DE DROIT DIVIN
Et alors, prenez-y garde, ce sera Tère de la presse bâillonnée au profit des faiseurs, de T espionnage en grand, des persécutions ouvertes et occultes, et de Tinti-
midation.
Et la DÉFENSE DU PAYS, avec tout cela ?
Au milieu de la foule qui s'imagine que la société ne meurt pas, je crois être le seul qui se soit hasarjié à proclamer la possibilité de la MORT SOCIALE (i ).
Dans des écrits, que j'ai encore dans mes cartons, j'ai étudié, en m'inspirant des enseignements de la PHILO- SOPHIE ABSOLUE, les conditions de cet état et les prodromes qui y conduisent. Je ne puis pas en développer ici la théorie, mais je crois devoir en esquisser, en peu de lignes, les traits principaux.
Lorsqu'une société humaine (je n'en admets pas une seule, mais plusieurs, suivant leô climats) approche de la vieillesse, le premier symptôme qui se produit est un affaiblissement du sentiment religieux.
Cet affaiblissement va toujours en croissant, jusqu'à îimener peu à peu chez les nations les phénomènes que Ton remarque dans l'homme atteint d'un commencement de folie. Les suicides, par exemple, deviennent fréquents ; des idées dangereuses, qui ne trouveraient pas d'acolytes dans un état social normal, sont acceptées avec moins de difficulté; la femme se fait homme, et, exactement comme il arrive au poitrinaire, la société malade s'illusionne sur l'état de sa santé, au point d'acclamer comme un bien ce qui n'est qu'un symptôme d'une fin prochaine.
A mesure que la maladie s'aggrave, les émeutes et les
(1) Voir, dans la Revue Contemporaine du 28 février 1869, mon article intitulé : La Philo... tpkie positive, ses prétentions , ses défaillances y p. 59^ et fUiv.