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CHAPITRE II Insuffisance de notre législation militaire

Sans une bonne législation sur l'état de guerre, il n'y a pas de bonne organisation militaire possible.

Or, ce qui nous frappe tout d'abord dans la guerre de i870, c'est le mutisme de notre législation de guerre à l^égard de certains crimes dont nous avons vu de bien tristes exemples.

Ainsi, Vitry-le-François s'est rendu sans une ombre de résistance, en enclouant ses eanons. Laon s'est rendu de même, sans coup férir, sur l'insistance de la popula-

tîon. La catastrophe qui a eu lieu après est absolument indépendante de ce fait.

Soissons s est rendu après peu de jours de bombardement \ Péronne de même , fait que le général Faidherbe a énergiquement flétri.

Quelle est la raison que Ton apporte pour de pareilles lâchetés, lesquelles n'inspirent que du mépris à Tennemi lui-même qui en profite , et nous font au point de rue de notre honneur militaire, aux yeux de VEurope, infiniment plus de mal que vingt batailles perdues en rase campagne?

Mon Dieu , la raison, la voici : Les habitants de ces villes ne trouvaient pas amusant de se faire bombarder. Ça vous tue des gens, ça vous abîme vos maisons; franchement, on aime mieux se rendre ! !

Mais Strasbourg et Toul se sont laissés bombarder pendant un mois, et ne se sont rendus qu'à la dernière extrémité! Mais Paris, la ville qu'on prétendait énervée, la ville du luxe et des plaisirs, la Babylone moderne, a soutenu quatre mdis et demi de siège, y compris un mois de bombardement ! Non-seulement il y a eu des victimes dans les rues, et des maisons abîmées, des incendies heureusement maîtrisés ; mais ses citoyens sont allés se faire tuer à Montretout et à la Bergerie ! Certes, ce n'était pas amusant, mais on l'a fait tout de même. De quel droit messieurs les citoyens de Vitry, de Laon, de Soissons, de Péronne, ont ils voulu se soustraire au danger commun, lorsque même une petite ville ouverte comme Châteaudun a voulu se défendre?

Et Paul-Louis Courier a écrit cette idylle où il rêvait que chaque haie , chaque arbre cacherait un paysan prêt à tuer un envahisseur! Comme cela s'est bien réalisé, n'est-ce pas? On a vu des propriétaires abandonner leurs maisons, en y laissant du vin et des provisions à l'inten-

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