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Custine à Pache, 16 octobre

Pendant les journées du 10 août et du début de septembre, un grand nombre de sujets Helvétiques sont tombés sous les coups du peuple de Paris. Ces massacres ont profondément altéré l’amitié des Cantons pour la France.

Excités par les Anglais, Berne et Fribourg proposent à la diète générale, réunie à Aarau, de prendre les armes. Ils ne parviennent pas à entrainer la majorité dans ce sens ; mais la Confédération décide de prendre une attitude de neutralité armée. Un camp de 20.000 hommes est installé à Nyons et 1.600 Bernois viennent occuper Genève, quand les succès de Montesquiou en Savoie, suppriment entre cette ville et nos troupes, la faible barrière de l’armée Piémontaise.

Le conseil exécutif considère l’occupation de la vieille capitale de Calvin par les Suisses, comme un acte d’hostilité et sur le rapport du ministre des affaires étrangères, prescrit à Montesquiou de marcher sur Genève (1). « D’après les nouvelles reçues. lui écrit Servan (2), d’après la certitude que contre la foi des traités, les autocrates ont sollicité 1.600 Suisses des cantons de Berne et Zurich, sans la participation de la France, de venir dans leur ville. le conseil a résolu que le plus tôt que vous le pourrez, vous ferez marcher contre cette ville des forces sufiisantes pour y assurer le libre pouvoir aux amis de la liberté, qui y sont en grand nombre, d'établir un gouvernement selon leurs vœux. Il sera beau pour vous, général, d’être chargé d’aller aider à briser des fers.»

Au reçu de ces directives, Montesquiou, bien que se plaignant .de leur imprécision (3), commence des préparatifs contre Genève ; 3.500 hommes, 12 canons, 2 obusiers, sont installés au camp de Carouge non loin de cette ville et 1.800 autres dans le pays de Gex. Mais le général, avant de se porter en avant, demande au ministre des instructions fermes : «vous ne me donnez pas des ordres précis sur ce que j'ai à faire à Genève et vous devez sentir que je ne fais pas une attaque comme celle-là, lorsque le mot d'attaque n’est pas dans votre ordre... j’ajouterai que bien que Genève ne soit pas une place de premier ordre, on ne doit pas la menacer, sans être sûr dela prendre si elle résiste, et que. pour cela, il faut de la grosse artillerie et tous les moyens de siège que je n'ai pas sous la main » (4).

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