Séance du 20 novembre, Moniteur, XIV
7. Rapport sur la conduite du lieutenant général Arthur Dillon, présenté au nom du comité de la guerre par Merlin de Douai, novembre 1792, Collection des projets, lois, etc. Bibliothèque Guerre.
de
qu’il est chargé de diriger. doit avoir la faculté de donner ou de retirer, suivant le plus ou moins de confiance qu’il a dans les individus et suivant les divers partis auxquels il les destine ; il a usé de cette faculté en rappelant Dillon (1) ».
I restait également à liquider la situation de Lückner. Le vieux maréchal, pourvu du vain titre de générallissime lors de l'invasion
Prussienne, avait été rappelé à Paris, sous prétexte d'éclairer le conseil exécutif de ses avis.
Il arrive dans la capitale, muni d'une lettre du conseil général de la commune de Châlons, qui lui a été remise « en témoignage d’estime, d’attachement et de reconnaissance pour détruire les calommes dirigées contre lui» (2) Mais le ministre de la guerre, comme tous les membres du pouvoir exécutif, sont prévenus contre lui par le rapport de Billaud-Varennes, qui constitue un véritable acte d'accusation. Aussi ne le consulte-t-on sur rien. On le balotte
de comité en comité, on ajourne de mois en mois le rapport qui doit statuer sur son sort.
C'est seulement le 8 janvier 1793, que l’assemblée ayant enfin reçu de Pache le rapport en question, rendra-le décret suivant : « il est permis au maréchal Lückner de se retirer où bon lui semblera » (3).
Enfin le ministre de la guerre doit encore s'occuper d’une dénonciation portée contre Félix Wimpffen,ex-défenseur de Thionville, qui vient d’être chargé du commandement des forces auxquelles incombent théoriquement la défense des côtes, forces qui n’existent d’ailleurs que sur le papier.
Un nommé Joseph Godchau, juif de Thionville, accuse Wimpffen
1. Séance du conseil exécutif du 26 décembre, Aulard, I, 360. 2. Le conseil géntral de la commune de Châlons, au maréchal Lückner, 29 octobre, A. G.
3. Ternaux, IV, 203. Le maréchal se retire à Strasbourg, quelques jours après ce décret. Il existe aux archives de la guerre une lettre curieuse de son aide de camp Ihler, annotée par le ministre. qui explique la cause de son brusque départ. «Citoyen ministre, des raisons impérieuses .eLt pressantes ont engagé le maréchal Lückner, à partir inopinément ce matin. 11 m'a chargé de vous dire de bouche les motifs qui l'y ont déterminé, ne croyant pas oser vous en instruire par écrit. A cette fin. je vous prie de m'accorder un moment d'entretien ce soir». Note dé Pache. «Ihler m'a dit que Blum ministre de Danemarck, était venu avant hier trouver Lückner et lui avait dit, qu’il avait à craindre d’être tué lundi et qu'il le conjurait au nom de l’amitié, de s’en aller promptement. Que La Ponce, ancien premier secrétaire de là guerre et intendant des Invalides, qui avait ji dis fait la capitulation de Lückn r avec la France et avait contracté amitié avec lui, était venu faire semblable rapport et les mêm s invitations. Enlip, que les trois domestiques de Lückner étaient venus lui dire que selon ce qu’ils avaient entendu dans les divers lieux, il y aveil à craindre pour. lui, Et que c’était en conséquence que Lückner avait pris samedi soir le parti de S’en aller le dimanche matin à Stresbourg ».‘Ihler à Pache,13 janvier 1793, note du ministre jointe. A. G.
de lavoir employé à diverses missions auprès des généraux ennemis, dans le but de leur livrer la place.
Le conseil exécutif saisi de cette affaire (1),arrête que le général sera mandé pour être entendu dans la séance suivante.
Le 26 novembre, ce dernier se présente et donne sur le caractère et les motifs de la dénonciation, les éclaircissements les plus détaillés. Il présente à l’appui toutes pièces probantes qui anéantissent Paccusation (2). Wimpffen est envoyé à l’armée des Vosges, sous les ordres de Custine.
Fonüs relatifs aux prisonniers, déserteurs, ete. — Le décret du 2 août, avait accordé une gratification et des pensions aux déserteurs étrangers. [1 ne tarde pas à en résulter de tels abus,que le ministre doit demander à la Convention d'examiner à nouveau la question. En effet, expose-t-1il dans son rapport (3), des déserteurs des armées ennemies se joignent constamment à nos troupes victorieuses et réclament le bénéfice du décret du 2 août. Or, la situation est devenue bien différente : nous étions menacés à cette époque, nous sommes maintenant Vainqueurs et ce n'est pas l'amour de la liberté qui pousse les déserteurs dans nos rangs. D’ailleurs,leur nombre devient tel, que les fonds votés en leur faveur sont insuffisants.
Pache n’obtient pas immédiatement gain de cause ; mais étant revenu à la charge quatre jours plus tard (4), il parvient à faire abroger le décret du 2 août (9).
L'assemblée lui accorde plus facilement des mesures de détail qui ont leur importance,comme celle qui décide que les contributions levées sur les villes ou provinces étrangères, seront versées dans les caisses des trésoriers payeurs généraux, qui donneront quittance aux commandants des troupes (6), fnoyen facile et sûr de les alimenter d’un numéraire d'autant plus précieux, qu'il devient chaque jour plus rare ; que les officiers prisonniers de guerre, autorisés à rentrer en France sur parole, conserveront leur solde de guerre, qui leur sera payée sur les dépenses extraordinaires (7).
Formation de corps nouveaux. — Dans le courant de novembre et,
k te d?s délibérations du conseil exécutif; 23 novembre, Aulard, “20
2. Cette dénonciation contre Wilnpffen sera portée à nouveau devant la Convention le 13 février 1793, Moniteur, XV, 494; Procès-verbal, 276, . Pache au président de la Convention, 18 novembre, A: G. Ibid., 22 novembre.
Décret du novembre 1792. Lois, Guerre, A.:I, b, 1205, XL . Séance du conseil exécutif du 19 novembre, Aulard, TL, 249. Décret sur le traitement des officiers français prisonniers de guerre, Lois, XII, 3 et 6 décembre 1792.