‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 196 sur 327 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

petit corps de 1.800 hommes, doit agir en même temps sur Sarrebrück et Consarbrück. »

Le contenu des dépêches de Eeurnonville, incite le ministre à croire son opération en bonne voie, « J'attends avec impatience, Jui mande-t-il le 7 décembre (1), la nouvelle de vos succès. J’ai fait part au conseil exécutif des détails que vous lui avez donnés... et 1l me charge de vous exprimer combien il s’applaudit à vous avoir confié le commandement de l’une des armées. de la république.

J’ai toujours pensé, général, que vous trouveriez 16 à 17.000 hommes devant Trèves. mais je n’ai aucune inquiétude sur le succès.

J’ai écrit à Dumouriez de la part du conseil exécutif, pour qu’il dirige le corps de troupes commandé par Valence, de manière à soutenir vos opérations. »

Pendant ce temps, Beurnonville après une vaine canonnade sur la Montagne Verte, n’ose aborder contrairement à ses dires, la position à la baïonnette. Il n’envoie pas moins à Pache un bulletin emphatique : « depuis ma dernière, citoyen ministre (2), j'ai dirigé trois attaques, dont une a parfaitement réussi. J’ai eu des succès dans les deux autres; mais cependant, je n’ai pas rempli parfaitement votre désir. Dans la nuit du 4 au 5, je fis passer par Schôndorf et Rheinsfeld, à travers de nouveaux précipices, les généraux Lagrange et Destournelles, avec chacun. leur brigade et le général Landremont avec 500 tirailleurs et 1.200 chevaux, afin d’attaquer les hauteurs de Pellingen, pendant que j'attaquerai la Montagne Verte. Je devais m’attendre à quelques succès de ce côté, parce que j'avais masqué cette expédition en ne laissant que quelques tirailleurs à Cerf et en portant toutes mes forces par la route de Saint-Wendel à Trèves. Mais une pluie de glace, qui tomba à verses pendant toute la nuit et pendant la journée, ne fit dans un instant qu'un miroir de tout cet affreux ensemble que j'avais si heureusement doublé et je dois le dire à la louange des généraux qui commandaient cette expédition et des braves officiers et soldats qui en faisaient partie, qu’il fallait être plus que brave, pius qu’'intrépide, plus qu'homme enfin, pour avoir résisté. Car le 5 au matin, nous avons trouvé des sentinelles de grand garde, gelées, mortes, vingt livres de glace à la crinière des chevaux.

Enfin, citoyen ministre, le temps était tel que s’il eut continué vingt-quatre heures, c’en était fait de l’armée de la Mo-

© 1. Pache à Beurnonville, 7. décembre.

Page 1