PRÉFACE
Depuis le commencement de la latte néfaste qui vient de répandre le deuil sur la France^ j'en ai suivi les phases, comme, hélas I tous mer, concitoyetis^ avec une douloureuse attention^ aiguisée plus par^ ticulièrement cfaet moi par un but spécial^ celui de puiser oans cette guerre de nouvelles preuves à Tappui de certains principes développés par moi, Fannée dernière^ dans une série de conférences publiques, sur ce que j'appelle la PHILOSOPHIE ABSOLUE*
Cette philosophie, diamétralement opposée à celle qai, satis y avoir le moindre titre^ a usurpé le nom de positivBy a pour but de démontrer L'iBCnnTé HKS 1018 PHtSIQUES £T DfiS LOIS SOCtÀLCS (1).
Le développement de ce principe fondamental conduit directement à ranéantissement de l'école dite humanitaire, qui, par ses doctrines énervantes, a grandement contribué à notre affaiblissement militaire autant que moral.
Pour donner au lecteur la celf de la filiation d^idées par laquelle j'arrive aux jugements que je passe sur les hommes et les choses, je vais ici esquisser, eu peu de lignes, les données que me fournît ma philosophie pour traiter mon sujet actuel, la défense dupàts. I^es voici :
i*^ De même que le monde physique, la société humaine csl une œuvre de la NATURE ;
^ Ce que tious appelons nature n^est qu'une combinaisou de deux éléments inséparables : force et matière ;
3* Les lois qui régissent la société ne difièrent de celles que l'on voit à l'oEOivre^ en physique et en chimie, que par la forme; sous tout autre rapport, ces deux ordres de lois sont identiques;
A^ La société humaine, en admettant provisoirement qu^'I n'y en ait qu'une seule, a eu un commencement; donc elle aura une fin. Le progrès indéfini, si l'on entend par là le bien-être toujours croissant, est une chimère ^
8* La nature ne peut créer sans détruire, ni détruire sans créer, C^est dans ce double but qu^elIe nous a donné des passions et des iltusions, qui sont les ressorts sans lesquels il n^y aurait pas de société possible;
6° Or, la guerre n'est que la résultante de certaines de nos passions et de nos illusions ; la nature s'en sert pour nous détruire, comme elle se sert de la paix pour nous multipher ;
(1) Voir la Revue populaire dePariSy depuis là livraison de juillet 1870;