Dumouriez à Pache, 25 octobre, Correspondance
Il est bien étonnant, ajoute Dumouriez, qu’un commis républicain prenne le ton tranchant d’un commis d’ancien régime. Je ne peux me passer ni de Malus, ni des marchés qu’il a conclus. »
Et plus loin: «peu m'importe de savoir si le marché est cher ou non, il est fait avec l’autorisation de Servan et parce que le besoin est urgent... Vous né serez donc pas étonné que... je demande le maintien de ce marché et que j’envoie copie de ma lettre ainsi que du marché au comité militaire. :
La plus grande des économies dans une crise aussi grave que celle que nous traversons, est celle du temps et des hommes... aussi, toutes les fois que pour des besoins de première nécessité... je serai arrêté par la lésinerie ou par l’esprit méthodique des bureaux, je porterai hautement mes plaintes et je rejetterai les responsabilités sur ceux qui mettent obstacle aux opérations dont je suis chargé. »
En fait, Dumouriez écrit au comité militaire, qu'Hassenfratz ne peut rompre un marché autorisé par Servan, que les besoins sont urgents, qu’un autre sera nécessairement plus onéreux. Fabre et Poulet consentent d’ailleurs à fournir les 20.000 sacs en recevant seulement 2 % de commission, après avoir justifié des factures. Dans ces conditions, Pache cède et prend les 20.000 sacs (1).
Enherdi par ce succès, Dumouriez ordonne à Malus le 8 novembre, de passer à Mons avec Henri Simons, un des plus grands négociants de Bruxelles, deux marchès, l’un pour les fourrages, avoine, foin, paille à fournir pendant un mois (2); l’autre pour 25.000 sacs de farine au prix de facture avec commission de 2 %. Ce marché est, déclare-t-il, indispensable à la subsistance de l’armée (3). Le général donne en même temps ordre à Petitjean, commissaire ordonnateur en chef à l’armée du Nord et à tous les chefs d'administration, de passer des marchés d'urgence, pour assurer le service pendant deux mois (4).
Pache vient de signifier à Dumouriez que tous les marchés seront désormais passés par les soins du directoire des Achats (5), quand