Custine à Pache, 10 décembre
a laissé dans la position la plus cruelle. Vous en avez su les résultats : l'assassinat de nos frèrés dans Francfort, par la stupidité du sieur Van Helden. Mon cœur saigne encore. Mais avec une si grande infériorité de troupes, pas de généraux, ni d’état major, une armée de 30.000 hommes... » que peut-il faire en face des forces immenses de l’adversaire ? 4
Néanmoins, malgré l’état de faiblesse de son armée, il va chercher à s'emparer de Mannheim. Le général Meunier est depuis la veille devant cette place.
Ce qui importe maintenant avant tout, € est de chasser l’ennemi de la rive gauche du Rhin. «l'avantage dont il peut être pour le succès des armes de la République, de lier à un système unique toutes les opérations partielles de chaque armée (1), m'a déterminé à résumer mes idées sur le projet de cette campagne d'hiver et à les présenter au citoyen ministre-de la guerre, ainsi qu’à chacun des généraux des armées, afin de les soumettre à l’autorisation de lun et au concert des autres... »
D'abord, il est probable que les Prussiens vont prendre l’offensive et forcer l’Electeur palatin à livrer le pont de Mannheim. Il faut l’en empêcher à tout prix.
Par ailleurs, Beurnonville doit poursuivre sa marche par Kreuznach et Bingen et se mettre en liaison vers Mayence avec l’armée des Vosges. L’ennemi une fois rejeté au delà du Rhin, nous restons maîtres de commencer plus tardivement la campagne prochaine et pouvons ne tenter qu’à cette époque l'attaque d’Ehrenheistein.
En attendant, la position de larmée des Vosges demeure critique, puisqu elle compte 18.000 hommes contre 52.000 qui vont être incessamment renforcés d'Autrichiens et de Palatins.
Pache répond (2) : «Le conseil exécutif a approuvé les mesures que vous avez prises relativement à l’Electeur palatin. IL était impossible, en effet, que vous restiez à Mayence, isolé et sans communication avec le département du Bas-Rhin, tandis que nos ennemis auraient eu la facilité en passant sur le pont de Mannheim, de se porter sur la route même que vous aviez tenu. Vous avez bien fait de recommander au général Meunier de n’agir contre les troupes Palatines que dans le cas où elles commenceraient les hostilités. Vous voudrez bien m'informer le plus tôt possible du succès qu'aura eu la mission importante que vous.lui avez confiée.
Le conseil a trouvé le plan de campagne que vous avez développé, rédigé avec clarté et justesse.