Dumouriez à Pache, 24 novembre, Correspondance
se trame d’odieux contre l’expédition dont je suis chargé et de tous les moyens qu’on emploie pour la faire manquer ».-
On lui a donné Labourdonnaye comme coopérateur et sa conduite a été détestable. On lui a promis tous les approvisionnements indispensables et il ne reçoit que des envois partiels.[,’armée manque du nécessaire. On lui a promis du numéraire ; ïl n’en reçoit pas. « Je rends justice à votre vertu, citoyen ministre, je la connais depuis longtemps ; mais vous êtes mal entouré. on ne laisse pas ainsi au désordre et aux besoins 60.000 hommes hors de leurs frontières.
Si d’après tous les obstacles que je ne rencontre que de la part des Français, on vient à bout de faire manquer mon expédition, de laquelle dépendent la gloire et le sort de la patrie, dès que Je serai arrivé à Liége, dès que j'aurai placé sur la Meuse l’armée que je commande et que, par la position de ses quartiers, j'aurai assuré la conquête de la Eelgique, j’enverrai à la Convention nationale ma démission motivée, pour éviter d’être personnellement atteint par les trames odieuses avec lesquelles on cherche à barrer toutes mes opérations et pour ne pas devenir l’instrument de la tyrannie ou de l’avarice.
Soyez sûr, citoyen ministre, que je ‘vous rends justice et que de tout ce que je vous mande, il n’y a rien qui vous soit personnel ».
Cette lettre du général, ne fait que confirmer les craintes de Pache de le voir s'arrêter avant d’avoir obtenu un résultat décisif. Aussi s’empresse-t-il de répondre (1) « que son dessein de prendre ses quartiers d'hiver sur la Meuse est contraire à son plan et aux dispositions qui ont été prises en conséquence tant sur la Moselle que sur le Rhin. C’est conformément à ce plan, digne du peuple français... que le conseil exécutif a arrêté que les armées de la République ne poseraient les armes que lorsque les ennemis auraient été repoussés au delà du Rhin ; la Convention a sanctionné cet arrêté par son approbation.
Lorsque le conseil exécutif l’a pris, c’est surtout sur vous qu'il comptait. Ne vient-il pas d'écrire, en effet, pour obtenir d'urgence 20 bataillons de garnison, afin de pousser jusqu’au Rain en liaison avec Beurnonville ? »
- Or, «les 20 bataillons ont marché sans délai; les armées de la Moselle et du Rhin reçoivent journellement des renforts, elles agissent. Beurnonville, Custine comptent sur vous et pensent comme vous, que quelques semaines de vigueur nous épargneront les frais et les dangers d’une seconde campagne.