IL — FONCTIONNEMENT DE L'ADMINISTRATION CENTRALE
a) Le Personnel. — Mutations dans le haut commandement, questions de fonds, création de corps nouveaux, discipline, reconstitution organique de l'armée.
b) Le Matériel. — Armement et munitions.
a) Le personnel
Mutations dans le haut commandement. Nous avons vu quelles moditications étaient déjà intervenues par les soins de Pache, dans le haut commandement de nos armées. Estimant sans doute ces mutations suffisantes, il paraît décidé à s’en tenir Jà ; mais les circonstances vont lui imposer de nouveaux changements en novembre et décembre. ?
Et d’abord, il s’agit de régler la situation de Montesquiou. Le conseil exécutif n’a pas approuvé son attitude à l'égard de Genève ; et quand l’assemblée est invitée à ratifier la convention du 22 octobre (1), elle porte contre lui le décret d’accusation (2).
Le ministre envoie aussitôt un exprès pour le faire arrêter (3) ; mais Montesquiou parvient à s'échapper. Son commandement est attribué à Kellermann, disponible à Paris.
Labourdonnaye, placé depuis septembre à la tête de l’armée du Nord, constituant l’aile gauche des forces de Dumouriez, ne cesse par son insubordination de provoquer des plaintes de son . chef au ministre de la guerre (4) et à celui des affaires étrangères (5). Pache propose sa destitution au conseil exécutif, qui la prononce le 21 novembre (6), laissant à Dumouriez le choix d’un successeur qui se trouve être, en l'espèce, le créole Miranda.
A l’armée du Var, le général Anselme provoque des réclamations des Nicois, qui se plaignent de l’insubordination de ses troupes et des excès qu’elles commettent envers la population (7). Une commission est envoyée sur les lieux par ordre de l’assemblée, sur la proposition du comité de la guerre (8). Les représentants prétendent bientôt avoir recueilli des témoignages accablants contre Anselme et imposent au ministre sa destitution. Elle est prononcée le 16 décembre par le conseil exécutif, qui le remplace par
Séance du 8 novembre, Moniteur, XIV, 424.
Extrait du procès-v rbal de la Convention, séance du 9 novembre, 93:
Délibération du conseil exécutif du 9 novembre, Aulard, 1, 234. Dumouriez à Pache, 23 novembre, Correspondance, 120, 123. Dumouriez à Lebrun, 17, 18, 19, 21 novembre, À Séance du conseil exécutif provisoire, 21 novembre, Aulard, I, 254. Séance de la Convention, 18 novembre, Moniteur, XIV, 509. Séance du comité de la guerre, 15 novembre, loc. cit. =
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Biron. Desprez-Crassier prend le poste demeuré vacant à l’armée du Rhin (1).
En dehors de ces mutations portant sur des généraux pourvus d'un commandement effectif, le ministre doit encore s’occuper de liquider la situation de Dillon et celle de Lückner et de faire Justice des accusations portées contre Wimpffen.
Dillon, après s'être compromis avec le landgrave de Hesse pendant la retraite des Prussiens, avait été destitué du commandement de l’armée des Ardennes et appelé à Paris pour se justifier. Il se présente au comité de la guerre avec l’espoir d’en obtenir Pabsolution. Le comité charge bien Merlin de Douai de rapporter sur son affaire; mais ne peut lui éviter de rendre compte de sa conduite à son chef naturel, le pouvoir exécutif (2), qui délègue Pache à cet effet (3). :
Le 28 novembre, Dillon présente au ministre un long factum, où il relate les circonstances qui ont motivé ses négociations avec les Hessois (4). Une quinzaine de jours plus tard, Pache communique le mémoire avec ses observations au conseil (5), sans trancher définitivement la question de culpabilité du général.
Ce dernier se plaint alors à la Convention de subir un déni de justice. Il obtient le 20 novembre, que le comité de la guerre soit chargé de faire un rapport sur sa conduite (6). Le rapport est naturellement confié à Merlin de Douai, qui s’est déjà occupé de lu.
Après une enquête approfondie, ce conventionnel tout en condamnant l'attitude prise par le général après les événements du 10 août, admet que s’il s’est compromis avec Lafayette, ses ser- * vices postérieurs le justifient suffisamment et qu'il n’y à pas lieu à inculpation contre lui (7). Non content d'innocenter Dillon devant l’assemblée, il demande même au conseil exécutif des explications sur une destitution qu’il estime injuste. Bien que la mesure ait été prise par Lebrun pendant son intérim, Pache soutient devant ses collègues qu'il y a lieu de la maintenir et fait triompher son point de vue.Le conseil exécutif arrête en effet :«qu’il sera répondu que le commandement d'une armée ou d’une division, est une commission que le conseil responsable des opérations
Séance du @éonseil exécutif, 16 déecmbre, Aulard, I, 336. Séance du comité de la guerre du 22 octobre, A.N., R. 92, A.F,, II, 14. Séance du conseil exécutif du 22 octobre, Aulard, I, 175. . Compte rendu au ministre de la guerre, par le lieutenant général Dillon, 28 octobre, collection des projets, rapports et lois, bibliothèque guerre,
5. Séance du conseil exécutif du 16 novembre, Aulard, I, 240,