‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 272 sur 327 · La société des Jacobins, op. ci, IV · texte numérisé non relu

La société des Jacobins, op. ci, IV

5, La société des Jacobins, op. cit. 650.

6. « Le ministre de la guerre à ses concitoyens », 1er janvier 1793. Bibliothèque nationale.

H Liberimann 23

« Tous ceux qui ont des relations avec les départements frontières, savent qu'au mois d’août, le vêtement de l’armée Française était en mauvais état. Des députés de la Législative, qui pouvaient en avoir connaissance, m'ont dit qu’à cette même époque, les magasins étaient dégarnis.

Cependant, davanit ce mois et les suivants, l'effet de l’apparition de l’ennemi dans le voisinage du territoire Français ou sur le territoire même,füt de tripler tout à coup le nombre des combattants.

Chaque Français partit, comme il se trouva vêtu et équipé, soit par ses propres moyens, soit par ceux de ses amis et de ses voisins, soit par ceux des municipalités et des corps administratifs et tous volèrent à la défense de la Patrie.

Tant qu'ils furent occupés à chasser l'ennemi du territoire, tant que ces vêtements emportés sur eux et avec eux durèrent, tant que la saison fut douce, l’article de l'habillement fut de la moindre considération, C’est à l’époque où ces trois ecireonstances changèrent et changèrent tout à coup, que je fus chargé du ministère, le 19 octobre.

Il convient d’observer que le ministre Servan, malade depuis un mois, n'avait pu se livrer à tous les détails avec l’activité d’un homme en santé, et qu'il avait même quitté depuis plusieurs jours sans attendre mon arrivée.

Je m’occupai sur le champ de l'habillement. L'état dans lequel j'avais vu la troupe sur ma route,m'ayait fait connaître combien cet objet était pressant et je donnai successivement les ordres de détail qui pouvaient accélérer ce service.

Mais deux circonstances remarquables, ont eu trop d'effet sur ce qui se passe, pour que je les omette.

Je ne servis point l'ambition ou l'esprit de parti de gens qui, Je ne sais pourquoi, avaient cru pouvoir compter sur moi,

Et la sévérité de mes principes et surtout de leur application, effraya tous les hommes encore accoutumés à vivre des abus.

Ces derniers, parmi lesquels je compte le plus grand nombre des commissaires, des régisseurs, des fournisseurs et des commis, soit dans les armées, soit à Paris, mirent dans l'exercice de leurs er au moins cette inertie qui arrêtait le service déjà trop lent. Le combattant qui en éprouvait le mauvais effet, se plaignit et avec raison sans doute.

Des généraux qui préféraient être entourés de gens faciles, dont le nouvel ordre devait les priver, répétèrent en les multipliant, les plaintes du combattant et les gens à parti déclamèrent,

Il en est résulté trois maux : 10 on a relevé le courage de nos ennemis ; 2° on a exaspéré ceux qui souffrent ; 30 on a risqué de

discréditer l'administration. Je continuerai comme par le passé à faire de mon mieux, sans le dire, si la considération de ces trois maux ne m ’imposait Pobligation de présenter la vérité.

Il est incontestable que sur 500.000 combattants qui composaient l’armée Française du 20 au 30 octobre, époque de mon entrée au ministère, 250.000 étaient dans un état de dénuement.

Il l’est encore que les magasins étaient vides, puisque tout ce qu’on avait pu obtenir des fournisseurs, était employé à la distribution journalière.

Or, nul homme raisonnable ne supposera, qu’on puisse en deux mois, ni même en quatre, pourvoir au vêtement complet de 250.000 hommes, non compris l'entretien des 250.000 autres. Il faut à toute opération un temps que l’activité de l’administrateur peut bien abréger, mais ne peut réduire à rien.

J'ai mis à cette opération toute l’activité dont je suis capable, j'ai aiguillonné certains agents, j'en ai déplacé d’autres. J’ai envoyé des hommes vigilants dans les diverses armées, pour obtenir des comptes de Pétat réel, et déterminer les besoins selon leur urgence.

Je ne suis pas au complet, sans doute, quoique dans quelques parties les plaintes commencent à se calmer; mais on travaille sans relâche et j'ai lieu d’espérer qu’on parviendra successivement à subvenir à tout ; que les besoins, que les rigueurs de la saison rendent les plus urgents, vont incessamment être satisfaits et que l’habillement de l’armée Française sera, au printemps, tel qu’il doit être en tous points. Une grande nation, qui triple sur le champ et par un mouvement révolutionnaire et inattendu, ses forces actives, peut être un moment dans l’embarras, pour satisfaire à tous les besoins imprévus ; mais elle ne doit point y rester longtemps.

Je crois devoir joindre à cette note, des résultats qui peuvent répandre du jour sur son objet.

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