‹ La défense du paysChapitre 56 sur 78 · MONARCHIE. — CONSTITUTION · texte numérisé non relu

MONARCHIE. — CONSTITUTION

fait , TAssemblée l'aurait fait ; ou si 1851 ne l'avait pas amené , c'eût été une autre année, et avec d'autres personnages, mais la chose était physiquement inévitable.

Après cette courte analyse, le terrain se trouve assez déblayé pour qu'il ne reste en présence que deux candidats : la Constitution de l'an VIII, et la Charte de 1814. Ce sont les seules ayant du caractère : toutes deux sont bonnes, toutes deux ont des défauts.

Les pouvoirs conférés au chef de l'Etat sont les mêmes dans les deux pactes ; chacun admet deux chambres , et accorde l'initiative des lois exclusivement au gouvernement.

Cette disposition est commandée par la sagesse : car elle écarte un nombre infini de discussions inutiles où le temps est gaspillé au détriment des affaires publiques ; elle empêche aussi Téclosion d'idées malsaines au sein des chambres, et qui de là se propagent dans le public et deviennent des cris de guerre pour les factions. La Charte contient un article qui accorde aux chambres la faculté « de supplier le roi de proposer une loi », mais j'avoue que l'utilité de cet article m'échappe complètement. Ou la loi demandée est utile , et alors il est facile de la faire arriver officieusement au trône sans passer par la filière de la supplique : le gouvernement s'empressera de Taccueillir dans l'intérêt de sa propre popularité ; ou bien elle est de celles dont on veut se faire une arme de guerre, et alors, si elle arrive à passer à l'état de supplique, il y a déjà une révolution en l'air. Une fois la main forcée au gouvernement , il n'y a plus moyen de s'arrêter : de concession en concession on arrive finalement à le priver de toute autorité , et Ton descend au point où en est l'Angleterre , où le premier coquin venu peut s'installer avec une centaine de ses semblables au ministère de Tin-

LA DÉFENSB DU PATS,

térieur pour y prêcher 1^ rébellion, sans que Toi) ose Vea déloger S

< Les idées bouleversent le monde ! n Ce p'est pas moi qui l'ai dit le premier : tout le monde l'avoue, et je crois même qu'il s'en félicite.

Quant h moi ^ si c'est vrai, et je me garde bien de lô nier, j'y vois une raison pour mettre les idées eu quarantaine*. Car, j'ai tort peut*être) mais c'est plus fort que moi : j'ai les bouleversements en horreur.

Or, un moyen d'établir cette quarantaine, c'est de réserver strictement au gouvernement l'initiative des lais.

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