Pache à Dumouriez, 30 octobre, Correspondance
6: Pache avait fait le 4 novembre un exposé au conseil exécutif de la
plans de campagne (1), qui se rapprochent de ceux de Kellermann. « Cette conformité dans la manière de voir de deux hommes tels que vous, est un gage bien sûr du succès qui couronnera sans doute nos opérations.
La lettre de Kellermann a du vous être communiquée par Biron. Elle vous a fait voir qu’il se croit assez fort pour chasser seul les ennemis du pays de Trêves et de la vallée de la Moselle, jusqu'à Coblentz, puisqu'il vous propose de passer sur le champ le Rhin à Philippsbourg. L’évacuation de Verdun, celle de Longwy, font présumer qu’il ne porte pas trop loin les espérances.
Aussi, général, il ne paraît pas nécessaire que vous portiez vos troupes sur la Sarre, pour appuyer les opérations qui auront lieu sur la Moselle. D'ailleurs, je vais y faire marcher les troupes qui se trouvent aux environs de Paris ; elles montent pour le moment à environ 20 bataillons.
Vous aurez donc la liberté d'agir sur le Rhin et contre Mayence, de la manière que vous jugerez la plus convenable, soit en suivant la rive gauche, soit en passant le fleuve, soit enfin en vous portant sur votre gauche pour prendre l'électorat de Mayence à revers, comme vous me l’avez proposé. Concertez avec les généraux Biron et Kellermann les opérations que chacun de vous doit diriger et distribuez les forces que vous avez à votre disposition, avec cette loyauté qui caractérise les généraux et les patriotes tels que vous...
Je dois vous dire aussi, que le conseil exécutif attache une très grande importance à nos opérations sur le Rhin, non seulement parce que leur succès séparera les Pays-Bas de l'Allemagne et mettra les Autrichiens dans l’impossibilité d'y jamais rester ; mais encore parce que si ces opérations sont rapides et heureuses, elles assureront la neutralité des Suisses, avec lesquels nous avons entamé des négociations qui ont besoin d’être appuyées par des succès...
En ma qualité de ministre, mon devoir est de marquer aux citoyens qui commandent les armées, le but que la politique veut atteindre; mais le but une fois marqué, c’est à eux qu'il appartient de tracer la route qui doit y conduire et dans laquelle ils doivent marcher. Dès lors, mes fonctions se réduisent à leur fournir tous les moyens qui leur sont nécessaires et dont la république m’a confié la direction. Je souhaite que l'entrée de Mayence vous soit aussi facile que celle de Verdun et de Longwy l’a été à Kellermann.y
Quand cette lettre du ministre de la guerre parvient à Custine, celui-ci s’est déjà rendu maitre de Mayence et Francfort dont
situation des armées dans le Nord, des mesures prises etc. (A. G.) ; mais cet exposé à été transcrit sur un registre aujourd’hui disparu. 1. Pache à Custine, 21 octobre, - :
Neuwinger vient de s'emparer et qu’il a frappé d’une contribution de 2 millions de florins.
En installant ainsi un de ses lieutenants à Francfort, Custine ne se propose pas seulement de taxer l'Allemagne, d’y lever d’importantes contributions et de razzier en tous sens des approvisionnements considérables ; il compte surtout porter un coup mortel à l'Autriche.
En effet, Neuwinger à la tête de forces très mobiles, va être chargé de détruire tous les magasins des Impériaux à rive droite du Rhin (1). La réussite de cette opération est assurée, si Biron parvient à retenir Esterhazy dans le Brisgau en lui faisant craindre pour la Haute-Autriche. Une fois la région entre Rhin et Neckar ainsi dévastée, les Prussiens qui descendent la Moselle, n'auront plus d'autre ressource que de franchir le Rhin à Bonn et à Cologne. « Alors, déclare Custine à Biron (2), avec le renfort que vous m'avez envoyé, avec les troupes que m’aura rendu Kellermann.. Je nettoirai la rive droite du Rhin et nous réunissant ensemble, nous enverrons hiverner en Autriche les satellites du despostime.. Nous forcerons l'évacuation totale de la Flandre, pour faire courir les armées Autrichiennes au secours des pays héréditaires d’Allemagne ; la moitié des soldats de cette puissance resteront dans les boues... l'exécution de ce plan pourra commencer au 15 novembre. Jusqu'à cette époque, je m’occuperai sans relâche des préparatifs nécessaires à son exécution. Elle est aussi sûre que la prise de Mayence était peu probable. Que j'aurai de plaisir, mon cher ami, à me réunir à vous et à vous assurer de la tendre et sincère amitié que mon cœur vous à voué. »
En formant ce plan, Custine parait surtout soucieux de ne pas s'attaquer aux débris de la colonne brunswickoïise, actuellement établis dans la vallée de la Moselle. Bien qu'ayant reçu précédemment de Servan des instructions précises à ce sujet (3), 1l renonce par crainte des Prussiens, à marcher sur Bingen et Coblentz, pour faire tomber par débordement les lignes de la Lahn et de la Moselle. I1 préfère laisser cette tâche à Kellermann,auquel il écrit à cet eflet la lettre la plus pressante. Il l’invite à passer la Moselle à Thionville, à suivre le cours de cette rivière et à se réunir à lui pour empêcher l’ennemi de se porter sur Trêves et de s'emparer du cours de la Moselle (4). « Au nom de la patrie, de la gloire de la république, lui mande t-il quelques jours plus tard (5) marchez et portez vous
Custine à Neuwinger, 23 octobre.
Custine à Biron, 23 octobre.
Servan à Custine, 4 octobre.
Custine à Kellermann, 16 octobre, Ibid, 27 octobre.