une partie des maisons de Champigny occupées par l'ennemi. Deux compagnies du 121* s'y installent immédiatement.
(1) Voir croquis n» 10.
A la suite de celte vigoureuse offensive, les Allemands, épuisés, mis en désordre, semblent ne plus songer à reprendre Foffensive ; nous profitons de ce moment de répit pour remettre un peu d'ordre dans les deux régiments de la brigade Paturel, si cruellement éprouvée.
Le général était blessé ; les deux colonels des 121* et 122* tués; trois chefs de bataillon hors de combat. Le 122* avait perdu près de 600 hommes et 27 officiers, le 121* 400 hommes et 21 ofRciers.
« A Ghampigny, dit le major Niepold, les Poméraniens € et les Wurtembergeois combattirent ensemble avec € une grande opiniâtreté, mais dans Tespoir qu'un ren- € fort prochain ne tarderait pas à arriver. »
Ainsi, à 10 heures, deux brigades étaient venues successivement se heurter à nos défenseurs de Ghampigny sans pouvoir les déloger de leurs positions; leur situation était môme assez compromise dans ce village où nous commencions à regagner quelques maisons, quelques jardins, et l'ennemi comptait pour le soutenir sur l'arrivée prochaine d'un nouveau renfort. Le général en chef avait en effet donné l'ordre à la 3* division Hartmann d'entrer en ligne sur tout le front Villiers-Gœuilly; celte division devait être remplacée sur le plateau de Ghennevières par les 8* et 21' brigades.