‹ La défense des états et les camps retranchésChapitre 18 sur 44 · ORIGINE ET PROGRES DES GAMPS RETRANCHES · texte numérisé non relu

ORIGINE ET PROGRES DES GAMPS RETRANCHES

De tout temps les armees ont entoure de retranchements les positions qu'elles etaient obligees de difendre ou d'occuper temporairement. Mais ces positions ou champs de bataille fortifies^ dont les Ro< mains ont fait les premiers un emploi g^n^ral, ne constituent pas ce qu'on appelle aujourd'hui des camps retranches.

Cette qualification a ^t^ donn^e primitivement k des espaces retranches, ^tablis sous la protection des places fortes et leur servant d' annexes; on Ta ^tendue

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ensuite k de grandes positions defensives au centre desquelles se trouve un noyau fortifie.

line position retranch^e sans noyau, mais defend ue par des ouvrages permanents, comrae Tetait celle de Lintz, porte egalement le nom de camp reiranche. La qualification de camps de' sejour ou de passage a ele reservee aux positions retranchees que Ton fortifie pour la duree d'une campagne, ou pour abriter pendant quelques jours seulement une arniee inferieure en nombre.

Les camps retranches permanents, destines a servir de pivots d'op6rations ou de lieux de refuge aux armees en campagne, sont d'institution moderne. On n'en trouve pas raeme le germe dans le memoire de Vauban de 1696, sur les camps retranches.

Ce memoire, en effet, ne preconise que Temploi de petits camps provisoires, pour 10 a 12 mille hommes, servant d'annexes aux places fortes. En le redigeant, rillustre ingenieur n'etait evidemment preoccupe que du desir de renforcer la defense de certains points strategiques imporlants — occupes par de petites forteresses — en doublant ou en triplant les garnisons de celles-ci. Comme Tespace y manquait, il imagina de cr6er, pour le supplement de garnison^ une position retranchee adossee aux remparts (voir fig. 2 et 3). Le premier camp de ce genre, propose par Vauban, est celui de Dunkerque ; il fut trace en 1693 et enlame Tannee suivante.

Quelques auteurs out avance a tort qu'il constitue

CAUSES DE L'iNEFFICACITfi DES FORTERESSES 93

'\'aieDt. Les operations de Napoleon avaient ete, en eflet, si promptes et si bienconcertees, qu'au debut de Tinvasion, il etait parvenu k couper I'arm^e prussienne de TElbe et de Berlin, k s'emparer de ses magasins et k la meltre dans une situation desesp6ree. « Pas un homme « de celte vieille armte de Fr6d6ric n'echappa, si ce tt n'est le roi et quelques escadrons , qui gagnerent tt avec peine la rive droite de I'Oder ^ » Si la Prusse ^vait eu a cette ^poque de meilleurs g^neraux, nul doute que les choses ne se fussent pass^es autrement. 5on armee, au lieu de se porter au-devant de Tennemi, <lans les plaines d'lena, se serait ^tablie sur la rive droite de TElbe , entre Magdebourg et Wiltemberg, dans une position ou eHe aurait couvert la capitals et protege le coeur du pays.

11 est incontestable que les places fortes he rendirent^ aucun service dans cette campagne, mais cela tient k ce que les operations de Tarmee prussienne avaient et^ conduites de maniere k les paralyser, en cas -d'^chec, et k rendre inutiles toutes les ressources du royaume. Quant au peu de resistance qu'offrirent la plupart, on doit surtout Tattribuer au manque d'energie des gouverneurs. La preuve, c'est que Stettin lit une capitulation honteuse , tandis que Magdebourg resista vingl jours au corps d'armee du mar^chal Ney, bien que Tencombrement et la confusion qui regnaient dans cette place en eussent rendu la defense tres-diilQcile.

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