‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 120 sur 327 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

N’a-t-il pas d’ailleurs plus de titres et une réputation militaire aussi solide que n'importe quel général en chef ? « J'attends avec impatience réponse positive et formelle, si enfin on veut me donner un degré d’influence que je crois mérité par de longs et utiles services, une grande expérience et une habitude ininterrompue du commandement (1) ».

Sans attendre la réponse de Lebrun, sans en référer à Biron et malgré sa défense formelle, il prend la résolution de marcher sur Mayence. Il n’informe son chef qu’au moment du départ : « je vous envoie copie d’une lettre que j'écris au général Kellermann et je vous donne avis que pour passer à l’exécution de ce plan et d’après des instructions particulières, je pars à l’instant, à la tête de l’armée que je commande, pour me porter sur Mayence (2) ». [Il fait connaître en même temps au ministre sa décision. « L'espoir que je conçois de pouvoir me rendre maître de la place de Mayence, m'a décidé de former le plan dont je joins ici copie. La place est, dit-on, en parfait état de défense. Je ne pourrai la prendre par un siège régulier et je n’ai d’espoir qu'en une âme timide ou vénale; vénale je l’achéterai, timide je l’emporterai (3)». ;

L'armée des Vosges s’ébranle le 47. À peine entrée dans le Palatinat, Custine prend connaissance d’une délibération du conseil exécutif, qui couronne enfin ses vœux. Les succès de Spire et de Worms ont vivement impressionné le pouvoir exécutif, et ont décidé Lebrun, fatigué des sollicitations du général, à obtenir de ses collègués l’entière indépendance de Custine à l'égard de Biron. Il lui fait donc parvenir le brevet de comman-: dant en chef de l’armée des Vosges, avec l’ordre d’agir sur les derrières des Autrichiens.

L'ordre se trouve exécuté avant sa réception et le général rassuré des suites de son initiative, pousse hardiment sur Mayence. Le 18, il s'empare du pont d’Oppenheim ; le 19, il arrive avec 13.000 hommes et 45 pièces de campagne sous les murs de Ia place, qui capitule le 21 à la première sommation.

b) Négociations avec Genève. — Hostilité de la Suisse après le 10 août ; les Bernois mettent garnison à Genève. Servan donne ordre à Montesquiou d'occuper la ville. Correspondance entre ce général et Lebrun, Montesquiou conclut un accord avec Genève.

Tandis que Montesquiou s’installe en Savoie dans sa conquête, les relations avec la Suisse deviennent singulièrement tendues.

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