CAUSES DE L'INEFFICACIT^ DES FORTERESSES
Les garnisons qu'on avail jetees dans ces places au dernier moment, ^taient insuffisantes et Ires-mal disposees. Ainsi Audenaerde se d^fendit avec 1,000 hommes, Ath et Termonde avec 1,200, Menin avec 12 compagnies et 2 escadrons, etc., etc.
Le peu de resistance que presenterent certaines places du nord et de Test de la France, en 1814 et en 1815, doit etre attribue aux memes causes, aggravees par des defaillances politiques.
Les invasions de ces deux ann^es, dit le general Jomini, ne prouvent rien contre le systeme de defense cree par Vauban ^ « EUes sortent de toutes les cc bornes ordinaires. La moitie de TEurope bloquait c( les places de la France, quand Tautre moitie allait « k Paris secondee par F esprit de parti qui divisait la a Tuition 2. »
Plusieurs villes fortifiees ouvrirent leurs portes au seul nom du roi legitime ; d'autres, regardant les etrangers comme des allies, ne voulurent point se declarer contre eux ; toutes, en general, manquaient d'approvisionnements et de troupes ; leurs garnisons 6taient aflfaiblies par la disette et par les fatigues d'une retraite de 700 lieues ; enfm la France , epuisee par vingt ann6es de guerre, n'avait ni la volenti, ni le moyen de r^sister a des forces quadruples des siennes.
1 . Voir ses annotations sur les Principes de strategie du prince Charles.
2. « Si ces places ont et6 de peu d'effet en 1814 et 1815 , c'est qu'alors les opinions eurent leur influence plus que les places , et meme plus que les armees. » (General Paixhans, Force et faiblesse, etc., p. 109.)
116 LES CAMPS RETRANCH^S
permanents les camps relranches, qui, d'apresYauban, ne devaient Sire que temporaires. On a reconau ensuite la necessite de rem placer les ligaes continues par des ouvrages k intervalles , plus favorables aux retours olTensifs. Enfin, renon^ant compl^tement k ridSe de faire servir les camps d^anneoces aux places, on a cree de vastes positions retranchees, dont Teaceinte fortifiee n'etait plus que I'accessoire {reduit au noyau) .
Ce dernier progres date du commencement de notre siecle. L'idee premiere en appartient k Vauban qui, dans son Memoire sur la defense de Paris — dont il sera question plus loin — posa les verilables principes de la defense des capitales, et se montra bien superieur k ses timicles successeurs, lesquels s'en tinrent exclusivement aux camps-annexes, organises a la maniere des Turcs.
Ainsi Montalembert, d' Argon, Bousmard, Garnet, Noizet de Saint-Paul, Dufour et d*au.tres ingenieurs, n'ont vu dans les camps relranches qu un moyen de prolonger la defense des places et de donner a de petites forleresses , les proprietes inherentes aux forleresses de premier ordre ^.
1. « Un camp retranche, dit Noizet, n'est qu'un accroissement de place forte...
c Les camps relranches doivent avoir assez de capacile pour conlenir le surcroit de gamison qu'on veut donner aux places Idont elles sont I'accroissement), ainsi que toutes les choses qui leur sont n^cessaires. »
D'Aigon appelle les camps relranches, « des extensions des forleresses f « dont 1 objet est de couvrir des corps d'arrnee plus ou moins nombreux . — « Les grandes places, dit-il, sont