Mémoire de Scallier
2, Toulongeon, Réjlexio: is sur l'élat actuel du militaire, 1777. Hi De Wimpften, Commentaires des mémoires du comte de Saint- Germain,
prend par contre à l'égard de l’état militaire certaines mesures aussi impopulaires qu’'hors de saison (1).
La paix rétablie, Ségur entreprend avec plus de clairvoyance de mettre en œuvre un programme complet de réformes. Il travaille avec zèle à modifier l’organisation des corps de troupe et le fonctionnement des services. Lorsqu'il se retire en août 1787, la situation demeure cependant compromise et le moral marque un fléchissement constant. Il règne dans les rangs un découragement profond. On voit peu à peu s’accentuer les rivalités déjà anciennes entre noblesses de cour et de province, entre officiers nobles et roturiers. Le soldat négligé par tous, soumis à une discipline à la prussienne, prend en horreur non seulement le service, mais encore le régime lui-même, et il apparaît indispensable sous peine des plus graves mécomptes, de coordonner les réformes laissées jusque -là à l'arbitraire et à l’humeur changeante des ministres, d’en dresser un plan d’ensemble, d’en assurer une stricte exécution. Telles sont les idées nouvelles qui vont présider à la création du conseil de guerre de 1787.
2. Le Conseil de querre de 1787. — Ses antécédents : tentatives de d’Aiguillon, de du Muy, de Ségur, projets de Guibert. Création du conseil de guerre de 1787 ; ses attibutions. En réorganisant encore une fois l’armée, il achève de la mécontenter et la rend hostile au régime.
Le projet de créer un organe capable de coordonner les plans de réforme et d’en assurer l’exécution, ne remonte pas à proprement parler à 1787. Déjà le duc d’Aiguillon, lors de son arrivée au ministère, avait décidé d’assembler les inspecteurs généraux de cavalerie et d'infanterie pour entreprendre la refonte de nos institutions militaires.
Les inspecteurs de l’infanterie réunis chez le maréchal de Biron y avaient discuté (2) toutes les questions intéressant leur arme, S’inspirant à la fois du comte de Guibert, dont « l’essai général de tactique » venait de paraître (1772) et du baron prussien de Pirch, auteur d’un « mémoire raisonné sur les parties les plus essentielles de la tactique », ils élaboraient une instruction provisoire pour l'infanterie (3).
Les inspecteurs de la cavalerie tenaient de leur côté chez le
1. C’est ainsi que par la décision royale du 22 mai 1781, qui exige pour obtenir l’épaulette la production de 4 quartiers de noblesse certifiés par le généalogiste du roi, il ferme définitivement aux roturiers l'accès des cadres.