‹ La défense des états et les camps retranchésChapitre 17 sur 44 · GAHNISONS, AUMEMENT ET DOTATION DES PLACES FORTES · texte numérisé non relu

GAHNISONS, AUMEMENT ET DOTATION DES PLACES FORTES

Un point sur lequel bien ties opinions ont du se modifier, depuis les dernieres guerres, est la nature et la quality des troupes necessaires a la defense des places.

Longtemps on a cru, sur le temoignage de Napoleon, de Soult, de Pelet, de Rogniat, de Larnarque et d'au^ tres generaux, que les garnisons des places fortes ne doivent pas etre composees de troupes actives. L'Empereur voulait qu'on les tirdl de la population : « C'est^ (f disait-il, la plus belle prerogative de la garde nations nale i.

« II ne faut pas confondre un soldat avec un homme. (( Sans doute il faut pour defendre une grande ca- (( pitale 50,000 a 60,000 hommes^ mais non 50,000 a (( 60,000 soldats \ »

t. Memoires de Napoleon.

2. Commentaives de Napoleon I" ; Paris, 1867, t. V, pages 10M06.

bois, chanvre, fers,charbons, cuirs, colons, laines, etc.

II est evident que les petits pays comme la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Suisse et le Portugal ne doivent pas Stre fortifies de la niSme maniere que les Etats de premier ordre.

Le principe general expose plus haut sera done, pour ces pays, modifie comme suit :

Parmi les forteresses en premiere ligne il n'y aura pas, sur chaque frontiere altaquable, une place de depot, les petits Etats n'elant pas obliges de s'organiser pour la guerre offensive, et pouvant , lorsqu'ils doivent la faire exceptionnellement, tirer le materiel et les approvisionnements de leur armee du pivot central ou de toute autre place de Tinterieur.

II ne sera pas necessaire non j/lus qu'il y ait, par frontiere attaquable, une place a camp retranche situ^e en seconde ligne, la distance entre la frontiere et le centre du pays etant trop faible pour justifier Texistence d'une pareille place, et les ressources en hommes et en materiel etant insuffisantes pour assurer convenablenient leur defense. li suffit alors de creer, vers le centre du pays, une seule grande position retranchee pouvant servir de pivot strategique dans toutes les eventualiles, quelle que soit la frontiere altaquee.

Le nouveau syst^me de defense de la Belgique est conforme k ce principe. II se compose de deux places sur la Meuse : Liege et Namur, et de deux places sur I'Escaut : Termonde et Anvers. Cette derniere constitue le pivot central de la defense. Pour la

toire, qu'une garnison forte de 46,200 hommes i, command^e par un chef intelligent et vigoureux, se soit laiss6e cerner par une division allemande dent Teifectif, au d6but, ne s'ilevait qu'i 10,000 hommes, y corapris 2,000 cavaliers etartilleurs 2, et qui occupait une ligne d'investissement morcel6e de 40 kilometres d'^tendue ? Le colonel Denfert attribue avec raison tout Vhonneur de la belle resistance de Belfort aux troupes de ligne et surtout k Tartillerie et au g6nie^ dont il signale la fermete et I'intelligence dans son ordre du jour du 14 mars 1871.

On pent tirer les memes conclusions de la defense de Paris. Les seules troupes qui aient montre de la discipline et de T^nergie dans le combat, du calme et de la resignation dans la mauvaise fortune, sont celles de Tarm^e permanente et de la marine. Ce fait s'explique du reste facilement. Dans une place assiegde le soldat n'a pour ainsi dire jamais de repos; tous les jours une partie des troupes est employee sur les remparts ou engag6e dans des sorties, des reconnaissances ou des combats de postes> La fraction qui est au piquet ou au repos, est elle-mfime expos^e au jet des bombes et des obus. Les nerfs des hommes les

1 . Dans cet effectif les troupes permanentes etaient representees par 2 bataillons, 5 demi-batteries et 1 compagnie de mineurs. Le reste se composait de 8 bataillons, 8 compagnies isolees, 5 batteries de campagne, et 1 compagnie du genie de la garde nationale mobile, et d'un contingent de garde nationale mobilis^e et s^dentaire, comprenant 3 compagnies, 390 habitants armes, 100 douaniers et quelques cavaliers isoles.

2. Voir la relation officielle du siege de Belfort, redigee sur les documents de Tinspection g^nerale du g^nie prussien, par le capitaine ingenieur Paul Wolf.

DEUXifiME PARTIE

LES GAMPS RETRANGHMiS

« Jusqu'ici on a recu toutes les propositions que j'ai faites, k cet egard {k I'egard des camps retranches), comme autant d'absurdites qui ne meritaient pas d'etre ecoatees. Dieu veuille que i'aie tort! »

Vaubau, Mimoire au /^ot (Janvier 1705}.

GHAPITRE VII

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