‹ La défense du paysChapitre 55 sur 78 · MONARCHIE . — CONSTITUTION. U · texte numérisé non relu

MONARCHIE . — CONSTITUTION. U

constitationfi que nous yenous de passer en revue : tu reconnaîtras leurs valeurs relatives à leur durée et à la manière dont elles ont disparu.

La Constitution de 1791 n'était qu'un avant^coureur de laBépublique. Elle y conduisait forcément dès que le roi ne pouvait ni proposer des lois ni dissoudre le Corps législatif. L'arrière-pensée d'une République perce du reste aux articles S à 8 de la première section, et 1 à 3 de la deuxième section du chap. II, où l'on prévoit l'abdication.

Dans ces conditions si hostiles à la royauté, il n*est pas étonnant qu'elle n'ait pas duré. Quant au système électoral, il mérite d'être comparé aux autres,

La Constitution de 1793 a vécu sur le papier seule* ment, pendant deux mois ^

Celle du 5 fructidor an III exhale déjà un parfum de réaction, mais elle n'était qu'une étape, où l'ordre matériel se trouvait en lutte avec le désordre moral.

La Constitution de Tan VIII, œuvre réfléchie d'un grand esprit, a le mérite incontestable d'avoir vécu quatorze ans^ et d'avoir été, en partie du moins, rappelée à la vie, en fournissant une nouvelle carrière de quinze années (1852-67). Chose remarquable, la première fois elle n'est tombée que par la faute du premier Empereur, et la fois suivante, que par la faute du deuxième. Jamais elle n'a péri par les défauts de son propre mécanisme.

Médite-la bien, Dynastie à venir, car c'est peut-être la pierre sous laquelle esta encerrada el aima del Licenciado Pedro Gardas^,

La charte de 181 4 repose sur d'autres principes : sur

(i) S«spefidu«, sAQs avoir jaiziAifl ^té mâf e en vigue^^, 1^ 19' j^ur au premier mois, an II. Le rapport de Saint-Just à ce sujet est une véritable curiosité historique.

Jfi) Lire la préface de Gil Bk».

ikk I>A DÉFENSE DU PAYS.

rhérédité inaliénable du trône, et sur le cens. Les éléments de longévité ne lui manquaient pas, aussi possèdet-elle, quoique à un moindre degré, le même prestige que sa devancière. Ecroulée au bout de quinze ans par suite de fautes inonies, dont elle ne fat pas responsable, elle se releva, quoique profondément modifiée, pour vivre encore dix-huit ans.

Mais ces modifications difiéraientpar leur essence, leur indotès, de celles que reçut en 1 852 la Constitution de Tan VllI. Tandis que dans le remaniement de celle-ci on resta fidèle à la grande maxime de Sieyès : la confiance doit venir d'en bas, le pouvoir d^en hauty maxime parfaitement accueillie dans la Charte de 1814, celle de 1830 désarmait le Pouvoir pour enrichir de ses dépouilles une bourgeoisie turbulente, qui, oublieuse de ses propres intérêts, montra bien en 1848 ce que savaient faire les baïonnettes intelligentes.

Je ne m'arrêterai à la Constitution de 1848 que pour en démontrer la non-viabilité. En abolissant la peine de mort en matière politique, elle favorisait les conspirations ; par son scrutin de liste, elle créait des assemblées de deux couleurs tranchées, sans demi-tons, sans centre : parce que dans ce genre de scrutin une discipline aveugle étant absolument nécessaire aux deux partis extrêmes, les modérés, qui en manquent toujours , sentent qu'ils n'ont pas Tespoir de réussir, et s'abstiennent, à moins qu'ils n'acceptent en bloc l'une ou l'autre des deux listes extrêmes.

Mais le défaut le plus grave, c'était celui de mettre en présence deux pouvoirs indépendants lun de l'autre, et issus d'une même source. C'était préparer immanquablement un coup d'Etat ^ Si Louis-Napoléon ne l'avait pas

(1) M. Gréyy l'avait bien dit dans la séance dn 6 octobre 1848. Lamartine le combattit, ce qui prouve qu'il ne suffit pas d'être un grand homme pour raisonner juste.

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