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Lacuée à Pache, 4 décembre

2, Conseil de guerre de l’armée des Pyrénées du 15 décembre, À. G.

exposé la situation actuelle de l’armée, il a parlé de ses besoins, du nombre de troupes qu’il faudrait, des fonds et approvisionnemeénts de toutes espèces qui leur seraient nécessaires ; il a attribué au décret du 45 novembre, qui a mis obstacle au zèle des commissaires de la Convention, le dénuement dans lequel se trouve cette armée. »

Le conseil conclut à la nécessité de demander au ministre de porter l’effectif des troupes à 60.000 hommes au moins.

Mais Pache ne croit guère à la possibilité d’une guerre avec l'Espagne (1). Il estime préférable de consacrer les ressources encore bien insuffisantes de la République, aux théâtres actifs d'opérations, où le besoin s’en fait sentir d’une manière impérieuse. [Il est donc amené à négliger une armée en formation,destinée à une guerre hypothétique et dont l'intérêt, si elle se produit, ne sera Jamais que secondaire.

Si nous pouvons douter à cet égard du témoignage de Carnot nécessairement partial envers celui qu’il considère déjà comme un ennemi, de ceux de Lacuée, de Laclos, de Servan, trop intéressés à obtenir un maximum de ressources et enclins de ce fait à-exagérer la situation, la lettre suivante de Merlin de Douai, que l’on ne peut suspecter de parti pris, vient les corroborer d’une manière saisissante : «le vif intérêt (2) que m’a inspiré pour vous une profonde estime de vos vertus, m’oblige de vous faire part de ce qu’on m'écrit sur votre compte de l’armée des Pyrénées en date du 1€ de ce mois : «j'ai quitté l’excellent général Servan ce matin, il se rend au poste de Toulouse, il m’a encore répété Lo le ministre de la guerre était à lui faire la première réponse

5 lettres importantes qu'il lui a écrites. Il n’y a pas une pièce d canon dans cette armée, il n’y a pas le commencent d’un

magasin et l’on veut nous aventurer. »

V oilà ce que m'écrit un homme bien zélé pour la chose publique. Je dois ajouter qu'il n’est pas le premier qui se soit plaint à moi de l’excessive lenteur de votre correspondance ; on accuse hautement quelques chefs de bureaux d’aimer plus leurs plaisirs que le travail. Je ne sais si cette accusation est fondée ; mais j’ai cru devoir vous la déférer. Averti des plaintes qui s'élèvent, vous serez à même d’y faire droit, si elles sont justes. » (3)

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