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Dumouriez à Pache, 25 octobre, Correspondance

être le point central de la défense des Autrichiens, je chargerai le général d’Harville de masquer Namur et il y fera sa jonction avec le général Valence. Ainsi, il coupera l’arrivée au général Clerfayt, qui n'aura pas plus de 15 à 18.000 hommes à opposer aux 30 ou 36.000 hommes réunis sous les ordres du général Valence par la jonction du général d’Harville. Il me restera 60.000 hommes par la jonction de Labourdonnaye, pour attaquer et prendre Bruxelles.»

Mais sur ces entrefaites, Dumouriez apprend que Clerfayt vient d’échapper à Valence, retardé dans ses mouvements par les difficultés du terrain et les intempéries et aussi par la fatigue de son armée, qui n’a pris aucun repos depuis Valmy.

Avant de modifier son plan, le général tente toutefois un dernier effort, si ce n’est pour retenir Clerfayt, au moins pour le rappeler dans le Luxembourg. Il propose à cet effet à Kellermann de s’avancer par Thionville sur Remich et Grevenmaker : « vous aurez l'air, lui dit-il, de menacer Luxembourg; la terreur se mettre dans le pays, on appelera les troupes Autrichiennes. » I] lui mande également de tirer des garnisons de Mézières et de Sedan les meilleurs bataillons, de les rassembler à Montmédy, sous les ordres de Ligniéville, de les faire rentrer dans le Luxembourg par Virton,comme pour menacer les communications d’Arlon à Namur et faire ainsi une utile diversion (1).

Mais Clerfayt continue sa marche et fait jonction avec Saxe- Teschen.

Dans ces conditions, il ne reste plus à Dumouriez qu’à se préparer à livrer bataille à l’armée Autrichienne. Il modifie donc en conséquence ses ordres de la manière suivante : Valence gagnera Givet le 6 novembre ,puis descendra la Meuse jusqu'à Namur qu’il assiégera (2). Harville avancera sur Binche ; mais au lieu de se diriger ensuite sur Namur, il se rabattra par sa gauche sur Pare mée de Pelgique, qu’il aidera à prendre Mons. Alors seulement, 1l se dirigera sur Namur, par Nivelles et Gembloux, pour se réunir à Valence.

Labourdonnaye, renonçant provisoirement à entrer dans la Flandre maritime, pénétrera dans la région entre Lys et Escaut. Là, en liaison avec l’armée de Belgique, il enlèvera Tournay, Courtray, Gand. « Je comptai lui mande Dumouriez, sur 20.000 hommes de plus de l’armée de Valence et sur l’attaque de Namur. Mais jai les 20.000 hommes et cette attaque de moins. Ne regrettez pas pour le moment Ostende et Nieuport. Vous serez chargé de les prendre, ainsi que la citadelle d'Anvers, dès que je serai à Bruxelles. Faisons de la besogne sûre et méthodique, ne nous

1. Dumouriez à Kellermann, 26 octobre, 2, Dumouriez à Valence, 26 octobre.

éloignons pas trop et ne faisons pas de petits paquets. Nous présenterons un front de plus de 70.000 hommes dans un court espace de terrain (1). »

Ainsi, pendant que l’armée du Nord menace Tournay, Dumouriez pense s'emparer facilement de Mons, peu ou point défendu par les Impériaux en retraite sur Bruxelles. Opérant alors sa Jonction avec Labourdonnaye, il arrivera à la tête de 60.000 hommes, en deux marches devant cette ville où il remportera sur les Autrichiens une victoire décisive. Puis, soulevant les populations, poursuivant sans relâche Saxe-Teschen, laissant Valence et d'Harville s'emparer de Namur et couper à Clerfayt la route du Brabant, il achèvera en six semaines la conquête des Pays-Bas (2). .

Ce deuxième plan une fois arrêté définitivement, Dumouriez flanqué de Labourdonnaye à gauche, d'Harville à droite, s’avance de Valenciennes sur Mons par Quarouble et Quiévrain.

Après avoir rendu compte au ministre de la modification intervenue, le général lui en fait connaître tous les détails en lui communiquant ses ordres aux armées du Nord et des Ardennes (3). « Vous verrez par ces expéditions,quel est l’ensemble de mon plan ; comment il se lie avec le plan général d'attaque depuis la Méditerranée jusqu'à Dunkerque. Vous jugerez, citoyen ministre, combien toutes les parties doivent se correspondre et combien coupable serait celui qui en ferait manquer une des branches.

Si le conseil de la nation n’adopte pas ce plan en entier, il faut que vous me mandiez sur le champ la décision du conseil ou de la nation; j'en exécuterai ce qui sera permis, Car je sais aussi obéir, »

Devant cette mise en demeure, Pache laisse Dumouriez libre de réaliser ses projets : « je reçois général, lui écrit-il (4), votre lettre du 26... Vous avez reçu du conseil exécutif, l’ordre d’entrer dans le Brabant, il n’y a rien de changé à cet égard » ; mais il ne peut s’empêcher d'exprimer quelque amertume pour la manière un peu cavalière avec laquelle Dumouriez a repoussé ses suggestions. « En vous faisant part, général, de ce que j’ai appris... des projets des Prussiens pour hiverner dans le pays de Liège, j'ai dû vous communiquer mes idées, pour empêcher l'exécution d’un dessein que je croyais intéresser votre gloire et celle de la république. J’ai rempli mon devoir comme ministre, et je suis content. C’est sans doute à vousgénéral, à qui la conception, la gloire et la responsabilité du plan que vous suivez ‘appartiennent, à en diriger l’exécution, et on ne peut être mieux disposé que je le suis à substituer mes

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