‹ La défense du paysChapitre 3 sur 78 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

V La guerre est donc une évolution régulière d'une loi fondamentale de la nature, et dès-lors, non-seulement inévitable, mais util et nécessaire à l'ensemble du corps social, bien que localement désastreuse. Et chaque région Ta eue et l'aura à son tour.

Tel est un aperçu fort incomplet de ma philosophie absolue, qui ne raisonne que d'après les faits.

Or, en tâchant d'appliquer ces données aux événements qui se déroulaient devant moi, j'ai été frappé de l'absence d'une condition que, dans toutes les luîtes qu'elle provoque, la nature aime à favoriser : l'alternative. Celte succession non interrompue de désastres se succédant l'un après Fautre, est contraire autant à la marche ordinaire des choses qu'à la doctrine mathématique des probabilités.

C'était là un phénomène aussi curieux pour moi que pouvait l'être pour Galvani le mouvement convulsif de sa grenouille ; et, après avoir vainement cherché à l'explicfuer par un dessous des cartes qui nous serait resté caché, je me suis pris à examiner à\ui peu plus près notre machine gouvernementale, les principes qui nous ont guidés jusqu'ici en politique comme dans l'art militaire, dans la jurisprudence et dans l'instruction publique, les théories qui ont trouvé des partisans parmi nous, et diverses autres choses d'un intérêt général ; et j'ai dû reconnaître, à mon grand étonnement^ que la nation qui a joui jusqu'ici de la réputation militaire la mieux établie n'est pas, par ses institutions, outillée pour la guerre.

Dès lors, la Défense du Pays embrasse tout ; il n'y a pas un seul élément de la machine gouvernementale qui puisse en être exclu. Mais comme je n'ai pas la prétention d'être un homme universel, je ne m'occuperai que des choses que je crois à ma portée ; j'écarterai, entre autres, les questions relatives aux perfectionnements de l'artillerie, pour lesquelles je renvoie le lecteur aux excellents articles de M. Henri de Parville, qu'il reproduira sans doute dans ses intéressantes Causeries scientifiques (1).

Certaines parties de l'art militaire ne me sont pas toutefois absolu* ment étrangères, et j'en traiterai dans la seconde section de cet ouvrage, si le public lui accorde quelque faveur. La première section sera exclusivement consacrée aux questions d'organisation intérieure pour la défense du pays : c'est dans ce sens que je l'appelle Section administrative.

Je donne maintenant la parole à mon livre, en priant le public de le lire avec autant de réflexion que j'en ai apporté à sa rédaction,

l'auteur.

Paris, le 2 mars 1871- (1) Publiées par J. Rothschild.

LA

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