Pache à Custine, 30 octobre
jeté à cet effet les yeux sur Carnot Feulins (1). Ce dernier est muni d'instructions détaillées (2). 11 doit vaincre les hésitations de Kellermann et le faire entrer immédiatement dans la vallée de la Moselle. « Ce mouvement est si important et si décisif, qu’il faut employer tous les moyens pour l’exécuter et sur le champ : pénétrezvous bien de cette nécessité et pénétrez-en le général, ses officiers, ses troupes ; le sort de la guerre est en leurs mains ; s'ils marchent, elle peut être finie en peu de semaines. Employez la raison, l’énergie, l’autorité ; si vous soupconnez peu de volonté dans les chefs, éclairez-moi.. (3). »
Puis les instructions du ministre se font plus pressantes (4) Kellermann a reçu du conseil exécutif l’ordre positif de marcher. Carnot rendra compte dans les quarante huit heures qui suivront la réception de cet ordre, des dispositions prises pour son exécution.
Le commissaire fait diligence et rejoint en toute hâte l’armée de la Moselle. Grâce à l’énergie qu’ildéploie, à la rigueur des instructions qu’il montre à Kellermann, ce dernier, après lui avoir objeeté le dénuement de son armée, se décide néanmoins à entrer en opérations dans le plus bref délai (5).
D'ailleurs, les dépêches du ministre se succèdent à son quartier général et hâtent encore ses préparatifs. C’est d’abord, le 31 octobre, une lettre approuvant Custine (6). « Tout ce qu'il dit sur les dispositions politiques du pays est conforme aux relations que nous avons. Tout ce qu’il dit sur les avantages que vous avez pour y venir est exact.
Hâtez-vous, général, d’entrer dans la vallée de la Moselle, et de vous porter sur Trèves et Coblentz... »
Puis le 2 novembre (7) : « J'ai communiqué au conseil, la lettre que vous m'avez écrite, pour m’exposer les motifs qui vous ont engagé à prendre des cantonnements et à donner du repos à vos troupes. Nous sentons tous, comme vous, la force de ces motifs, et dans des circonstances moins urgentes et moins. décisives, le conseil vous aurait lui-même pressé à prendre des quartiers d'hiver.
Mais les ministres, les généraux, la Nation entière ont pensé qu’il ne coûterait pas d'efforts à l’armée formidable qui se trouve en ce moment sur nos frontières, pour couronner ses SuCCés, en repoussant au delà du Rhin des troupes délabrées et intimidées
1. Cf. H. Libermann, La müssion de Claude Marie Carnot Feulins aux armées de la Mosel'e et du Rhin, nov mbre, déc mbre 792. :
2. Instructions particulières pour Carnot commissaire envoyé par le ministre de la guerre à l’armée de la Moselle le 30 octobre, À. G.