Mémoires de Dumouriez, IV, chapitre
5. Pache à Dumouri'z, 11 novembre, Correspondance, 76. « Les mihistres de l’intérieur, de la marine et de la guerre, contrariés sans cesse dans l'achat des subsistances qui leur sont nécessaires par la différénce des principes de leurs préposés, viennént enfin de se réunir et ont formé un comité com-
il apprend cette nouvelle. Cette fois, il se fâche. « Doumerc (1), administrateur des vivres, me fait passer général, l’extrait d’une lettre de Payen, régisseur général des vivrés de l’armée que vous commandez, dans laquelle il annonce que Malus, commissaire ordonnateur, vient de passer un marché considérable à Henri Simons, négociant de Dunkerque.
J’ai peine à croire que Malus se soit permis de passer un marché semblable, lorsqu'il sait que j'ai approvisionné de farine l’armée que vous commandez, de manière à assurer les subsistances pendant huit mois, lorsqu'il sait que j'ai refusé de ratifier un marché de farine onéreux qu’il a passé.
Comme Payen ne donne pas de preuves positives de l’existence du marché qu’il annonce, j'aime à croire qu’il n’a pas été passé et Je le crois d'autant plus général, que je ne doute pas que s’il eut été passé avec votre autorisation,comme Payen l’annonce, vous ne vous soyez empressé de m'en faire part.
Je vous fais passer, général,copie d’un décret rendu par la Convention nationale sur un marché onéreux passé par Vincent, commissaire ordonnateur à l’armée du Midi, à Benjamin, approvisionneur de viande de l’armée. Je vous serais obligé de commu- -niquer ce décret à Malus, afin qu'il en fasse part à tous les commissaires des guerres qui sont sous ses ordres. »
Pérsuadé que le commandant de l’armée de Belgique ne va pas accepter sans récriminations de se soumettre à ses ordres, il prévoit ses objections. «je m’empresse de vous envoyer (2) la note des commissions qui ont été données le 8 de ce mois par le directoire des achats : aux frères Moselmann à Bruxelles, d’acheter sur les marchés d’Ath, Namur, Malines et environs 60.000 ravières de froment, 40.006 de seigle, 72.000 boisseaux d’avoine.
posé de Cousin, Bid rmann et Max Berr, spécialement chargé de tous les achats nécessaires à la République. Il résulte de cette réunion, de ce concert dans leurs opérations, que les armées seront bien plus certainement et bien plus sûrement approvisionnées et tous les achats étant dirigés par une même volonté, l’ensemble en sera infiniment plus économique pour la République.
I1 est inutile de vous observer général, qu'autant il est avantageux que l'achat d s subsistances soit dirigé par un seul comité, autant il strait désavantageux que ces opérations fussent dérangées par dés ordres d'achats pour des approvisionnements donnés par tout autre que par.le comité,
Afin que vous ayez la certitude que l’on s'occupe efficacement de l’approvisionnement de l’armée victorieuse que vous commandez, je vous envoie le-républicain Pick, chargé par le comité de la direction des achats dans le pays occupé par votre armée. Je vous pri rai de vous concerter avec lui sur les moyens de pourvoir aux besoins imprévus et instantanés, dont vous ne pourriez me prévenir assez à temps, pour que je puisse sous ma responsabilité, donner les ordres nécessaires ».