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<( moins forte que celle de Tennemi, il est a pr^umer « que I'avaatage de la position ne balancera pas cette « double inferiority. Elle essuiera done un nouvel a echec, et cette fois, n'ayant plus de refuge, hommes, « chevauxy matSrieU tout deviendra la proie du vain* « queur.
a Un camp retranche sans noyau central n'est « qu'une ligne repliee sur elle-meme, or toute ligne « forcee est une ligne perdue. C'est pourquoi le due « de Wellington eut la precaution de construire, en « arriere de sa premiere ligne de Torres-Vedras, une « seconde ligne, et, en arriere de celle-ci, les retran- « chements continus de St-Julien, destines a prot^ger c( le rembarquement des troupes. »
Lorsque nous fimes ces reflexions nous etions loin de supposer qu'une grande guerre et deux sieges memorables viendraient les confirraer d'une raaniere ^clatante.
SiMetz et Paris n'avaient euque des forts detaches, Tune de ces places n'auraitpas arrete pendant 2 mois et demi, I'autre pendant 4 mois, les armees victorieuses de TAUemagne. Ces armees, comme nous Tavait fait remarquer plus haut, apres Gravelotte et Chdtillon, se seraient portees a Tinterieur de la ligne des forts et, poursuivant Tarmie vaincue T^pee dans les reins, Tauraient obligee k deposer les armes ou a continuer sa retraite. L' existence d'une enceinte armee de canons et a I'abri de I'attaque de vive force, a suffi pour rendre cette prompte solution impossible.
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Malgr6 ce fait et les considerations que nous venons d'exposer, il a 4te public, depuis 1870, plusieurs projets de camps retranch^s permanents, composes d'une simple ligne de forts. Parmi ces projets nous citerons ceux du colonel Drummond-Jervois et du major Pa- User, pour la defense de Londres.
En AUemagne et en France on est g^neralement convaincu de la n6cessit6 de donner k tout camp relranch^ permanent une enceinte inattaquable de vive force ; mais Ton n'est pas encore fixe sur la maniere de constituer cette enceinte.
2° <Jomment doit 6tre constituee Venceinte dCun camp
retranch^ ?
L'enceinte d'un camp retranch6 destine i servir de pivot de manoeuvre et de place de refuge k Tarmee d'une grande puissance militaire, atteint parfaitement son but lorsqu'elle est k I'abri de Tattaque de vive force. Cetait Tavis de Vauban, des g6n6raux Bernard, Schneider, Paixhans et Rogniat, du marechal Soutt et des diverses commissions qui ont ^te rSunies en France, depuis 1818, pour arreter les bases de la defense de Paris.
L'enceinte de cette capitale a plus d'importance qu'elle n'en aurait du avoir. Cela tient a ce qu'on fat oblige de rallier au projet du gouvernement les partisans d*une enceinte unique, constituee pour une defense prolongee. M. Thiers, auteur et rapporteur de
la loi, dit aux partisans d'une enceinte unique, sans forts detaches : « Vous aurez Tenceinte proposee par « MM. Haxo et Valaze et, de plus, on vous donnera <{ 12 & 14 forts y> ; il dit aux partisans des forts sans enceinte ou avec enceinte de surete : « Vous aurez les u forts que vous demandez et, au lieu d'une enceinte « de surete, on vous donnera une enceinte de siege, y^
Aux uns et aux aulres il repeta : « Abondance de biens ne saurait nuire et vous auriez mauvaise grAce de vous plaindre de ce qu'on vous accorde plus que vous n'aviez esper6. »
Le gouvernement frangais aurait pu se contenter d'une enceinte beaucoup plus simple et par consequent moins couteuse. Le type qu'il adopta est nonseulement onereux, mais encore tres-d6fectueux. II presente en effet de hautes escarpes, expos6es aux coups plongeants de Tattaque, des flancs ricochables, armes de pieces i ciel ouvert, des remparts sans traverses ni abris, et un corps de place depourvu de casemates et de logcments a I'epreuve de la bombe.
Ge n'6tait done pas, quoi qu'en ait dit M. Thiers, une enceinte de siege (pouvant ofifrir une longue resistance a Tattaque pied a pied).
Comme enceinte de surete^ elle eut atteint son but, avec une depense moitie moindre, si elle avait ete composee de fronts en ligne droite, d'un kilometre environ de longueur, flanques par de petites caponnieres et proteges contre Tescalade par une escarpe d6tachee.
Lorsque le camp retranche servant de base et de
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place de refuge, se trouve dans ua petit £tat qu'une brusque invasion pent surprendre au milieu de ses pr^paratifs de defense, et dont 1' unique arm6e est «xpos6e k etre d^truitje ou couple de son pivot d'operations, si le commandant en chef manque d'babilet6 ou de prudence; lorsque, de plus, ce camp est tres-rapproch^ de la frontiere et que Tennemi y peut laire arriver facilement un pare de siige, il convient que Tenceinte offre assez de resistance pour qu'on (ioive Tattaquer pied a pied.
Dans ce cas, en effet, la duree de la defense du camp retranche sera si fort abregee, qu'il faudra, k litre <le compensation , augmenter la resistance du noyau.
Tant que celui-ci sera au pouvoir de la defense, le petit Etat peut esperer, soit une diversion favorable, soit I'arrivee d'une armee de secours. Ce n'est qu'apres Tabandon de I'enceinte que sa perte sera certaine. Tout ce qui tend k retarder ce moment fatal, est done utile, indispensable. G'est pourquoi les ingenieurs beiges ont voulu que le camp retranche d'Anvers eut une enceinte de si^ge. II faudrait egalement en donner une a Copenhague et k Lisbonne, si le Danemark et le Portugal se decidaient a faire de ces oapitales le pivot de manoeuvres et la place de refuge de leur armee.
CONDITIONS A RKMPLIR 139
3<* Comment doit 6tre constitu^ le camp retrancMf
Geite question a ete r^solue de plusiears mani&res. Tanlot Ton a donn6 la preference a un systeme de fortins k defense reciproque, tantot a un systeme de forts a defense independante.
Les tours de Lintz, reliees par un chemin convert palissade, et les fortius du general Paixhans, relies par des epaulementSy appartiennent au premier systeme. Les forts de Paris, de Verone, de Cracovie, de Metz et d'Anvers appartiennent au second.
Le meilleur camp retranche etant celui qui ofTre le plus de garanties contre I'attaque de vive force, preparee par une vive canonnade, le systeme des grands forts a flanquement propre est preferable k celui des petits fortins ou des redoutes a flanquement r6ciproque. Ce dernier mode de flanquement inspire en effet moins de confiance aux defenseurs, parce qu'il est plus incertain et quelquefois meme completement inefficace, par exemple la nuit et en temps de brouillard ou de neige. Au surplus la garnison d'un fortin se trouvera toujours dans de mauvaises conditions morales lorsque sa s^curite dependra de la vigilance et de rhabilete des defenseurs des ouvrages voisins ^ , et
t. « On voit alors, dit d'Argon, dans chacun des ouvrages a qui, de loin ou de pres, participent a la crise d'une altaque, " qu'il y exists une sorte d'ego'isme duquel il resulte qu'on « s'interesse infiniment moins a la siirete de ses voisins qu'a c< la sienne propre...
« Les defenses tir6es de loin, k del ouvert, ne produisent
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lorsque, en raison du peu d'^tendue du fortin, son effectif sera faible. On tombe alors dans Tinconvenient des commandements trop nombreux, confies k des officiers d'un grade inferieur.
Ces inconv^nients seraient plus graves encore si Ton composait le camp retranche de petits ouvrages disposes en quinconce , ou sur deux lignes k portte de mitraille Tune de Taulre.
Aussi est -on gen^ralement d' accord aujourd'hui pour former les camps retranches d'une ligne de forts k defense ind^pendante.
II n'y a plus guere de discussion que sur les points suivants :
I"" Dimensions des forts, leur trace, leur organisation inl^rieure.
2** intervalles des forts.
3"" Distance des forts k I'enceinte.
Pour arriver a une solution rationnelle de ces questions, posons d'abord quelques principes gen^raux.
II est Evident, k premiere vue, qu'un fort aura par sa situation le maximum de valeur, s'il occupe un point favorable du terrain et si les forts voisins peuvent croiser leurs feux devant son front d'altaque.
On devra done regler les intervalles des forts sur la port^e efficace de rartillerie, qui est limitee k la distance de 3,000 metres, au-deli de laquelle on ne peut plus voir distinctement des troupes et des travaux
a guere le jour que de la fumee, et pendant la nuit que des € feux divaguants sur Thorizon. »
d'atiaque. £n consequence les forts seront etablis a ^,500 metres environ les uns des autres, quand on voudra leur assurer le benefice de la protection mut4ielle ; mais tres-souvent la nature du site et la crainte de trop multiplier les ouvrages, obligeront k se deparlir de cette regie. II suffira, dans ce cas, d' observer le principe suivant :
Les forts doivent pouvoir battre efficacement le terrain dans Us intervalles du camp retranche.
En vertu de ce principe, la distance maximum enlre les forts ne depassera pas 5 a 6 kilometres.
L' action d'un fort sur le terrain situe en avant des forts voisins sera la plus grande possible, lorsque les forts occuperont une ligne droite ou legerement convexe. On 6vitera done, autant que faire se pourra, de disposer les forts de maniere a former des rentrants et des saillants prononces. Ces saillants ne seraient admissibles que s'ils occupaient des points inabordables ou presentant k Tattaque de tres-grandes difficultes.
Lorsque les forts des parties attaquables du camp retranche forment une ligne droite ou legerement convexe, les prolongements du front de tete de chaque fort tombent k peu de distance des forts voisins, ce qui rend impossible Tetablissement de batteries a ricochet contre ce front; c'est un avantage qui a ^te obtenu pour la premiere fois k Anvers (voir la partie droite de la fig. 4). Lorsque les forts sont a une grande distance Tun de Tautre (voir la partie gauche de la
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mSme figure)^ les prolongements des fronts de tAte ne tombent plus assez prte des forts voisins pour qa'il soit impossible on tres-difficile de ricocher ces fronts. Alors il sera preferable de briser l^geremenl les fronts
ft^-:
Fig. 4. — Diftpositif g6niral da fronL
de tfite en dehors (voir fig. 5) pour soustraire i Tenfilade leurs batteries flanquantes, & moins toutefois qu'on n*^tablisse dans les intervalles des forts des batteries permanentes x x (fig. 4), i Tabri de Tattaque de vive force, ce qui donnerait lieu a une disposition
Fig. 5.
rentrant dans le cas des ouvrages a defense mutuelle, c'est-i-dire separes par des intervalles de 2,500 metres au plus.
Pour ce qui conceme les dimensions des forts ^i leur organisation int^rieure, on pent dire, en termes gfoSraux, que plus un fort est Sloigne des forts voisins et de la ville, plus il doit ofFrir de resistance. En vertu de ce principe les ingSnieurs franf ais ont donni
an fort dn mont Yal^rien, un des plus ^loign^s et des plus isolfe du camp relranchS de Paris , des dimensions sup6rieures k celles des autres forts.
On objectera peut*etre que la resistance des ouyrages n'est pas proporlionnelle h leur grandeur; cela est incontestable; neanmoins, pour les raisons expos^es plus haut, on pent soutenir que la garnison d'un grand fort, composie de i ,500 a 4 ,800 hommes^ sous les ordres d'un colonel^ sera g^neralement dans de meilieures conditions morales et dirig6e avec plus d'intelligence que celle d'un petit fort^ composee de 300 k 400 hommes , sous les ordres d^un capitaine ou d'un major.
La distance des forts k Tenceinte est d^termin^e ' par la necessity de mettre la ville a Tabri du borabardement. II a iti prouvc, devant Paris^ que les canons longs, de 15 centimetres, du systeme prussien^ portent k 7,500 metres, et de r^centes experiences de polygone permettent d'affirmer qu'on arrivera prochainement i des porttes plus grandes. II sera done necessaire de donner aux camps retranch^s une profondeur moyenne d'environ 7000 rafetres pour soustraire les habitants a Taction des batteries de bombardement^ lesquelles, en general, ne pourront £tre etablies dans de bonnes conditions qu'i plus de 2000 metres des forts *.
Lorsque Ton aura le choix entre des points moins
1. A Paris, des circonstances particaliSres ont peraiis de les rapprocher davantage ; mais ces circonstances ne se presenteront que rarement a Tavenir.
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^loignes et des points plus ^loignes, on donnera generalement la preference k ces derniers, pour qu'il y ait a rinterieur du camp retrancbe des zones ou Ton puisse loger les troupes hors de la portee des obns.
Le choix des emplacements sera surtout determine par la necessite de battre efficacement le terrain en avant des forts, dans uneetendue de 2,500 i3,000 metres. Plus cette zone sera decouverte, plus grandes seront les difficultes du blocus et de I'attaque en regie. On evitera par consequent d'^tablir les ouvrages detaches en arriere d'un terrain raving, coupe ou boise.
II est de la plus baute importance que les forts occupent des emplacements qui favorisent les retours offensifs de I'armee campee. Cette consideration a determine les ingenieurs fran<;^is a porter au-del& de la vallee de la Bievre les nouveaux forts de Paris^ que M. Tbiers et plusieurs generaux auraient voulu etablir en arriere, poiir les rapprocber de I'enceinte.
L'enorme profondeur que Ton est oblige de donner aujourd'hui aux camps retrancbes, rend plus difficile le blocus, mais en revancbe elle a Tinconvenient d'augmenter le nombre des forts et d'immobiliserune plus grande partie de I'armee defensive.
Pour attenuer cet inconvenient on a propose de reduire les dimensions des forts de telle sorte que leur gamison ne depasse pas 800 bommes, et leur armement 30 a 40 boucbes a feu. Cette proposition semble avoir obtenu I'assentiment du comite du genie prus-
sien, a en juger par les forts en construction k Strasbourg et h Cologne. Mais^ en depit de rautorit^ qui s* attache aux decisions d'une grande puissance miliiaire^ il nous est impossible d'admettre qu'il soit logique de diminuer I'importance des forts au moment oil Ton est oblige de les isoler davantage, en les portant k 1 1/2 ou 2 lieues de Tenceinte, et en les espa^ant de 4 ^ 5 kilometres. Moins un ouvrage detache regoit de protection du corps de place et des ouvrages voisins, plus il importe que ses 616ments de defense soient respectables. Parmi ces elements la force morale de la garnison et Tenergie de son chef occupent 1e premier rang ; or, ce n'est pas dans de petits fortius qu'on les pent reunir. Raison decisive selon nous pour diminuer plutot le nombre des ouvrages que de r^duire leurs dimensions et leur valeur intrinseque. Les fortius ne doivent etre employes, dans les grands camps retranches, que pour la defense des points secondaires. Quant aux points principaux (dominants ou saillants), dont I'occupation pent assurer de grands avantages k Tennemi, il faut de toute necessite les d^fendre par des forts constitues et organises pour une longue resistance.
Dans le but de diminuer les frais de construction, TariQement et la garnison de surety des camps re tranches, on a propose de remplacer les grands forts permanents par de petits fortins, pouvant servir de r^duits k de grands forts provisoires, k construire au moment de la guerre. Mais cette combinaison, en appa-
BniALMONT. 10
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rence si favorable , est inadmissible, parce qae, dans la plapark des cas, on n'aura pas le temps de la T§aliser. L'exemple des forts improvises de Fiorisdorf, de Dresde et de Paris, 61evi6s en 1866 et en 1870^ proure' que, ponr consiniire de la bonne foriificatum mixte^ il faut six semaines k deux mois ; or Tintervalle qui s'ecoule anjourd'hoi, entre la d^daration de gaerre et le commeocement des hostilit^s, est si limits (10 k 12 jours), et les guerres modernes ont un denouement si prompt, qu'il serait tem^raire de compter sur un pareil laps de temps« II est a remarquer, d'ailleurs, que les ouvrages provisoires se trouvent en general dans de mauvaises conditions pour r^sister k une attaque pied k pied, et meme k une canonnade prolongee. Leurs parapets en terre fraichement remade offrent moins de resistance aux projectiles que ceui des ouvrages permanents, les plates-formes ont moins de stabilite, les batteries moins de commandementsur le terrain naturel, les fosses moins de profondeur; les escarpes et les batteries flanquantes sont moins soUdes et moins bien prot^g^es contre les feux plongeants ; entin les traverses-abris, les magasins et les logements resistent moins bien au tir des mortiers. ray^s , si redoutables pour les blindages et les magonneries fraicbes. D'un autre cote, plus un ouvrage est £uble par son profil et son organisation interieure, plus sa defense exige de troupes et de bouches a feu. La construction de forts provisoires ne serait done pas un moyen de diminuer la dotation des places
Scamps retranches, ni reflfectif de leur garnison.
En consequence , les forts et les fortins des camps retranches seront construits d'avance et on ne r^servera, pour le moment de la guerre, que les batteries et les retranchements destines k completer la defense des intervalles.
Toutefois, lorsqu'une place i camp retranch^ se trouvera sur un theatre de guerre ou la lutte ne pourra fitre portee que longtemps apres le commencement des hostilit^s, rien ne s'oppose k ce qu'on fasse une importante economic en ne construisant d'ane maniSre permanente que les rMuits.
Pour ce cas special nous proposerons un type d'ouvrage (voir planche I) qui se distingue par la suppression du fosse capital. Comme il est difficile d'assurer le flanquement de ce fosse, quand les travaux doivent etre rapidement executes, nous avons pense qu'il y aurait avantage k remplacer le talus de contrescarpe (revetu ou non revetu) par un glacis, battu directement du corps de place, et a construire au pied du talus (revetu ou non revetu) de la contrescarpe, une palissade ou mieux encore une grille en fer, composie de portions de 4 a 5 metres de longueur, preparees d'avance, et conservees en magasin jusqu'au moment du besoin.
Le reduit serait construit en temps de paix ; il aurait un armement de pieces de gros calibre, et renfermerait les canons de 12 et de 15 centimetres necessaires pour la defense du fort passager.
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Le rempart de ce dernier serait pourvu de barbettes 99^ sur lesquelles on ^tablirait, en cas d'attaque de vive force, quelques pieces de campagne.
La gorge serait organisee de maniere k permettre aux troupes camples, d'attaquer vigoureusement Tennemi, s'il parvenait k s'emparer momentan^ment de Tenveloppe du fort, et k s'y maintenir malgre le feu du reduit (ce qui ofTrirait de tres-grandes difficultes).
Sous le rempart du fort il y aurait des abris blindes pour les servants des pieces et pour les troupes de garde (voir le profil A B).
Le terre-plein bas de ce rempart communiquerait, par de larges rampes x a;, avec une place de rassemblement oil la reserve de la defense se tiendrait k convert, jusqu'au moment oil elle devrait intervenir dans la lutte pour renforcer les troupes de garde et repousser une attaque.
En remplagant ainsi le foss^ flanque , a escarpe raide, par un fosse a escarpe en glacis, battu directement du corps de place, on obtient le tr^s-grand avantage depouvoir donner au fort un trac6 curviligne, qui permet d'appliquer facilement la fortification aux terrains les plus accident^s.
Quelque soin que Ton apporte au choix des emplacements et au trace des forts, il y aura presque toujours, dans la zone exterieure, des parties que Tarlillerie ne battra pas, ou ne battra qu*imparfaitement. On oevra done, g^n^ralement, elever entre les forts, des
epaulements y y (voir fig. 4?) non-seulemenl pour decouvrir ces parties, mais encore pour diviser les feux de Tattaque^ qui sans cela seraient concentres sur les batteries des forts, qu'ils r6duiraient promptement au silence. Le siege de Paris a prouve que cette propriete est Ires-importante ; il a prouve en outre que les batteries basses, construites pendant le si6ge et dont Tennemi ne connait ni le trace, ni I'organisation int6rieure, ni rarmement, sont plus difficiles k dStruire que les batteries hautes des forts.
Nous avons, des 1863, propose de construire sur les cotes des forts, sous la protection de leur chemin convert et dans le prolongement du front de gorge, des batteries annems (planche II), qui ont la propriete d'etendre consid^rablement Taction des feux de front et de dispenser, par consequent, de donner aux forts des dimensions exagerees. L'armement, les servants et les munitions de ces batteries, sont tir^s du fort dont elles font partie. II suflira done que Ton y construise, au moment de la guerre, des abris pour ies servants et des magasins de distribution ^
Nous appellerons batteries intermediaires, celles qui ne se trouvent pas sous la protection rapproch6e de la
1. Nous appellerons magasiits de distribution ou de batterie, cenx d'ou I'on extrait les charges et les projectiles pour les besoins journaliers, et magasins d'approvisionnementy ceux qui alimentent les premiers ; on designe quelquefois les magasins de distribution sous le nom de magasins de service, mais il convient de reserver cette qualification pour les excavations pratiquees dans le parapet, a cote des pieces, et servant a abriter un petit nombre de charges.
160 LBS CAMPS RETRANGH^S
mousqoeterie des fronts lat^raux des forts et en communication avec leurs chemins converts.
Qnand les forts seront tres-^loignes Tun de Tautre (fig. 4, partie gauche) les batteries interm^diaires % x se composeront g^n^ralement de redoutes ou de fortius permanents. Dans le cas contraire (fig. 4, partie droite), les batteries interm^diaires y y seront construites pendant le si^ge, comme les batteries de Tattaque, dout elles auront le profit etTorganisation iaterieure.
U sera prudent, toutefois, de les mettre k Tabri de ' I'attaque de vive force, mSme du cdt6 de la gorge, par des fosses, des r^seaux de fils de fer, des chapelets de torpedos, des abatis et autres defenses accessoires.
Lorsque Templacement des batteries y y n'est pas rigoureusement d6termin6 par la nature du terrain, on fera en sorte qu'elles ne soient pas trop en arriere de la ligne des forts (pour qu'elles aient plus d'action sur le terrain des attaques), ni trop en avant de cette ligne, pour qu'elles n'interceptent ou ne g^nent pas le jeu des fronts lat^raux, qui doivent pouvoir battre non-seulement les intervalles du camp retranche, mais encore le terrain en avant des forts voisins (quand ceux-ci ne sont pas trop iloignes). Les lignes vwei X y , fig. . 6 , indiquent les directions au-deli desquelles les batteries interm^diaires ne doivent pas 6tre porties. La direction a b est la meilleure, parce qu'elle laisse plus de champ k rartillerie des fronts
lateraax; quant k la direction c d Cy qui permei i rartillerie de la queue du r^uit de fknquer les lignes d' obstacles existant ou ^ construire dans les intervalles du camp retrancM, elle a le defaat de reporter les batteries trop en arriere pour qu'elles puissent seconder e£Qcacement TartiUerie des forts.
Fig. 6.
Les batteries intermediaires non perraanentes seront armees, approvisionnees et servies par Tartillerie de la reserve mobile du camp retranche * , laquelle se portera, selon la direction que prendra Tattaque, sur le point ou son action sera le plus necessaire. Pour que leur construction soit plus facile, qu'elles puissent agir k rimproviste et produire de grands effets, ces batteries seront etablies, autant que possible, derriere
1. Les batteries intermediaires permanentes auront un armement, des munitions et une garnison propres.
152 LBS CAMPS RETRANCHliS
des couverts naturels; et, pour que rien ne limite le cboix de leurs emplacements, on leur assurera une defense independante. A cet effet, elles seront appuy^es k droite et k gauche par des tranch^es qu'occuperonl les troupes de soutien, et dans lesquelles on prSparera, au besoin^ des emplacements pour quelques pieces legeres de campagne, tirant a barbette.
Les batteries anneoces et les batteries inlermediaires ont une grande importance, puisque, sans elles, on ne pourrait pas (meme en donnant aux forts des dimensions exag^rees) concentrer sur la zone des attaques assez de feux pour lutter avec quelques chances de succes contre les batteries de Tassi^geant.
On n'est pas d'accord sur la question de savoir si, independamment des batteries annexes et des batteries intermediaires, avec leurs tranchees de soutien, il doit y avoir, dans les intervalles des forts, d'autres obstacles artificiels.
Le general Totleben propose de relier les forts et les batteries permanentes, situ^es dans leurs intervalles, par un chemin convert, qui aurait, selon lui, Tavantage d'^tablir une communication sure entre les forts, et de fournir a Tassiege de bons emplacements pour les batteries intermediaires , k construire pendant le siege. Au moment d'une attaque, il permettrait de diriger sur les colonnes, des feux efficaces d'infanterie et d*artillerie de campagne.
Selon nous ce chemin convert entrainerait k une depense considerable, et rendrait difficiles les mou-
vements de troupes, dans le cas ou Tarmie cample devrait se porter en ordre de combat au-dela des forts^ ou se replier promptement en arriere, apresun ^chec. 11 aurait en outre le d6faut de limiter les emplacements des batteries intermediaires qui^ pour Stre efficaces, doivent jouir d'une grande ind6pendance. L'on pourrait done se borner a construire des portions de chemin couvert, vis i vis des acces qui ne seraient pas entiSrement battus par Tartillerie des forts, et encore ces acces seraient-ils tout aussi bien defend us par des batteries intermediaires ou par des iranchees avec barbettes pour pieces de campagne.
Quant aux communications entre les forts, si elles n'etaient pas soustraites k la vue de I'ennemi par des converts existants (plis de terrain, groupes de maisons, massifs de verdure, etc.), on les masquerait ais6ment en plantant des haies, des lignes d'arbres ou des bandes minces de bois taillis, sur les parties decouvertes de la zone qui longe la gorge des forts. On pourrait aussi suppleer k ces rideaux de verdure par des tranchees, ou, mieux encore, par des bouts de glacis a double pente oifrant un debouch^ facile aux troupes a cheval et aux pieces attelees (voir fig. 7).
XZ,00 *2,00 12.00 4l-