Aulard, I, 404, 405. J
ASLASPIN DE 4702 SU
Les commissaires se rendent d’Aix-la-Chapelle à Louvain, Malines, Anvers. Partout l’armée est dénuée d’approvisionnements et des vêtements les plus nécessaires. Corbelet annonce le 2 février (1) que les chevaux n’ontepas de litière et périssent d’inanition, que les habits et culottes des soldats tombent en lambeaux, que les malades couchent sur une poignée de paille fétide, que les souliers, bottes, harnais font défaut, que les magasins sont presque vides (2).
Devant cette situation lamentable, Ronsin estime qu'il est prudent de se retirer. Il écrit an ministre (3) «le mécontentement est dans toute l’armée, la désorganisation augmente, les usurpations de pouvoir de chef à chef, d'administrateur à administrateur sont à leur comble ; les ressources de nos ateliers ne peuvent faire cesser ni les plaintes, ni les besoins du soldat, parce qu’elles ne produisent que des distributions partielles et je me flatte d’avoir à présenter des moyens sûrs et prompts de mettre fin à une grande partie de ces désordres. Je vous demande donc, au nom de nos braves défenseurs, un congé de quinze jours ; il faut que je vous voie, vous et le comité militaire.
Mes occupations multipliées ne me permettent plus de me livrer à un travail qui doit embrasser tous les services ; il tient à la cause de la république, à la vôtre et à la mienne.
Il est temps que les intrigants et les fripons entendent une fois le langage d’un vrai républicain, qu'ils se sont flattés de perdre. L’utilité de ce voyage a été sentie par les commissaires de la Convention.
J'attends le congé que je vous demande par le retour du même éourrier. Je laisserai iei le commissaire ordonnateur Lambert ; vous connaissez son patriotisme et ses lumières ; c’est vous en dire assez. »
Quelques jours plus tard, Ronsin obtient le congé demandé et quitte définitivement l'armée de Belgique.