Séance du 31 décembre, Moniteur, XV
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Pache mérite toute leur confiance et celle de la République ».
Le lendemain, Marat vient déclarer à la Convention, que les chefs de la faction Roland se tiennent en conciliabule secret 148 rue de Richelieu, et veulent faire sortir Pache du ministère. Ils complotent de donner lecture à J’assemblée de mémoires «fulminants » de Dumouriez contre lui.
En cas d’insuccès, les séides de Roland feraient appel aux citoyens de leur parti, qui se trouvent à Paris et n’hésiteraient pas à assassiner le ministre patriote (1).
Ces propos forcenés, semblent dénoter une exaltation égale à celle qui anime Barbaroux. Une note plus juste, est donnée le 1er janvier par Robespierre, dans un discours fait aux Jacobins à l’occasion du procès du roi (2). Après avoir accusé les girondins de fomenter des émeutes, pour sauver la vie du monarque déchu, il déclare : «qu’au milieu de cette désorganisation, le ministre Pache seul, conserve un caractère de fermeté et de civisme qui l’honore infiniment et qu’on ne saurait trop applaudir ».
Mais Marat persiste dans ses dires (3).« Depuis dix jours, le général Dumouriez à quitté son armée pour venir intriguer à Paris. Il y a huit jours qu'il tient des conciliabules secrets. le général Biron et tous les membres de la faction y assistent régulièrement. Le but de ces conciliabules est de miachiner réellement contre Pache et de feindre de renvoyer Roland... »
En tous cas, le 2 janvier, Desfieux expose aux Jacobins (4), qu’il s’est rendu auprès du ministre de la guerre, pour lui communiquer les réclamations de l'opinion sur les besoins de l’armée.
Il n’a pu joindre Pache lui-même; mais il a vu Hassenfratz, qui lui a communiqué la lettre que Pache vient d'écrire à ses concitoyens pour sa justification.
Cette lettre est lue à la séance du 6 janvier, où elle est couverte d’applaudissements par les membres de a société (5). Nous la citerons in extenso, car après avoir exposé les arguments des adversaires, il convient de faire valoir ceux que le ministre présente pour sa défense (6).
1. Treilhard lui conseille même de prendre la fuite dans la lettre suivante: «citoyen ministre, sous le secret, je Vouspréviens que vousn’avez plus que très peu d'heures pour vous soustraire aux malheurs qui vous sont préparés par les ennemis du bien. Profitez de mon avis, fuyez au plus vite, avant deux fois vingt-quatre heures ; vous êtes perdu si vous restez. Les Manuel, 125 Thuriot,les Marat o it gagn l’ur cause, tout est perdu, fuyez. Brûlez la présente et profitez de ma leçon ». .Sée, Procès Pache, p. 23.
2. La société des Jacobins, 0p. cit. IV, 638, séance du 1° janvier.