Ibid, 2 novembre
par les revers qu’elles viennent d’éprouver... Toutes ces raisons persuadent au conseil que vous n’hésiterez pas un moment de marcher et, persuadé de la nécessité absolue dont 1l est, que vous le ferez, il m’a chargé de vous en donner l’ordre positif. »
Tandis que le ministre presse ainsi le commandant de l’armée de la Moselle, Custine qui a perdu patience et n’attend plus rien de son collègue, se décide à faire un éclat. Il écrit au président de la Convention (1) : «citoyen président, dans une république, la vertu, les talents doivent avoir seuls des droits à la confiance ; il est du devoir de tout citoyen, de manifester la vérité, de faire connaître l'incapacité de l’homme chargé des fonctions publiques et plus encore de la conduite des armées et, si le hasard ou la valeur des troupes ont donné quelques succès à un général, ils ne doivent point servir à son impéritie ou à sa lâcheté.
C’est dans ses principes que je dénonce Kellermann, indigne du nom de général, plus indigne encore de diriger les forces de la République. »
Avant que cette dénonciation soit lue à la tribune (2), Custine renouvelle auprès du ministre ses accusations : « Citoyen ministre (3), je joins ici copie de la dernière lettre que j'écris à M. Kellermann, fatigué de répondre à des lettres vides de sens et d'idées, où je ne vois que jactance... » Kellermann a fait manquer le plan de campagne en détachant Valence sur Givet, quand Dumouriez n’en avait pas besoin. Pour obtenir que l’armée de la Moselle marche sur Trèves, il faut changer son chef. « Je vous dirai surtout, citoyen ministre (4), que ce qu’il me faut surtout, c’est au commandement de l’armée du Centre qui est dans les Evêchés, un homme qui ait toute ma confiance et que Kellermann ne mérite ni la vôtre, ni celle de la République. Il faudrait qu'alternativement je puisse me transporter de l’une de ces armées à l’autre et que le commandement de celle des Evéchés fut donné à Félix Wimpffen…
L’imbécilhté de Kellermann, lui a empêché de sentir ce plan, et sa lâcheté de l’exécuter... Je ne saurais assez insister sur la destitution de Kellermann ; s’il reste en place, je prédis d'avance, tout est manqué. »
Cette fois, le ministre excédé de ces plaintes continuelles, persuadé par ailleurs de linutilité de ses efforts pour décider Kellermann, n'hésite plus à sacrilier ce général. Le 4 novembre, il vient déclarer au conseil exécutif (5) : « D'après les dépêches remises