Pache à Dumouriez, 27 novembre, Correspondance
H, Libermann
assez prompte pour sauver le château de Namur et nous obliger à une campagne longue et difficile sur la Meuse. « J'espère ajoutait-il, que je me tirerai de ces embarras, mais je vous déclare citoyen ministre, que si sous quatre jours je n’ai pas de réponse sur les plaintes très graves que j'ai faites contre Labourdonnaye, je prendrai le parti de le suspendre et de lui donner un successeur qui entend mieux mes plans et ne les contrarie pas».
Il se plaint avec plus d’amertume encore auprès de Lebrun. Ce dernier, d'accord avec Pache, met le conseil au courant de la situation. Celui-ci arrête « qu’il sera donné ordre au général Labourdonnaye de se retirer dans son commandement du Nord ; Dumouriez nommera son remplaçant ».
Le ministre de la guerre mande aussitôt cette décision au commandant de l’armée de Belgique. « Le ministre des affaires étrangères, général, à communiqué au conseil la lettre que vous lui avez écrite le 18 de ce mois sur Labourdonnaye ; le conseil à délibéré que ce général rentrera dans le département du Nord et je viens de lui en donner l’ordre (1)... vous êtes laissé libre de mettre à la tête du corps qu’il a conduit dans la Belgique, le lieutenant général Duval ou tout autre investi de votre confiance (2) ». À
Le créole Miranda est choisi pour ce poste important. Il vient prendre le commandement de l’armée du Nord devant la citadelle d'Anvers, dont il s'empare le 28; puis par les landes de la Campine, il s’achemine vers la Gueldre autrichienne où il occupe Ruremonde. ;
Pendant que Labourdonnaye conquiert la Flandre Maritime, l’autre lieutenant de Dumouriez, Valence, quoique blessé à la bataille de Jemmapes, poursuit avec l’armée des Ardennes les Autrichiens en retraite sur Namur. Il quitte le 8 novembre Givet, occupe le 10 Charleroi, le 17 il atteint Mézy, s’y heurte à l’adversaire qu’il bouscule au combat du bois d’Asche. Il assiège aussitôt le château de Namur et le contraint le 2 décembre à capituler.
Nous avons laissé Dumouriez poursuivant les Autrichiens vers Liége. C’est au cours de cette marche, que pour des motifs que nous étudierons en détail au chapitre suivant, son dissentiment avec le ministre de la guerre, latent depuis plusieurs jours, éclate brusquement.« Il est temps, lui écrit-il le 24 novembre (3) que je déploie toute l’indignation que je ressens de tout ce qui
1. Pache à Dumouriez, 22 novembre, Correspondance, 112. 2. Ibid, 25 novembre, 149.