III. — LA CONDUITE DES OPÉRATIONS
Le Conseil Exécutif décide de continuer les opérations malgré l'avance de la saison. |
a) Armées de Belgique, du Nord et des Ardennes. — Elles sont chargées de l'invasion des Pays-Bas. Ordre de bataille de celle de Belgique: 127 plan de campagne de Dumouriez. Pache l’engage à agir en forces par sa droite pour bousculer les Prussiens ; mais Dumouriez ne veut pas modifier son plan. Toutefois, les mouvements des Autrichiens l'obligent à y apporter quelques changements le 26 octobre. Pache fournit, quoiqu'à regret, les moyens d'exécution nécessaires. Correspondance du ministre avec Dumouriez. Préliminaires de Jemmapes,
b) Armées des Vosges, de la Moselle, du Rhin. — Le ministre prie Custine. de lier ses opérations à celles de Kellermann. Custine maître de Mayence et de Francfort, prépare des incursions à rive droite du Rhin et néglige,. malgré qu'il en a reçu l’ordre, de marcher sur Coblentz. D'accord avec Pache, il charge Kellermann de ce soin. Récriminations contre Kellermann,
Projets de ce dernier. Il reçoit du ministre l’ordre de se porter en avant. Mission de Carnot Feulins. Dénonciation de Custine contre Kellermann, Pache propose son rappel au conseil exécutif qui le décide
. . : . ® le 4 novembre. Nomination de Beurnonville placé aux ordres de Custine. Défense de Kellermann.
Instructions particulières données à Biron. Il est également placé sous les ordres de Custine.
€) Armées des Alpes et d'Italie. — Instructions du ministre. Mauvaise impression produite par la convention du 22 novembre avec -Genève ; modifications imposées par le conseil exécutif qui manifeste l'intention de destituer définitivement Montesquiou.
Opérations du général Anselme. Blâme du conseil exécutif pour son attitude à l’égard de Gênes.
d) Armée des Pyrénées, — Menaces à la frontière des Pyrénées. Premières dispositions prises à l’ffet d'y organiser la résistance.
I. — Rapports pu MINISTRE AVEC LE GOUVERNEMENT ET L'ASSEMBLÉE.
1. Pache et le Conseil Exécutif provisoire. — Son attitude à l'égard des ministres girondins.
Le 19 octobre, quand Pache prend séance au conseil exécutif en qualité de ministre de la guerre (1), Roland y jouit d’une situation prépondérante. Certes, il a trouvé en Danton un rude adversaire ; mais Lebrun, Clavière, Servan, lui ont assuré une majorité toujours fidèle. Que va-t-il arriver maintenant que les départs de Danton et de Servan ont introduit dans le conseil deux nouveaux venus Garat, puis Pache ?
Il semble au premier abord que rien ne doit être modifié. Pache n’a-t-il pas été proposé par Roland au choix de ses amis comme un homme à lui, dont il est sûr, capable de remplacer exactement Servan ?
Mais voici que Pache, contrairement, à l'attente générale, s'affirme non pas girondin, mais fougueux montagnard, adversaire irréductible de son ancien patron. En vain celui-ci cherche-til à le ramener; Pache oppose à toutes les avances une fin de non recevoir polie, mais ferme. En désespoir de cause, Mme Roland lui écrit sur le ton de l’amitié. Il ne répond même pas.
Bientôt, il ne se contente plus de critiquer le ministre de l’intérieur, il prend à son tour l’offensive et devient au sein même du conseil, le centre d’une opposition dirigée contre Roland et ses amis politiques les girondins.
Il rallie à lui Monge,très effacé jusque-là, mais jacobin de cœur; ce qui lui est d’autant plus facile que le ministre de la marine est intimement lié avec plusieurs de ses sous ordres au département de la guerre ; il attire peu à peu l’opportuniste Garat.