LA MORT SOCIALE
insurrections deviennent plus fréquentes; les événements courants produisent des effets inattendus, et il se manifeste enfin des paroxysmes semblables à celui du 18 mars.
Lorsqu'une société en est arrivée là, on peut dire que son état est des plus alarmants, et qu'il s'effectue dans son sein un développement morbide amenant la décomposition chimiqus (je me sers à dessein de ce mot) du corps social.
Je n'ai pas à faire l'application de cette théorie (elle est plus que cela) à notre France actuelle — cela se voit intuitivement.
Là où ont pu se passer des actes politiques témoignant d'une absence absolue de boussole, tels que ceux que nous avons vus depuis la capitulation de Paris, la défense . ' DU PATS est un problème d'une difficulté approchant de l'impossible.
Vous aurez beau entasser forteresses sur forteresses, régiments sur régiments, quand le corps social même est gangrené, tout cela tombe comme un château de cartes. Prends-y garde, France, tu as maintenant un voisin redoutable, qui compte les pulsations de ton cœur pour te donner impunément, au bon moment, le coup de grâce. Ne rêve pas la reprise de l'Alsace et de la Lorraine; tu auras bien assez à faire à garder ce qui te reste. Souviens-toi des symptômes séparatistes qui , à l'étonnement du monde entier, se sont révélés dans ton sein. Ce sont des indices de MOET NATIONALE. Resserre-les vite, les liens qui unissent tes parties, au lieu de les relâcher par une fatale décentralisation, si tu ne veux pas un jour subir le sort de la Pologne. La République, sache-le, est un dissolvant : dans quelques années d'ici, les Etats-Unis te l'apprendront. Si tu sais profiter des dures leçons de 1870-1871 , tu
auras encore de longues années de vie et de (n-ospérité, jusqu'au jour , assez lointain^ où, fatalement, le COSAQUE viendra t 'engloutir, toi et ton vainqueur d'aiyourd'huî, pour tomber en lambeaux ensuite, comme rEmpire romaio*
Car, la Providence le veut ainsi, TOUT CE QUI A EU UN COMMENCEMENT DOIT AVOIR UNE FIN,
CHAPITEE Xm.
L'Attraotion et la Répulsion, sont des forces sociales.
On remarque dans les sociétés deux faits d^attraction fort remarquables : l'argent attire l'argent, Thomme attire l'homme.
C'est ainsi que se forment les fortunes et les villes.
La PHILOSOPHIE ABSOLUE rend minutieusement compte de ces deux phénomènes : ici je dois me borner à des explications fort sommaires.
Soit un pays où, par un coup de baguette, tout le monde sans exception se trouve avoir, à un moment donné, exactement le même pécule.
Plus de riches ni de pauvres, égalité absolue de moyens pécuniaires sous la forme qu'on voudra.
Seulement, il faudra m'accorder que chacun soit animé de passions humaines, bonnes chez les uns, mauvaises ou mélangées chez les autres. Car, sans cela, ce ne seraient pas des hommes, mais des automates.
Certains rêveurs prétendent que, de toutes les façons, il faut corriger l'homme et le dépouiller de ses passions. C'est dire qu'il faut priver la locomotive de sa vapeur. Je n'ai pas à m'y arrêter : c'est absurde. Quoi que vous fassiez, l'homme aura des passions, et même plus souvent mauvaises que bonnes.