C'^tait k peu prds le systeme de Neuf-Brisach
origine; et pkoor&s 119
a.atettrs du projet de defense de Paris, vote en 184*0.
Les differences qui existent autre les deux projeti s'expliquent par les progr^ realises depuis la fin du xvii^ siecle^ dans la strategies dans la constitution des armees, dani$ les m^thodes de combat et dans Tar^ memeot.
Les armees etant devenues plus nombreuses, plus mobiles, Tenceinte extSrieure du projet de 1698, avec ses passages 6troits ne satisfaisait plus aux necessites d'une resistance active et prolong^e.
Vauban ne comptait, pour la defense de Paris^ que sur une arm4e mobile de 30,000 hommes de troupes de ligne et de 10,000 hommes « d'assez bonnes trou- « pes, levees dans Tenclos des muratlles de Paris, « sans toucher a la garde ordinaire des bourgeois qui « ne laisserait pas dialler son train i. »
En 1840^ on admit que la capitate de la France aurait, au moment decisif, une garnison beaucoup plus forte.
C'est pour ce motif qu'on substitua k I'enceinte extirieure^ proposee par Vauban^ une ceinture de grands forts avec des intervalles libres de 1,800 k 2,500 metres.
Le premier ingenieur qui ait fait ressortir les propriet^s des camps retranches, composes d'ouvrages a intervalles, est le g^n^ral Rogniat.
1 . Vauban estimait que cette force eiit ete sufiisante pour rendre Paris inexpugnable, alors m^me que rennemi ausait eu 250,000 hommes. (II supposait la place approvisionn^e pour un an.)
120 LBS CAMPS RETRANGHKS
Ayant reconnuque les camps & la turque, ameliores par Yaubaa et appliques par lui k quelques forteresses, sont tr^s-utiles pour donner de I'espace a nne forte garnison, mais n'offrent aucune facilite pour les operations d'une grande armee, il publia en 4816 (voir ses Considerations sur I'art de la guerre) , un projet de camp retranche, qu'il espliqua et justiiia de la maniere suivante :
<( II faut que les camps retranch^s soient capables « de contenir cent mille hommes au besoin, et n'exi- « gent cependant que fort pen de troupes pour leur « defense ordinaire, et qu'ils laissent k Tarmec qui (c s'y refugie momentan^ment, toute son action et tout « son d^veloppement, lorsqu'elle veut reprendre Tof- « fensive. II n'y a pas de meilleurs moyens de remplir « ces conditions que celui d'etablir quatre forls au- « tour de chaque place, formant un immense carre « dont la place occuperait le centre. Ces forts, fermes € en tous sens, seraient ^tablis sur les sommites les « plus avantageuses, i environ 12 a 15 cents toises « des ouvrages de la place, et espac6s entre eux de (( 2 a 3 mille toises.
« L'espace compris d'un fort a Tautre formerait un (( champ de bataille capable de recevoir une armee « de 50 a 100 mille hommes, qu'on pourrcit regarder « comme inexpugnable,
« Les forts, armes de canons de gros calibre^ en « apguieraientparfaitement les ailes. Quant au centre, « sur lequel ils auraient peu d'action k cause de leur
ORIGINE ET PROGRlis ' 12i
cc eloignemenl, on pourrait le renforcer par des oucc vrages de campagne construits au moment du be- « soin et soutenus par le canon de la place.
« Ainsi les quatre forts, circonscrivant chaque force teresse, formeraient tout autour un vaste camp a retranche, presentant quatre champs de bataille dif- « ferents ; de sorte que, de quelque cote que Tennemi (( arrivSt, nous pourrionsluifaire face avec notrearmee.
« La garde ordinaire de ce camp retranche, qui se « reduit k celle des quatre forts, ne pourrait pas exi- « ger plus de 800 hommes, et la place qui en serait (( le reduit mettrait en surete tous les etablissements « et les depots necessaires a I'existence et a la reorga- « nisation des armees. »
L'idee dominante de ce projet est la creation, autour des places de guerre, de quatre champs de bataille, ayant les ailes appuyees a des forts, et le front defendu par des ouvrages de campagne. Cette idee a paru judicieuse k un grand nombre de critiques militaires et meme au general Jomini qui, dans son appre* elation du camp retranche de Lintz, fait clairement entendre que le role de Tarmee defensive, en cas d'attaque d'un camp retranche, consiste a occuper le& intervalles des forts ^ Ce role est evidemment trop
1. Apres avoir fait observer que le camp de Lintz a un perimetre de 10,000 toises, il dit : « Ce trace sembie un peu tt etendu, car pour Sire garni cooipletement sur une seule tt ligne avec reserve, il exigerait 150 bataillons au moins; mats u comme la veritable defense ne coaiporlerait guere qu'uneo etendue de 4,00!) toises, avec 80 balaillons le camp serait o bien garde. » {Precis de I* art de la guerre.)
122 LES CAMPS RKTRANCHfiS
limits. Dans bien des cas, en effet, c'est en avant -du camp retranch^ que se trouverotit les bonnes positions defensives ; dans d'autres , il sera, au coniraire, avanlageux de refuser Tattaque en etablissant I'armie 4 Tint^rieur du camp. Pour que Ton put admetti'e T opinion du g6n4ral Rogniat dans toute sa g^n^ralil^, il faudrait que les quatre champs de bataille constiluant son camp retranch^ fussent, comma il rafiirme, inexpugnables ; or, cela n'est pas. De petits forts, espac^s de 2 i 3 mille toises^ et des otivrages de campagne^ occupant les intervalles de ces forts, •donneraient sans doute un appui efficace aux ailes et au centre de Tarm^e defensive, mais ne rendraient pas necessairement la position inexpugnable, surtout si Tarmee s'6tait retiree dans son camp, apres un grave 6chec, desorganisie ou dimoraliste.
Les auteurs du plan de defense de Paris, votS en 1840, ne se sont pas inspires de Tid^e de Rogniat; ils ont jugS pr6fiSrable d*am61iorer le projet de Vauban, en substi* tuant une ligne de forts k I'enceinte ext^rieure de ce projet. Mieux avisos que Tauteur des Considerations stir Vart de la guerre j ils ont espac6 les forts de 1,800 A 2,500 metres au lieu de 2,000 a 3,000 toises. En meme temps, ils ont donne aux ouvrages detaches plus de developpement et plus de resistance.
Bien avant que le general Rogniat n'eut propose d*(5lablir quatre forts autour des places de guerre, pour former des camps retranch^s composes de quatre champs de bataille, on avait construit autour de plu-