SUD OR
dans le vallon de ia Moselle ; là, vous avez d’excellents cantonnements à donner à vos troupes, vous profiterez des magasins des ennemis, qu’ils évacuent tous les jours, vous vous rendrez maïtre d’'Ermannstein (1), forteresse au-dessus de Coblentz,à la rive droite du Rhin, qui est la clef de l'Allemagne. Je suis en communication avec le magistrat de Coblentz et certain du succès, si vous parais- © sez pour l’appuyer. Il ne faut que 10.000 hommes à Coblentz. »
Le commandant de l’armée des Vosges, fait part également au ministre de ses projets et du rôle qu’il convient d’attribuer à l’armée de ia Moselle. Elle ne doit pas s'attaquer à Luxembourg. Le bombardement de cette place serait inutile ; car elle est pourvue de solides casemates; on ne la prendra que par blocus. Au contraire, Kellermann peut sans danger se porter sur Trèves : «nous n’avons pas seulement la corde de l’arc que l’ennemi a à parcourir, poursuit-il ; mais nous sommes dans l’intérieur du demi-cercle (sic) où il faut qu’il trace laborieusement son sillon. »
Il va préparer de grands approvisionnements pour ravitailler Kellermann à Coblentz. Une fois là ,celui-ci pourra lui céder une partie de sa cavalerie, dont il a besoin pour nettoyer le Brisgau ; car ce n’est qu’en menaçant cette région, qu’on contraindra l’ennemi à évacuer la Flandre. « Mais je le répète, la plus grande faute que l’on puisse faire, serait de s'amuser à attaquer Luxembourg, de ne pas se rendre maître de Trêves et de Coblentz, ce qui est bien facile lorsque je tiens Mayence (2). »
Pache entre dans les vues du général. Après l’avoir félicité de ses succès (3), il l’avertit qu'il écrit à Kellermann, pour l’inviter à agir sans retard sur la Moselle. à s’avancer sur Trèves et Coblentz, où l’on attend les Français avec impatience (4).
Sur ces entrefaites, Custine apprend que Kellermann n’a pas bougé, qu'il n’a même pas l’intention de le faire. Sa colère éclate et il écrit aussitôt au ministre : « Dans l'instant où j'allais fermer ma lettre, je reçois une dépêche du général Kellermann ,qui, par les lenteurs qu’il m’annonce, le départ du citoyen Valence pour Givet, m'apprend qu’il est fort à craindre que notre fin de campagne ne soit manquée et la Flandre non évacuée.
Je le répéterai jusqu'à satiété, il n’est qu'un moyen de faire. évacuer les Flandres, de rendre le cours du Rhin libre, celui que le général Kellermann marchant sur Coblentz s’adosse à moi.
Il n’est qu'un moyen de me mettre en mesure de faire évacuer le Brisgau, celui de me donner de la cavalerie ; car que ferais-je
Il s’agit de la forteresse d'Ehrenbreinstein, Custine à Pache, 24 octobre.
Pache à Custine, 28 octobre.
Ibid, 28 octobre.
dans les plaines de la Franconie et du Palatinat avec 1.500 chevaux ?
Mon opinion est faite depuis longtemps, sur les conceptions, les plans du général avec lequel vous voulez que je me combine ; et je Pavoue, il est dégoûtant de voir manquer la fin de la plus belle campagne...
Je finirai par informer le public de mes prophéties militaires et de lineptie d’un homme qui va se placer dans un acul (sic) où il est impossible qu’un ennemi à peine sorti puisse rentrer, pendant qu’en prolongeant le flanc de cet ennemi, je lui porte le coup mortel. Sans doute, cet homme ignore le prix d’une position telle que Coblentz ? Eh quoi ! aussi sous le régime de la république, seronsnous encore les victimes de l'ignorance (1). » ?
20 Le commandant de l’armée de la Moselle, mérite-t-il les reproches que lui adresse son collègue de l’armée des Vosges ?
Nous avons laissé Kellermann saluant du haut des remparts de Longwy, par trois salves d'artillerie, la retraite des Prussiens hors du territoire français. Le général, qui pendant toute la poursuite a préféré négocier plutôt que combattre, ne songe nullement à pénétrer dans la vallée de la Moselle, à la suite de l’ennemi, pour lui couper la route de Trèves. 11 estime sa besogne terminée.
Pensant que les Prussiens veulent toujours se séparer des Autri-
“chiens, il leur propose la paix et Prunswick, Kalkreuth, Lucchésin continuent à l’abuser par de belles paroles. Il estime d’ailleurs impossible de se porter en avant. Son armée est harassée et manque de tout ; il vaut mieux reposer ses troupes, et les mettre en état de reprendre les opéretions en janvier. Il profitera alors de la confiance qu’inspirera aux ennemis son apparente inaction. En attendant, il a besoin de renforts. L’armée de la Moselle (2) ne