‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 14 sur 327 · Ce ministère dure du 6 janvier 1771 au 27 janvier · texte numérisé non relu

Ce ministère dure du 6 janvier 1771 au 27 janvier

2, Depuis la disgrâce de Choiseul, le duc était secrétaire d'Etat aux affaires étrangères. En janvier 1774 il joint à ses fonctions celles de ministre de la guerre et prend ainsi la première place dans le conseil du roi, sinon en titre, au moins en fait. Rochambeau, 0p cit, I, 221.

3. Montbarrey, Mémoires, II, 76, dit que c'était « un de nos officiers généraux les plus studieux, les plus appliqués à leur métier et l'un des plus honnêtes gens du royaume » ; Audouin, op. cit., III, 311, l'appelle « le plis honnête homme de la cour »; Giimoaid, Recherches sur la jorce de l'armée française, 44, en fait un grand éloge, : : K : à

4. Ordonnances du 26 avril 1775 réorganisant l'infanterie çt du 13 août 1775 réorganisant l'artillerie. Au point de vue administratif, il modifie les instructions relatives à l'habillement et à l'équipement des troupes par le règlement du 2 septembre 1775 et met en régie l'administration de la inasse destinée à cétte fourniture par l'ordonnance du 4 juillet 1775.

5. Besenval, Mémoires, II, 10 ; Rochambeau, Mémoires, I, 222.

6. Cf. de Wimpffen, Besenval, d'Allonville, Clermont-Gallerande, de Ségur, Scallier, etc.

et soldats se plaignent avec amertume de l'instabilité de leur situation, arbitrairement laissée à la merci des ministres qui se succèdent au département de la guerre. « On sent écrit Scallier (1), combien il est important de tranquilliser et de consoler l’état militaire en France; il a lui seul éprouvé plus de changements, essuyé plus de vicissitudes et ressenti plus de noi tions que tous les autres corps de la monarchie, et nous sommes forcés de convenir qu’il a besoin d’être traité et conduit plus doucement, si le gouvernement ne veut pas risquer de voir l'esprit naticnal se dénaturer. »

Toulongeon est encore plus précis (2) « le militaire paraissait satisfait, lorsqu'il a été ébranlé jusque dans ses fondements. On l’a traité comme un vieux monument qui croule de toute part et dont les matériaux ne sont plus propres qu'à construire un nouvel édifice, sur un plan absolument neuf, tant pour l’architecture extérieure que pour les distributions intérieures ».

Dans ces conditions, la démission de Saint Germain le 27 septembre 1777 est accueillie avec une satisfaction unanime et son successeur le prince de Montbarrey doit constater que le malaise dont souffre l’armée royale a été singulièrement aggravé.

Il répugne toutefois à suivre l’exemple de Monteynard à légard de Choiseul : annuler purement et simplement les ordonnances de Saint-Germain serait une mesure plus propre à accroître encore le désordre. D'ailleurs, les cireonstances du moment sont défavorables à des changements de cette importance ; la France va déclarer la guerre à l’Angleterre et se porter au secours des insurgents d'Amérique. La préparation, puis la conduite des hostilités, absorbent en fait toute l’activité du ministre.

Aussi, les années se passent-elles sans apporter aucune innovation utile à l’armée; tout au plus, Montbarrey se borne-t-il à modifier celles des ordonnances de Saint-Germain qui prètent le plus à critique. Le 18 décembre 1780, à la suite d’intrigues de cour, 11 donne sa démission et se voit remplacer le 23 par le maréchal de Ségur.

La nomination de ce dernier est généralement bien accueillie : l’on fonde les plus belles espérances sur un ministre qui joint à des qualités personnelles solides, une réelle compétence en matière militaire (2). Mais il lui faut dès l’abord se consacrer à la guerre d'Amérique, et s’il parvient à la conduire jusqu’au suecès, il

Page 1