RÉELLE VOILÉE PAR UNE SÉCURITÉ
Cependap' -n o /n .
faut des et .^X^^* ^^^ villes?— Oui, d'abord parce les moyr ^formeidâent malgré nous, puis qu'elles ressormode ' fane loi péremptoire de la NATURE, loi qui par îela* V^^uent est plus forte que nous ; et ensuite, parce av ^f rés^lité elles sont un élément puissant de vie natio- " ^? et qu'elles répandent sur le pays d'immenses bien-
jjfûis de ce qu'il est prouvé qu'on ne peut pas vivre ggiïS tête, il ne s'ensuit pas qu'il faille être hydrocéphale.
En un mot, les villes trop grandes sont une calamité.
Et pourtant, chose singulière ! tous les pays semblent
y mettre de la vanité à posséder une immense capitale.
ce Londres possède trois millions d'habitants! » dît l'anglais en se rengorgeant.
ce C'est vrai », riposte le français piqué au vif, ce mais Parij3, avec ses deux millions, n'est déjà pas trop mal. »
Un Russe, un Autrichien qui entendent cette conversation, deviennent bleus et verts en pensant que Saint- Pétersbourg et Vienne n'atteignent pas les 600,000.
« Patience I » se dit tout bas un Prussien, en se tordant
« Berlin n'en est encore qu'à 700,000 ; ' que j'ai battu les Français, cela ne va
^r^ chacun se vante d'être arrivé, ou
•-^^ ort de son pays I
'^^ -^ ^y \ mon brave fils d'Albion ! le
i^, ^* ^ crains, où tu reconnaîtras que,
monstre, ta nation est sur une pente .a de la peine à s'arrêter.
^ vous, Russes, Autrichiens, Prussiens, ne vous utfzpas : remerciez au contraire le bon Dieu de ne pas vous avoir infligé un goitre pareil ; la mesure de vos capitales est la bonne, et tâchez de ne pas la dépasser I
Et Paris ? Faut-il le mettre sur le lit de Procuste, pour le réduire à la juste mesure?
Hélas ! cela ne se peut pas, mais au moins peut^n lui dire : « Tu n'iras pas plus loin ! »
« Mais si vous venez de dire que l'attraction vers la capitale est une loi inévitable, comment ferez-vous pour en empêcher l'agrandissement ultérieur? »
Telle est l'objection qu'on me fera sans doute. La loi de Tattraction est inévitable, c'est vrai, tant qu'on ne lui en oppose pas une autre, et c'est-là précisément ce que la NATURE nous permet de faire dans une certaine mesure.
Je l'ai dit dans ma première conférence :
« Les lois de la nature sont fixes, et nous ne pouvons les changer;
« Mais nous pouvons chercher parmi ces luis celles qui nous conviennent^ afin de neutraliser celles qui ne nous conviennent pas (1 ) . »
La LOI DES COMPENSATIONS n'est pas autre chose. Tan-
(1) Revue populaire de Paris , juillet 1870, page 390.
LA DBFSNSB DU PATS. 6
tôt la NATURE l'applique elle-même, tantôt elle nous en laisse le soin.
Dans ce dernier cas, c'est notre faute si nous laissons faire.
Voyons ce qu'elle a opéré de son propre chef pour ar^ rêter l'accroissement indéfini des villes.
Elle a d'abord accordé à la vie champêtre des avantages qui manquent aux grandes agglomérations, et qui la rendent chère à beaucoup d'individus.
Elle a fait en sorte que la richesse la plus solide d'un pays réside dans lé sol, de sorte qu'il y a intérêt matériel à le cultiver.
Elle a implanté dans la plupart des hommes le germe de la maladie appelée nostalgie, grâce à laquelle ils ne quittent qu'à regret les campagnes où ils sont nés. Enu» mot, l'homme abandonné à ses propres penchants est le plus souvent casanier.
Voilà ce qu'elle a fait ostensiblement pour mettre un frein à l'émigration vers les villes.
C'est peu de chose en présence de la forte attraotion qu'exercent les grands centres.
Mais elle a fait mieux : elle a laissé en notre pouvoir des obstacles matériels à opposer à l'attraction, et ensuite elle nous a implanté un pressentiment qui nous avertit .de la présence d'un danger imminent, et qui nous pousse à employer les moyens nécessaires pour le détourner.
Quand ce pressentiment est émoussé, c'est que la force vitale est presque éteinte, et que la mort est proche.
La nation française n'en est pas encore là, je l'espère : dès lors, se voyant menacée par l'agglomération excessive dans les villes, elle prendra des mesures pour y mettre un terme.
Ces mesures sont de deux sortes : dérioatives ou if^directeSj et enfin directes.
LOI D£a COMPENdATIONS. gd
Les premières consistent :
l'' A attirer, par des travaux ou d'autres avantages, les populations rurales ailleurs que vers les villeia \
2"" A transporter peu à peu dans las cftmpp>pes lep usines et fabriques des grands centres ;
3"^ A diminuer, autant que possible, Taction de Fassistance publique dans les villes, en faisant en sorte, par exemple, que nos bureaux de bienfaisance aooerdent des secours aux indigents, comme par le passé, ipais 4an9 les provinces et non dans Paris même^ ee qui déterminerait rémigration de tous ceux qui ne trouvent pas dims leur travail assez de ressources.
4' A disséminer dans les campagnes beaucoup de petits hôpitaux, en diminuant dans ]a, même proportion le service hospitalier dans les villes.
Chaque médecin de village devrait avoir des lits, au nombre de quatre à douze, fournis par T Assistance pu<* blique, à la disposition de la population. C'est tout un système nouveau, que je ne fais qu'indiquer ici, mais dont j'ai étudié tous les détails.
Les mesures directes consistent :
1** A ébrécher dans une certaine proportion le principe de la liberté individuelle, en ce sens que les gens privés de moyens d'existence ne puissent pas, h leur gré, se porter dans les villes sans une autorisation ;
^ A régler l'immigration des ouvriers dans 1^ yilles suivant le travail qu'il peut y avoir.
S"" A arrêter l'extension des villes, en faisant acheter par TËtat une zone de terrains autour de chacune* ]pQS sommes dépensées dans ces achats seraient productives ; car l'Etat affermerait ces terrains à la condition de n'y élever que les constructions passagères indispensables à l'exploitation accole. On ne pourrmt non plus les transformer en promenades publiques, afip âd 09 fifts
créer des points d'attraction au-delà de la zone. D'après ce système, l'Etat devrait acheter tous les terrains encore vides qui se trouvent en dedans de Fenceinte de la capitale; mesure, du reste, commandée par les besoins de la défense.
4*" A prohiber Texhaussement des maisons au-delà d'une certaine limite, celle, par exemple, du cinquième étage. Mettre un terme à la multiplication indéfinie des habitations, c'est un sûr moyen d'arrêter Taccroissement des villes. Le renchérissement des loyers, conséquence nécessaire de cette mesure, chassera tous ceux qui ne pourront pas le supporter.
5* A introduire un certain nombre d'obstacles fiscaux, tels que passe-ports, permis de séjour, inscription au commissariat de police, avec payement d'une taxe, etc.
Tous ces moyens exigent de longues explications que je dois ajourner, afin de ne pas trop m'écarter de mon sujet. Parlons maintenant de la position de Paris vis-àvis de la France.