bid., 23 novembre
Pache le presse de se hâter. « J'ai reçu, général, vos dépêches du 16; je vous remercie des nombreux détails qu’elles renferment et surtout de la patriotique et infatigable activité avec laquelle vous travaillez à mettre votre armée en état de se montrer bientôt à l’ennemi.
Je savais, général, que vous vous plaindriez en arrivant de bien des choses, de celles qui m’aflligent et c’est pour les réparer que j'ai fait un choix dont j'espère que ni la République, ni Vous, ni moi n’aurons à nous repentir (1) ».
Il lui envoie 19 bataillons de Verdun sur Metz et Nancy, des couvertures, des souliers etc... «je pense qu'avec ces moyens, vous pourrez faire mieux que de couvrir la frontière de la Moselle. Nos ennemis sont loin de penser à l’offensive et d’en avoir les moyens. Cernons-les, hâtons-nous de les cerner avant qu’ils appellent des secours du fond de l’Allemagne. Dumouriez y travaille en Flandre ; c’est à Custine et à vous à les presser sur la Moselle et sur le Rhin. Encore quelques semaines d’efforts et de travaux et nous serons sûrs de passer un hiver paisible. »
Puis quelques jours plus tard (2): «Je vous envoie ci-joint, copie de la lettre que je reçois du général Valence. Elle me persuade que les ennemis n’ont pas à Trèves autant de troupes que vous avez pu le croire, d’après les rapports qui vous sont parvenus.
Si vous hâtez vos mouvements sur Trèves, il en résulterait peut-être dans les dispositions de Hohenlohe, de l'incertitude ou des lenteurs qui favoriseraient les opérations de Valence contre Namur et Beaulieu.»
Enfin le 26 novembre (3) : «le conseil exécutif provisoire a vu avec plaisir que vous vous disposiez à attaquer Trèves et à seconder ainsi le plan du général Custine. Il le modifiera sans doute lui-même, sur les observations que vous lui avez communiquées ; car il ne parle de vous qu’avec éloges et en se louant de vous avoir comme coopérateur. ;
Le conseil après avoir approuvé le plan d’un général, croit devoir lui en laisser la conduite et la liberté de le modifier selon les circonstances. Je crois que les premiers renseignements que vous m'avez envoyés sur les troupes opposées sont exagérés. »
Dans ces conditions, Beurnonville ne peut tarder davantage. Après avoir demandé l’aide de Valence et de Dumouriez, il se met en route : «je pars à l'instant, citoyen ministre (4), avec
Pache à Beurnonville, 20 novembre.
Ibid., 23 novembre.
Pache à Beurnonville, 26 novembre.
Beurnonville à Pache, 29 novembre,