PLATEAU DE VILLIERS-BRY-SUR-MARNE
Défecse Sur le platcau de Villiers la division Berlhaut conti-
viiiiors. nuait à se défendre énergiquement derrière ses tranchées, repoussant toutes les tentatives de l'ennemi.
L'artillerie, habilement dirigée par le général Frébault, par le général Boissonnet, déployait la plus grande vigueur; mais en butte aux feux croisés des nombreuses bat-
•raie igno
mi
I ane Ile contre
du ( \
terîes dé Villiers et de Cœuilly, elle était fort maltraitée.
Malgré Tépaulement qui la couvre, la batterie Moriau essuie de grosses pertes ; le parapet insuffisant est traversé par les obus... bientôt nombre d'hommes, de chevaux sont hors de combat. Le feu devenant de plus en plus meurtrier, le capitaine Moriau reçoit Tordre de se retirer.
Les batteries Nismes (1) et Dubois, légèrement défilées Les batteries par un pli de terrain, peuvent continuer la lutte, mais réserve%e>()ia]e elles souffrent cruellement. Pour les appuyer le comman- . sur
^^ •' le plateau do
dant Lefébure porte en avant la réserve générale. Pen- /u)\*^jf/e\j dant que les batteries Malherbe et Bajau s'établissent aux abords de la route n<» 45, la batterie Gros prend position sur la crête de Bry afin de soutenir les troupes engagées contre Villiers.
Nos batteries, déjà aux prises avec Tartillerie de Villiers et de réperon de Cœuilly, furent un instant très-vivement inquiétées par de nouvelles batteries prussiennes (2), qui, venues sur la partie nord du plateau de Cœuilly, les prenaient en rouage ; mais les grossses pièces du fort de'Nogent, une pièce de 19 entre autres, eurent bientôt raison de ces batteries et les forcèrent à se replier.
Toujours au plus fort de l'action, le général Boissonnet venait d'être blessé; il fut remplacé par le colonel Minot, et le commandant Warnesson prit la direction de la réserve générale.
Au-dessus de Bry la lutte était des plus chaudes : à diverses reprises Tennemi avait cherché à nous rejeter sur les pentes, mais nos hommes, cramponnés au talus bordant la crête, T accueillaient chaque fois par un feu rapide qui le forçait à rétrograder.
L'ennemi
prononce ane
nouvelle
offensive contre
Bry.
;1) La batterie Nismes a tiré plus de 2,500 coups dans les journées des 30 novembre et 2 décembre ; sur ce nombre elle a tiré environ 600 obus à balles ou coups à mitraille, presque tous au comiiiandemont de son chef.
(2) Artillerie de réserve du 11* corps.
Voyant ces premiers efforts impuissants, lô prince Georges de Saxe fait avancer le régiment de tirailleurs n* 108 (1). Le 1" bataillon descendant du mamelon de Villiers s'élance contre nos tranchées,., le 125* et le 3* bataillon du 126% soutenus par le feu de la batterie Gros, le repoussent énergiquement. c Des deux côtés, dit « le major Niepold, le feu s'exécutait à une distance si € rapprochée que les pertes furent très-grandes de part c et d*autre. Dans le bataillon de tirailleurs, le coinmanc dant, tous les capitaines, et presque tous les ofliciers « furent mis hors de combat, et les compagnies étaient c sensiblement réduites.
Le régiment c Âprès plusiours toutativos faites par le 1^ bataillon liraïuems nMoe « do tiraillcurs pour soutenir le combat et empêcher que le 13 bataillon < la positiou uo fût touméo, le colonel de Hausen, corneront VefouiéS' * mandant le régiment de tirailleurs, envoya comme *'"\nii??i*^ ^® « renfort son 2* bataillon ainsi que le 13* bataillon de ^"côurty'**^* « chasseurs, afin de prolonger le flanc gauche de la ligne c de combat. »
Entraînés par leurs officiers^ nos soldats s'élancent sur le plateau ; une lutte s'engage presque corps à corps ; les lieutenants- colonels Jourdain et Neltner des 125' et 126* tombent mortellement frappés ; néanmoins nous gagnons toujours du terrain.
c L'ennemi, ajoute le major Niepold, continuait malc gré cela à entamer cette aile, et en même temps de « forts essaims de tirailleurs attaquaient de face le parc c de Villiers ; des canons et des mitrailleuses prenaient « également part à cette action, de telle sorte que les deux « bataillons de tirailleurs Saxons avaient à soutenir de c front un feu très-vif de mousqueterie et étaient pris en
(1) Voir croquis n« 11.
c flanc et à dos par les obus de gros calibre du mont c Avron. En peu d'instants ils eurent donc d supporter t des pertes très-importanles. >
Comme on le voit, non-seulement Tennemî n'avançait pas, mais fortement menacé sur sa gauche il craignait d'être enveloppé et coupé du parc de Villiers.
De ce côté, en effet, nos soldats, excités par la présence du général en chef, arrivent déjà sur les pentes du mamelon de Villiers, où la lutte devient de plus en plus chaude. Bientôt les munitions manquent à notre première ligne de tirailleurs embusqués dans un pli de terrain à petite distance des murs du parc de Villiers. Le général en chef envoie quelques éclaireurs de son escorte avec le commandant Franchetti pour prendre des cartouches dans les caissons arrêtés près du village de Bry.
Placées dans des sacs sur l'arçon de la selle, les cartouches sont rapidement apportées et distribuées par ces intrépides cavaliers aux tirailleurs les plus avancés; c'est en revenant d'accomplir cette mission que le brave Franchetti est atteint d'un éclat d'obus, au moment où il entrait dans le chemin creux qui descend de Villiers sur Bry (midi et demi).
A peu près en même temps, les troupes saxonnes se trouvaient, sous le rapport des munitions, dans un embarras égal au nôtre.
« A midi, dit le major Niepold, les munitions com- € mençaient à manquer. L'artillerie française redoublait c son tir à obus ; de tous les côtés, de nouvelles batteries c s'installaient. Les troupes saxonnes ne formaient qu'un € cordon très-mince : le colonel de Hausen se décida « donc, bien malgré lui, à ordonner la retraite sur Vilc liers. En séjournant trop longtemps dans une position c exposée et sans soutien direct, les bataillons de tirailc leurs eussent été immédiatement enveloppés. »
Lesiw Pendant que le 125* et une partie du 126' repous-
BontVefouléspîr saieut avec tant de vigueur le 13" bataillon de chasseurs et 108- français, et le régiment de tirailleurs saxons , le 1" bataillon du 108* et les 2" et 3* du 107* français, dirigés par le colonel Tarayre, combatlaient avec le même succès contre les régiments n**' 108 et 107 saxons, qui nous attaquaient à la fois par le plateau et par les pentes. Masqués dans les vergers, derrière les haies, les Allemands, à 150 mètres de nous tout au plus, faisaient les plus énergiques efforts pour nous rejeter dans le village... Le feu de la mousqueterie produisant peu d'effet sur nos hommes rasés derrière les accidents du sol, ils essayèrent plusieurs fois de nous aborder. •• Poussés par leurs officiers, ils sortaient de leurs abris, faisaient quelques pas en avant... aussitôt les nôtres, baïonnette basse, s'élançaient résolument à leur rencontre... Chaque fois, les Allemands tournaient le dos et couraient à leurs abris, d'où ils nous repoussaient à leur tour par une fusillade meurtrière. Longtemps sur le plateau, sur les pentes, ce fut de part et d'autre une suite de mouvements en avant et en arrière. A la fin, l'acharnement de l'ennemi dut céder devant l'entrain et la vaillance de nos soldats, et sur toute la ligne il fut obligé de se replier.
Le Les hommes du 3* bataillon du 107*, entraînés par leur
* ° arrive*^ " intrépide commandant, M. Du Hanlay, venaient de fournir
sur le pîaleau i • . , i i . , i nr. ,
de Bry. une demiore charge, quand apparaît le gênerai Trochu. « Je viens de Champigny, dit-il; là se battent comme € des héros les soldats de deux vieux régiments ; vous € ne leur cédez en rien... brave Du Hanlay, je vous fais « lieutenant-colonel > (1).
Retraite * ^^ retraite, dit le major Niepold, s'effectua sous la
de recnomi.
(1) Voir aux pièces justifl atives n* XIV.
€ protection du 3* bataillon du régiment d'infanterie € n* 107. En conséquence, les 11* et 12* compagnies « s'échelonnèrent pour recueillir et soutenir par leur feu t les deux balaillons du régiment de tirailleurs n** 108, « battant en retraite sur l'angle nord du parc de Villiers; t et les 9* et 10* compagnies exécutèrent un retour € offensif sur le flanc gauche de la position française « pour couvrir celte retraite. Ces deux compagnies se t portèrent en avant avec une grande bravoure, mais € elles perdirent en quelques minutes 2 chefs de com- « pagnie, 4 ofBciers et un très-grand nombre d'hommes. « Elles durent dès lors se replier aussi sur Villiers. >
€ La retraite des tirailleurs saxons, soutenue par le € feu des 11* et 12' compagnies du régiment n* 107, était € appuyée par le 3* bataillon du régiment des grenadiers « du corps n** 100, qui garnissait le mur du parc de « Villiers , et par une batterie saxonne établie au sud « de Villiers. Les 10 compagnies du régiment de tirail- € leurs n' 108 purent ainsi se rallier en arrière de Vil- * liers. »
L'ennemi, visiblement épuisé, ne laisse sur le plateau que quelques tirailleurs ; mais il fait avancer son artillerie de réserve. Dix batteries, prenant position entre Villiers et Noisy-le-Grand, couvrent de projectiles le '
versant de la Marne, le village et les ponts de Bry; ces batteries sont vivement inquiétées par l'artillerie d'Avron ; les pièces de 7, notamment, les obligent à de fréquents changements de position.
Pendant que nous soutenions énergiquement la lutte Les saxons